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Vente à la barre : un PS dans le collimateur

26 août 2004, 20:00

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Le ton est monté d?un cran lors des derniers témoignages entendus par la commission sur les pratiques de vente à la barre hier. Pas d?attaque contre les avoués. C?est cette fois un haut fonctionnaire et le directeur de la National Housing Development Company Ltd (NHDC) qui ont été visés. Ce dernier toutefois soutient qu?il ?n?a rien à se reprocher? et ne compte pas faire davantage de commentaire.

?Quand ene dimoune dans trou, mo pile lors li.? Ce serait en ces termes qu?un haut fonctionnaire aurait accueilli dans son bureau une présumée victime de la vente à la barre, Bahemia Khodadeen. Le fonctionnaire, un secrétaire permanent (PS), est assez connu dans les milieux des casseurs. Suspendu, il est déjà au centre d?allégations devant l?Icac.

La victime lui aurait emprunté Rs 60 000 en 1997. Mais ce faisant il lui aurait fait signer un document attestant un prêt de Rs 90 000. Ayant des difficultés pour rembourser l?argent, Bahemia Khodadeen va rencontrer le haut fonctionnaire au ministère qui l?emploie à l?Air Mauritius Centre. C?est à ce moment que le secrétaire permanent, inflexible, aurait apostrophé sa ?victime?.

Mieux, il aurait profité de la gêne de Bahemia Khodadeen en lui faisant signer cette fois des documents pour une dette supplémentaire de Rs 50 000. Cet argent n?a jamais été versé, allègue la victime. Sa dette s?élèvera à Rs 140 000 malgré tout. Mais le rouleau compresseur est en marche: par le biais de son avoué, le haut fonctionnaire va réclamer à Bahemia Khodadeen une première fois Rs 172 000, une autre fois, Rs 100 000 et plusieurs autres montants par la suite. Le montant global sera finalement de Rs 300 000.

?Je ne comprends pas comment pour un prêt de Rs 60 000, j?ai dû payer Rs 300 000. Mais comme je voulais désespérément conserver mon bien, j?ai dû le faire?, soutient Bahemia Khodadeen. Sir Victor Glover se montre attentif : ?Vous voulez que nous vous aidions à récupérer votre argent du secrétaire permanent. Nous essaierons de le faire.?

Pour sortir du piège, la victime a contracté un prêt à la Mauritius Housing Company Ltd (MHC). Il a pu sauver ainsi sa maison.

Sauver ses biens d?une vente à la barre. Tel est le souhait de Sooriamoortee Mootien. Pour ce faire il attaque une de ses anciennes connaissances, Eshan Khodabocus. Ce dernier est l?actuel directeur de la NHDC. Le témoin allègue devant la commission qu?Eshan Khodabocus. lui a réclamé Rs 250 000. Les documents de cour indiquent que la réclamation est de Rs 120 000 et qu?il doit payer des dommages moraux de Rs 120 000. Sooriamoortee Mootien n?était pas présent en cour le jour où Eshan Khodabocus a eu gain de cause.

Promoteur immobilier, Sooriamoortee Mootien conteste avoir eu recours aux services du consultant d?Eshan Khodabocus pour un projet d?appartements à Albion. ?Jamais, il ne m?a conseillé sur quoi que ce soit?, soutient-il. Il aurait seulement vaguement évoqué le projet avec Eshan Khodabocus, qui a une formation d?ingénieur. Des plans auraient été conçus par Eshan Khodabocus. Toutefois, le promoteur aurait par la suite décidé de ne pas aller de l?avant avec le projet.

<B>Les avoués veulent riposter</B>

Sooriamoortee Mootien évoque devant la commission une ?cabale? contre lui. Il soutient que l?huissier de la Cour suprême est venu lui remettre des papiers pour la saisie de ses biens dans la voiture d?Eshan Khodabocus. Il allègue aussi que l?huissier lui aurait réclamé des pots-de-vin.

Selon des renseignements obtenus, l?huissier ne connaissait pas la résidence du promoteur, le directeur de la NHDC l?aurait donc aidé dans sa tâche.

Le promoteur a aussi fait de graves allégations contre la secrétaire de la Law Society, Ayesha Jeewah, qui était son avoué. Il affirme devant la commission que celle-ci était de ?connivence? avec Eshan Khodabocus.

Cette dernière réplique : ?Je ne connais même pas Eshan Khodabocus. De plus, contrairement à ce qu?il avance, il était bien au courant des dates pour son retrial. Sa demande pour un nouveau procès a été set aside comme il n?était pas présent et l?avocat n?a pas pu le joindre malgré plusieurs tentatives qui se sont avérées vaines.?

Et Ayesha Jeewah d?ajouter : ?Il ne peut pas me reprocher des manquements alors qu?il a choisi de ne pas être là. Ce n?est pas ma faute. J?ai fait le suivi de sa demande pour un nouveau procès. Mon époux qui est arpenteur a aussi eu des problèmes avec lui pour ce projet comme c?était le cas pour Eshan Khobabocus.?

Les avoués comptent bien contre-attaquer aux nombreuses allégations faites contre eux devant la commission d?enquête. Ils comptent envoyer un mémoire pour contester le déroulement des travaux de la commission. ?Nous allons demander que des avoués incriminés puissent répondre lors de la séance de l?après-midi. Ou encore le lendemain dépendant de l?heure du témoignage. Ce n?est plus possible que des allégations soient jetées en pâture sans qu?on ait la possibilité de répondre tout de suite. Il y va de notre intégrité professionnelle?, soutient Ayesha Jeewah.

Le président de la Law Society, Narendra Appajala, veut, lui, obtenir que les avoués puissent contre-interroger la victime. Il souhaite aussi pouvoir intervenir pendant les travaux de la commission. Sir Victor Glover avait soutenu que les interventions ne seront désormais plus permises ni avant, ni après, ni pendant la déposition d?un témoin.

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