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Université : grosse inquiétude des étudiants et du personnel

9 février 2007, 00:00

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Le flou règne. Les étudiants se disent même prêts à faire la grève si les choses ne s?améliorent pas. Les représentants du personnel sont un peu plus réservés, bien que tout aussi remontés. Une réunion qui a eu lieu hier entre le ministère de l?Education, les syndicats de l?université et les représentants des étudiants n?a pas mis fin à l?inquiétude.

Cela même si la garantie a été donnée que les salaires des employés ne seront pas suspendus fin avril et qu?il n?y aura pas d?introduction de frais de scolarité (tution fees) jusqu?à la licence.

?La situation a pu être débloquée au niveau des salaires, mais nous ne comprenons toujours pas d?où cet argent proviendra étant donné que les finances de l?université sont précaires?, déclare Doorga Ujodha, président de l?University Staff Union.

?Nous sommes toujours dans le flou. Cette réunion n?a rien résolu?, estime Damodansing Surnam, représentant du personnel non enseignant au conseil d?administration de l?université.

La nouvelle qu?il manque Rs 50 millions pour boucler l?année financière et que l?institution risque de ne pouvoir payer ses employés fin avril a eu l?effet d?une bombe. Au même titre, d?ailleurs, que la possibilité que l?université augmente ses frais de scolarité.

Cela aura au moins eu le mérite d?unifier tout le monde. Etudiants, professeurs et personnel non enseignant se retrouvent sur une plate-forme. Ils se sont exprimés lors d?une conférence de presse hier. ?Si c?est comme ça, nous ferons la grève. Nous ne resterons pas tranquilles?, soutient Soobeersingh Dhunoo, président de la Students? Union. Non à toute augmentation des frais de scolarité. ?Comment vont faire ceux qui sont au bas de l?échelle ??

La garantie donnée à propos des frais de scolarité est jugée ?positive?. En revanche, rien n?a été dit sur la proposition d?augmenter les general fees (frais d?inscription, d?examens, de bibliothèque) de 15 à 20 %.

Damodansing Surnam veut savoir comment ?nous en sommes arrivés là ?? et ?pourquoi on nous a mis au courant à la dernière heure ?? Le conseil d?administration n?a été avisé du problème que vendredi. Le gouvernement et la Tertiary Education Commission (TEC) sont montrés du doigt.

?Le gouvernement a baissé considérablement ses subventions année après année, malgré les demandes de la direction de les revoir à la hausse?, regrette Damodansing Surnam. La TEC aurait dû partager les subventions qu?elle reçoit de manière plus équitable. Le gouvernement verse l?argent pour l?enseignement supérieur à la TEC, qui le répartit entre les institutions. Pour cette année financière, l?Etat a versé une enveloppe globale de Rs 700 millions. La TEC en a donné Rs 241 millions à l?université. ?Certaines institutions ont une subvention plus ou moins identique à la nôtre alors que nous avons beaucoup plus d?élèves, d?infrastructures et une mission plus globale.?

?On aurait dû nous dire depuis longtemps qu?il y a un problème de liquidités?, déclare Kumari Juddoo, représentante du corps académique au conseil d?administration.

<B>Les raisons du déficit</B>

Pour l?année financière 2006-2007, l?université de Maurice enregistre un déficit de Rs 49 millions.

Selon un document confidentiel, diffusé lors de la dernière réunion du conseil d?administration, vendredi, ce serait dû au fait que ?la hausse des dépenses courantes de l?université ne correspond pas avec les subventions gouvernementales adéquates?.

Au 30 juin 2004, l?université avait encore Rs 35 m de réserves. Mais cette source s?est tarie depuis. ?Il est important de souligner que ces réserves ont été totalement épuisées?, confirme ce document signé par le chancelier de l?université de Maurice et président du Budget and Infrastructure Committee, Soodarshan Jugessur.

Depuis quatre ans, l?université puisait dans ce compte, puisqu?elle n?arrivait pas à terminer son année financière avec ce qu?elle récoltait à travers les subsides du gouvernement et les revenus qu?elle génère.

Pour cette année financière, le budget courant (recurrent budget) approuvé était de Rs 405 m, avec un déficit de Rs 18 m. Mais en cours, il a été rehaussé à Rs 412 m, ?avec un déficit plus élevé de Rs 49 m?.

Ce ne serait pas seulement dû à une hausse des dépenses pour le fonctionnement quotidien. Ce déficit accru est plutôt causé par une baisse importante des revenus provenant des student fees. Au lieu des Rs 135 millions projetées, l?université n?a récolté que Rs 110 millions. ?Cette baisse de revenus s?explique par le fait que moins d?étudiants se sont inscrits qu?initialement prévu.?

Certains nouveaux cours, tels que le Mastère en comptabilité, n?ont pu être offerts à cause d?un nombre insuffisant de candidats.

L?autre problème est que les étudiants qui avaient une place pour des postgraduate programmes n?ont pu s?inscrire, ?parce qu?ils ont recherché des facilités de paiement mensuelles pour s?acquitter des frais de scolarité, mais n?ont pu les obtenir?. Les financements promis par les banques ?n?étaient pas disponibles?. Le comité demande ?l?intervention du gouvernement pour garantir les prêts des étudiants?.

Le même document inclut les propositions budgétaires pour 2007-2008. L?université sollicite l?État pour la subventionner à hauteur de Rs 313 m contre Rs 241 m cette année. Il est estimé qu?elle générerait Rs 135 m de revenus dont Rs 125 m proviendraient des frais des étudiants. Le revenu total est estimé à Rs 448 m. Quant aux dépenses courantes, elles seront de Rs 448 m, dont Rs 364 m rien que pour les salaires.

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