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Une ONG sur le terrain pour démanteler les réseaux

20 août 2003, 20:00

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UNE nouvelle organisation non gouvernementale (ONG), Stop Trafficking of People (STOP), créée à Paris pour lutter contre le fléau du trafic d?êtres humains, sera opérationnelle dès septembre. ?Notre action est d?utilité publique. En 2003, le monde entier ferme les yeux sur ce sujet, ce n?est plus acceptable?, explique Célhia de Lavarene, la présidente de STOP, qui se définit elle-même comme ?l?emmerdeuse? des réseaux de prostitution et de trafic.

L?ONG est née après qu?un programme de l?ONU en Bosnie-Herzégovine a, entre 2001 et fin 2002, mené près de 240 raids dans des bars et des night-clubs du pays. Plus de 300 jeunes filles en provenance de Roumanie, de Moldavie et d?Ukraine ont ainsi pu entrer en contact avec la mission. Achetées, vendues, torturées et forcées de se prostituer, elles seront 265, dont 10 % de mineures, a être libérées grâce à l?aide de deux cents policiers bosniaques et d?autres pays.

?Nous avons subi des pressions de la part des trafiquants. Là-bas, c?est le paradis pour eux. Ils sont bien implantés et introduits auprès des autorités. Des bars fermés ont été rouverts et d?autres se sont montés?, souligne Célhia de Lavarene, à l?origine de ce programme de l?ONU.

Le mandat des Nations unies en Bosnie ayant pris fin en décembre 2002, l?équipe déjà en place ne souhaitait pas en rester là. Regroupant près de 60 personnes de 10 nationalités différentes (des policiers en disponibilité, des experts psychologues, etc.), STOP aura pour mission de procurer une écoute professionnelle et une aide psychologique à des jeunes filles.

Trois premiers bureaux de douze permanents vont s?ouvrir, au Timor-Oriental, au Kosovo et en Bosnie. Des bureaux de liaison vont également s?établir dans le pays d?origine des jeunes femmes pour les accueillir et les suivre à leur retour.?Il est important que nous ayons des bureaux de liaison, car nous nous sommes aperçus que des jeunes filles redevenues libres n?étaient jamais rentrées chez elles après l?atterrissage dans leur pays d?origine. Un suivi attentif est capital?, explique la présidente.

Besoin d?argent

STOP envisage également de s?implanter là où les Nations unies ont un mandat de maintien de la paix et de ?dénoncer, si nécessaire, les agissements de son personnel?. Une étroite collaboration sera également mise en place avec les gouvernements pour l?échange d?informations, en vue du démantèlement de réseaux. Pour se lancer, STOP chiffre à 5 millions d?euros ses besoins et a fait appel à des milliardaires comme George Soros, Ted Turner et Bill Gates pour boucler son tour de table.

?Nous comptons également sur le soutien des particuliers. Même pour un euro !?, glisse la présidente de l?ONG, qui affirme vouloir développer essentiellement une action de terrain. ?En Bosnie, par exemple, il n?y a plus aucune organisation sur le terrain dès la nuit tombée. Personne n?est là pour aider ces jeunes filles victimes d?un esclavage. Il faut nous donner les moyens d?agir.?

Julien Boudisseau

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