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Une grosse mobilisation sans élan patriotique

13 mars 2007, 00:00

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Neymia, trois ans et demi, entonne en ch?ur avec sa mère, l?hymne national. Avec son bracelet quadricolore au poignet, elle est tout enthousiaste. La fibre patriote de cette jeune enfant contraste avec l?air blasé des adultes, pourtant venus en grand nombre, et qui, eux, n?affichent pas un grand élan patriotique.

La cérémonie protocolaire, hier, dont l?invité d?honneur était le président malgache, Marc Ravalomanana, empreinte de simplicité et de sobriété, avait pour thème Nu pays, Nu fierté. Le pays célébrait hier les 39 ans de l?accession du pays à l?Indépendance et la 15e année de son statut de République.

Les adultes sont là, certes attentifs à la cérémonie, mais sans vibrer, ni au son de l?hymne national, ni au duo de Clarel Besty et d?Arde Williams, quand il chante ?Mauricien?. Les personnalités qui arrivent en compagnie de leurs conjoints suscitent davantage leurs commentaires; le temps les préoccupe (il fait chaud), et c?est à peine s?ils applaudissent les deux numéros présentés.

?Kan pou ena danse ?? s?interroge un jeune. Une jeune mère, venue avec ses enfants, dialogue en permanence avec un Mauricien qui retrouve ses racines après plusieurs années. D?autres ont profité de l?événement pour faire une sortie en famille.

Peu avant l?arrivée du chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, et de son épouse, la garde d?honneur s?installe. Tout est réglé comme du papier à musique. Le PM arrive avec deux petites minutes de retard sur le programme prévu. A son tour, il accueille le chef de l?Etat, Sir Anerood Jugnauth, et son épouse.

Les deux hommes attendront ensuite le président malgache. C?est à peine s?ils s?échangent quelques mots. L?attente paraît longue, tant les deux personnalités ont choisi de conserver une attitude très protocolaire. Vers 17 heures, tout sourire comme à l?accoutumée, l?invité d?honneur fait son entrée.

Une pluie fine fait craindre pour la suite des événements. Mais c?est une fausse alerte. Le duo de Clarel Betsy et Arde Williams donne le ton. La chorégraphie est de Nazimah Sadally. Un spectacle de danse, mettant en relief les différentes cultures à Maurice, porte la griffe d?Anna Patten, Sandhip Bhimjee, et Jean-Renat Anamah.

Puis, c?est le défilé composé de policiers et de leurs véhicules, de gardes-côtes, de pompiers et de représentants de fédérations sportives, réveille quelque peu l?assistance. La tournée des hélicoptères avait aussi provoqué le même effet sur la foule d?autant plus que l?un d?entre eux, avait au début de la cérémonie, fait flotter le drapeau mauricien.

Au cours du défilé, un tronçon de route transformé en ring fait place à une démonstration de boxe. Puis, des karatékas font montre de leur talent tandis que des footballeurs, pavillons quadricolores à la main, défilent sous les applaudissements de certains dans l?assistance. Les adeptes de moto biking, défilant sur leurs grosses cylindrées de même que l?aisance des plus jeunes sur leurs motocyclettes, suscitent une attention particulière du public.

Alors que le soir tombe, à 18 heures, le drapeau mauricien est hissé en haut du mât. Le Motherland retentit. Les enfants chantent joyeusement. Même à ce moment solennel, le bavardage continue de plus belle dans la foule. Jusqu?à ce que la chanson Pran mo lame, donn to lame mette fin à la première partie des célébrations.

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