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Une formation inadaptée

14 février 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

L?idée de ne pouvoir compter sur une main-d'?uvre formée peut décourager l?investisseur le plus enthousiaste. Les décideurs publics doivent donc s?assurer que l?Etat offre aux jeunes arrivant sur le marché du travail une formation qui correspond aux emplois disponibles. Or, il existe aujourd?hui une inadaptation de la formation professionnelle face à la demande des employeurs.

Dans le secteur hôtelier, la pression patronale pour une meilleure adéquation entre la formation professionnelle et les emplois créés a conduit à une situation de tension, rapporte notre journaliste Pauline Étienne (voir p. 8). Les employeurs se plaignent, à la fois, de la qualité de la formation proposée par l?Ecole hôtelière et de sa faible capacité d?accueil. Les opérateurs estiment que l?activité hôtelière créera 8 000 emplois par an alors que l?École hôtelière ne peut former que 2 000 jeunes chaque année. Ils tirent la sonnette d?alarme.

Ce n?est pas le seul secteur menacé par le manque de main-d?oeuvre formée. Les opérateurs de centres d?appels ont également du mal à trouver des jeunes qualifiés pour le métier de téléopérateur. Il est encore plus difficile de répondre aux besoins des compagnies engagées dans l?externalisation (BPO). Il ne suffit pas d?être bilingue ou de détenir un HSC pour accéder à ces métiers. Il faut, en outre, acquérir des aptitudes par le biais d?un apprentissage spécifique. Ce type de formation est quasi inexistant pour l?heure. Pourtant, sans une véritable politique de développement des ressources humaines, les secteurs émergents de notre économie vont tarder à prendre leur essor.

Il y a aussi une méconnaissance des parents dont un grand nombre pense que la filière professionnelle est réservée à ceux qui n?ont aucun diplôme du secondaire. C?est une idée reçue qu?il faut combattre. Celui qui possède une qualification professionnelle en sus d?un SC ou un HSC a, au contraire, un avantage considérable. Il est employable à vie. Dans une économie qui évolue, où les industries naissent et disparaissent rapidement, un employé qui a un niveau académique relativement élevé a l?avantage d?être mobile. Il peut être reclassé plus facilement si son entreprise ferme.

Il est significatif que les lacunes des institutions attachées à l?IVTB soient mises en lumière en même temps que l?université expose ses faiblesses. Tout cela sert à rappeler le manque d?attention accordée à la formation dans ce pays. On a beau évoquer l?ambition de transformer Maurice en un centre du savoir, mais on ne parvient pas toujours à donner aux institutions de formation les moyens de remplir leur mission.

Le manque de financement explique en partie seulement l?inefficacité de la politique de formation. Dans le cas de l?École hôtelière, l?exaspération des opérateurs vient plutôt du fait que l?établissement n?est pas productif. Même les officiels reconnaissent qu?il y a un problème. Dans une interview publiée dans notre édition du mardi 26 décembre 2006, Vinod Seegolam, directeur du Human Resource Development Council admettait que ?nos institutions de formation dont l?Industrial and Vocational Training Board, les centres de formation privés qui sont enregistrés auprès de la Mauritius Qualifications Authority et même l?université de Maurice ont conçu des programmes qui ne répondent pas nécessairement aux besoins de l?industrie?. Un grand pas est franchi, tout de même, avec la reconnaissance que la formation pour l?emploi doit être orientée par ceux qui ont la capacité d?employer.

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