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Une demande d?asile pour les délégués

10 septembre 2006, 00:00

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Sur les plus de 21 000 participants à la conférence mondiale sur le sida qui s?est tenue à Toronto du 13 au 18 août, quelque 140 délégués étrangers ont décidé de rester et de demander l?asile à l?État canadien. Le ministère de l?immigration reconnaît que « 137 personnes ont fait une demande d?asile ici au Canada », mais n?a donné aucun renseignement sur l?origine des participants qui ont faussé compagnie à leur délégation. Le ministère ne précise pas non plus les motivations des demandeurs, expliquant que les demandes ont été faites pour « différentes raisons » et seront étudiées en quelques mois par la commission canadienne de l?immigration et du statut de réfugié.

<B>Persécutés dans leurs pays</B>

Le tabloïd Toronto Sun affirme que la plupart des 137 personnes proviennent de pays africains et sont atteintes du virus du sida. « ça fait du bien d?être libre? J?aime le Canada et les gens ici », a déclaré au journal Amanuel Tesfamichael, à la tête d?une ONG regroupant 6 000 personnes atteintes du sida en Érythrée, pays d?Afrique de l?Est. Ce dernier dit avoir échappé à l?attention des agents érythréens qui l?accompagnaient lors de son arrivée au Canada pour la 16e conférence sur le sida.

Le tabloïd affirme que des demandeurs d?asile en provenance du Salvador, d?Erythrée et d?Ouganda feraient partie du groupe et que ces derniers seraient discriminés ou persécutés dans leurs pays. Selon d?autres sources canadiennes, des femmes sud-africaines, faisant partie d?un groupe de 150 activistes ayant assisté à la conférence, auraient fait une demande d?asile au Canada.

Le gouvernement sud-africain a expliqué qu?il avait contacté les autorités canadiennes en vue d?obtenir des informations sur certains de ses ressortissants, mais le Canada semble n?avoir toujours pas répondu. « Nous devons d?abord vérifier qui sont ces personnes », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain.

Lors de la conférence, l?Afrique du Sud avait été l?objet de sévères critiques sur son traitement des malades atteints du sida. Stephen Lewis, chargé de mission « HIV-AIDS » auprès des Nations unies avait estimé que l?Afrique du Sud est le dernier État du continent africain à traiter le problème du sida de façon « obtus et négligente » et à faire des difficultés pour délivrer des traitements antirétroviraux.

<B>@ 2 006 Le Monde

(Distribué par The New York Times Syndicate) </B>

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