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Un technicien du MSIRI porté manquant
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Un technicien du MSIRI porté manquant
Cela fait 14 jours que Gan Shyam Bhuwaneshwarannath Gowrea, technical officer au Mauritius Sugar Industry Research Institute a disparu. Priam, sa frêle épouse, qui le décrit comme ?un être fragile et dépressif?, se fait un sang d?encre sans toutefois envisager le pire.
?Gan Shyam ne peut s?être suicidé. Même s?il considérait que vivre était un perpétuel combat, il a toujours été opposé à cette manière d?en finir avec la vie?, confie-t-elle, à l?évocation d?un éventuel suicide. Priam, qui est puéricultrice, semble à bout. Elle se retient pour ne pas fondre en larmes.
Cela fait plus de 24 ans qu?elle et Gan Shyam sont mariés. Ils ont deux enfants, un fils qui étudie la médecine en Inde et une fille en Lower VI. Comme le père de Gan Shyam meurt peu de temps avant son mariage avec Priam, celui-ci se sent responsable de prendre en charge les grosses dépenses de sa famille. Priam déclare n?avoir jamais eu voix au chapitre sur ces questions. ?C?était quelqu?un de très intelligent, de généreux. Je le laissais faire car je l?aime à en mourir?.
Au début des années 90, Gan Shyam fait une dépression lorsqu?il étudie en vue d?obtenir un BSc. en Agriculture et Botanique. Selon Priam, c?est à partir de là qu?il se met à boire plus que de raison. Elle doit ruser pour le faire décrocher de la bouteille. Cette dépendance à l?alcool le fera séjourner à deux reprises à l?hôpital Brown-Séquard (BSH). ?A chaque fois que je lui disais que je l?emmènerai chez un psychologue, il refusait en disant qu?il n?était pas fou?.
Pour mieux l?encadrer, Priam va jusqu?à apprendre les bases du métier d?infirmière. ?Il était comme mon bébé. Il fallait toujours le cajoler pour lui faire entendre raison.? Bien qu?elle soit en convalescence après une intervention chirurgicale en juillet dernier, il insiste pour qu?elle l?accompagne en Inde. Elle se plie une fois de plus à sa volonté. Ils regagnent Maurice à la mi-août.
Dans la soirée du 17 août, Gan Shyam est mécontent du fait qu?elle lui a demandé de ne pas fumer dans la cuisine en claquant les portes et en déplaçant les objets à portée de main sans ménagement. ?Je souffrais encore de mon opération. Quand j?ai vu qu?il avait déposé son assiette intacte sur le sol, je lui ai dit que je ne savais plus comment m?y prendre et que la solution serait peut-être de recourir à un magistrat. Il est alors sorti sans rien dire?, raconte Priam.
Le lendemain, elle se rend à Mesnil, où vit sa belle-mère. Elle est soulagée de voir le van de son mari dans la cour. Elle croit qu?il reviendra, une fois calmé. Gan Shyam ne fera qu?un saut chez lui alors qu?elle se repose. Il ne vient même pas embrasser sa fille le jour de son anniversaire. Il revient quand personne n?est là et embarque des effets personnels. Le 1er septembre, il quitte la maison de Mesnil pour ne plus reparaître.
D?après Priam, Gun Shyam serait peut-être encore fâché, interprétant son propos de recourir au magistrat comme une menace de l?interner . ?Il préfère peut-être décolérer en cachette. A moins qu?il ne se soit fait voler la sacoche contenant ses papiers d?identité et qu?il n?erre comme un clochard quelque part. Cette attente me rend folle. Je demande aux gens qui croisent un homme répondant à son signalement d?avertir la police. Je ne peux vivre sans lui? ?
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