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Un plan d?action contre la violence bientôt remis aux autorités

6 octobre 2006, 00:00

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L?atelier de travail sur la justice pour tous (gender justice), organisé depuis lundi par Media Watch Organisation (MWO), de concert avec son pendant sud-africain, Gender Links (GL), a pris fin hier. Les 32 participants émanant de la société civile, des différents ministères concernés par la violence, et d?organisations religieuses ont élaboré un plan d?action visant à faire diminuer la violence à Maurice.

Loga Virahsawmy et Ameenah Sorefan, respectivement présidente et vice-présidente de MWO, remettront bientôt le document à l?Attorney General, Rama Valayden, et à Indira Seebun, ministre de la Femme. Ces derniers ont, lors de l?inauguration de cette manifestation lundi, dit leur intention de le faire appliquer.

Le document de base sur lequel les participants se sont d?abord appuyés pour élaborer ce plan d?action contre la violence est le Southern Africa Development Community Addendum on Gender and Development de 1998. Ils ont ensuite examiné les failles des législations mauriciennes traitant des cas de violence pour formuler leurs recommandations finales.

Celles concernant les offenses sexuelles sont : qu?il y ait une réhabilitation menée aussi bien pour les survivants que les auteurs d?abus; que la définition du viol comprenne le viol marital; que l?avortement soit autorisé dans des cas spécifiques comme dans celui d?une grossesse résultant d?un viol. Des pénalités plus sévères sont aussi réclamées. Il est proposé que le modèle d?opération de la Sexual Offence Court sud-africaine soit étudié en vue de voir s?il est nécessaire d?avoir une cour similaire à Maurice.

Les participants estiment que les procédures du Domestic Violence Act doivent être plus rapides et simplifiées. Ils réclament une réhabilitation pour les agresseurs et un soutien aux victimes en leur offrant une formation professionnelle qui pourrait être financée par l?Empowerment Programme.

Contrer le harcèlement sexuel

Pour contrer le harcèlement sexuel, il est demandé que des politiques précises soient appliquées dans les bureaux. Les participants sont d?avis que les critères d?éligibilité à l?aide légale doivent être élargis. Tout comme ils auraient souhaité être fixés sur le mode de fonctionnement de la cour familiale.

Ils ont aussi recommandé que tous les services offerts dans des cas de violence soient réunis sous un même toit. En matière de traitement, ils demandent que la Post-Exposure Prophylaxis, prévue pour les séropositifs et généralement fournie aux personnes abusées sexuellement, figure dans le Sexual Offences Act, de même que la pilule du lendemain afin que leur administration devienne systématique. Un centre de désintoxication propre aux femmes est aussi jugé nécessaire.

Les participants souhaitent, en outre, que des logements spécifiques soient mis à la disposition des victimes et qu?un plus grand nombre de policiers soit déployé autour des abribus, dans des parcs et les centres récréatifs. La vulgarisation du protocole d?assistance aux victimes d?abus sexuels est aussi recommandée.

Les politiciens ne sont pas exempts de comportements violents. A ce titre, les participants demandent qu?il y ait un code d?éthique pour les élus et que les questions sensibles sur le genre soient incluses dans la constitution des partis, de même que dans leurs manifestes électoraux.

La prochaine étape pour la MWO est la soumission du plan d?action aux ministres susmentionnés, de même que la sollicitation d?une rencontre avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour demander que le document soit avalisé par le cabinet et appliqué. ?La majorité des actions figurant dans ce plan dépend de la volonté des politiques pour leur application mais la MWO s?engage à faire en sorte qu?il ne finisse pas dans un tiroir?, précise Loga Virahsawmy.

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