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Un lieu de mémoire pour les gays persécutés

1 juin 2008, 00:00

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Berlin s?est enrichi, le 25 mai, d?un nouveau lieu de mémoire : un monument pour les « Triangles roses », ces homosexuels déportés ou torturés par les nazis, y a été inauguré non loin du Mémorial de l?Holocauste, qui commémore le massacre des Juifs d?Europe.

À l?époque nazie, plus de 50 000 personnes ont été condamnées du fait de leur orientation sexuelle. Selon les estimations, entre 5 000 et 15 000 homosexuels ont été déportés dans les camps de concentration où la grande majorité d?entre eux est morte d?épuisement et de mauvais traitements.

Cette politique, que les nazis n?appliquèrent qu?aux Allemands a également donné lieu à des expérimentations médicales sur les déportés gays.

La mémoire de ces atrocités ne peut plus se transmettre par témoignage direct : Pierre Seel, un Français d?Alsace, annexée au Reich, longtemps le dernier survivant des victimes gays du nazisme, est mort en novembre 2005. Déporté en mai 1941 à l?âge de 17 ans, il avait raconté, dans un livre-témoignage paru en 1994, comment son premier amour, Jo, 18 ans, avait été dévoré vivant par des chiens devant les prisonniers rassemblés.

« Nous voulions souligner que les différents groupes de victimes ont subi les mêmes atrocités, et qu?il n?y a pas de hiérarchie entre eux », ont déclaré les deux artistes scandinaves auteurs du projet, Ingar Dragset et Michael Elmgreen. Car la mémoire des crimes commis sous le régime d?Hitler, à Berlin, est entretenue de manière parcellaire, si bien que la capitale est devenue l?une des villes d?Europe les plus riches en monuments commémoratifs.

© Le Nouvel Observateur

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