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Un film non développé encore dans l’appareil saisi depuis cinq ans
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Un film non développé encore dans l’appareil saisi depuis cinq ans
Cela fait cinq ans que le corps sans vie de Vanessa Lagesse a été découvert dans sa baignoire. Et pourtant, une pellicule dans une caméra saisie dans le placard de la salle de bains n’a, depuis, pas été développée. Ce fait a été révélé par le magistrat Nizam Neerooa lors des travaux de l’enquête préliminaire au tribunal de Mapou hier.
Le magistrat examinait la caméra présentée par le scene of crime officer, le constable Poonoosamy Mooneesawmy. Il révèle que la pellicule encore dans l’appareil n’a pas été développée. C’est la stupéfaction dans la salle d’audience.
Me Ivan Collendavelloo, senior counsel, avocat de l’accusé Bernard Maigrot, crie au scandale. “C’est surprenant de constater que cette pellicule n’a pas été developpée jusqu’ici”, soutient-il.
Le magistrat intervient. Il déclare qu’au moment opportun, il émettra un ordre pour sommer les enquêteurs de faire développer la pellicule.
Interrogé par le magistrat en fin d’audience, le constable Mooneesawmy a confirmé qu’il n’était pas au courant que l’appareil de photo contenait une pellicule. Il a expliqué que ce sont les enquêteurs qui avaient trouvé la caméra dans le placard de la salle de bains de Vanessa Lagesse, le 10 mars 2001.
Répondant aux questions de Me Prameeta Chittoo, senior state counsel, le témoin a expliqué qu’il s’est rendu sur les lieux du crime en compagnie du constable Venkatasawmy vers 17h20, à la demande de l’Information Room de la police.
Dans la salle de bains, il a vu une mare de sang et découvert le cadavre nu de Vanessa Lagesse. Lors d’un examen des lieux, il a saisi plusieurs pièces à conviction. Le témoin a produit, entre autres, un morceau de corde en nylon de couleur bleue qui était noué à la jambe gauche de Vanessa Lagesse, et des serviettes tachées de sang. Autres objets produits en cour : une télécommande qui se trouvait sur le cadavre de la victime, des tubes de shampooing, des brins de cheveux et une nappe maculée de sang qui se trouvaient sous le cadavre.
Empreintes de semelles usées
Le constable a indiqué s’être rendu à la résidence de Bernard Maigrot (l’accusé) le 24 mars 2001 pour saisir toutes les chaussures appartenant à ce dernier. Il s’agissait de vérifier si celles-ci correspondaient aux empreintes de semelles trouvées dans le bungalow de Vanessa Lagesse.
Le constable a indiqué avoir trouvé des empreintes de semelles usées dans une flaque de sang. C’est pour cette raison, a-t-il expliqué, qu’il voulait examiner toutes les chaussures de Bernard Maigrot. Il a aussi précisé qu’aucune des semelles de chaussures de Bernard Maigrot ne correspondait aux empreintes des semelles trouvées dans le bungalow de la styliste.
Lors de son contre-interrogatoire, le constable Mooneesamy a expliqué qu’il n’avait pas mesuré les empreintes et que c’est un autre collègue qui avait procédé à cet exercice. A une question de Me Chittoo, le témoin a affirmé qu’il ne peut dire si les empreintes des semelles trouvées dans le bungalow appartenaient à l’assassin de Vanessa Lagesse.
A la demande de Kader Jackaria, responsable du Forensic Science Laboratory (FSL) à Maurice, le constable Mooneesawmy s’est rendu en Grande-Bretagne le 4 mai 2002 pour déposer certaines pièces à conviction au Huntingdon forensic science laboratory.
Il les a remises à l’exhibit officer de ce laboratoire, Mme Leece. Il les a récupérées le 9 septembre 2002. Il devait également remettre deux enveloppes à l’ancien assistant commissaire de police Sunneechurra et au responsable du FSL à Maurice.
Contre-interrogé par Me Collendavelloo, le constable Mooneesawmy a indiqué avoir quitté les pièces à conviction en Grande-Bretagne en mai et y être retourné en septembre pour les récupérer. De mai à septembre, ces pièces à conviction n’étaient pas en sa posesssion. Il a dit qu’il ne pouvait certifier si les pièces à conviction avaient été manipulées (exhibits have been tampered with).
L’enquête préliminaire continue ce matin.
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