Publicité

Un contrôle de l?Icac au ?fitness centre? provoque un bouchon

1 novembre 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La commission anticorruption a voulu sévir. Mais le centre de contrôle technique de Plaine-Lauzun est tellement peu pratique que les conséquences ont pris une ampleur considérable. En effet, l?inspection par l?Independent Commission against Corruption (Icac) des véhicules au Fitness centre de la National Transport Authority (NTA) a donné lieu à un embouteillage monstre au courant de la journée, à Port-Louis, hier.

Le bouchon a commencé près du centre d?examen pour s?étendre peu à peu à Cassis, Bell-Village, avant d?asphyxier complètement la capitale. Vers 11 heures, un véhicule mettait environ trois heures pour faire le trajet Riche-Terre ? Plaine-Lauzun. La situation était devenue si critique vers 13 heures que tous les haut gradés de la Traffic Branch, avec Ben Buntipilly en tête, se sont rendus au centre de Plaine-Lauzun pour s?enquérir de la raison de ce chaos.

Dans la rue, les automobilistes parlaient d?une grève perlée des examinateurs des véhicules et pestaient contre ces derniers et contre la police qui était quasi absente des routes embouteillées à la veille de deux jours fériés consécutifs.

?Rs 100 pour fermer les yeux?

L?examinateur en chef du centre, Lutchoomanah Gengadu, entouré de trois examinateurs, fouillait dans un lot d?environ une centaine de horse power quand l?express a pu arriver à la NTA vers 15 heures. ?C?est à cause de ces horse power qu?il y a ce problème. Il n?y a pas de go slow ou quoi que ce soit de ce type. Au contraire, j?aide les examinateurs.?

Le horse power est un document attestant de la propriété d?un véhicule et indique qu?il est en état de rouler, après avoir été examiné par le centre de Plaine-Lauzun ou celui de Curepipe. Il est rose et plié en deux. Or, il a été allégué que parfois, quand le propriétaire d?un véhicule remet à l?examinateur son horse power, il y glisse un billet de Rs 100 pour que ce dernier ferme les yeux sur certains... manquements.

L?Icac partage cet avis et a exigé que celui qui apporte le véhicule ne remette pas ces papiers directement à l?examinateur. Ainsi, depuis hier matin, ils payent les frais d?examen de Rs 100 pour les voitures, Rs 50 pour les motos et Rs 150 pour les poids lourds au guichet et laissent à ce même guichet le horse power. Puis, ils vont faire la queue dans le véhicule.

Les horse power sont ensuite remis par lot aux examinateurs qui appellent alors les propriétaires en criant les noms ou les numéros d?immatriculation. ?Certains ne transfèrent pas leur nom sur le horse power ou alors ils demandent à quelqu?un de passer le test pour eux. Ces derniers connaissent le propriétaire sous son nom usuel alors que le nom officiel est inscrit sur le horse power. A l?appel de l?examinateur, personne ne vient et même s?il crie le numéro, c?est pareil car le véhicule a changé de numéro. Ces cas ont été nombreux ce matin.?

La pagaille s?est installée pour cette raison, mais aussi parce que les véhicules sont plus longuement examinés. ?Deux hommes de l?Icac sont venus nous donner des ordres. Si un phare est grillé, nous demandons d?habitude au propriétaire de le faire changer tout de suite mais les hommes de l?Icac préconisent de le faire payer de nouveau et de refaire le test à zero. Ces véhicules renvoyés s?ajoutent aux 350 environ qui passent le fitness et aux 100 qui viennent pour vérifier l?émanation de gaz?, explique un inspecteur du centre.

Parking insuffisant

Le centre est petit, il n?y a presque pas de place pour se garer et l?entrée et la sortie se font par une voie étroite. Résultat : la file des véhicules déborde sur la principale artère de l?entrée sud, à Cassis, et c?est le bouchon qui gonfle.

Lutchoomanah Gengadu demande d?ailleurs qu?une route soit créée pour que les véhicules qui quittent le centre d?examen puissent rejoindre directement la nationale et afin d?éviter la congestion.

La sortie de la capitale dans cette région est à son tour bloquée et l?embouteillage gagne Bell-Village avant de s?étendre dans toute la ville. La situation a empiré aussi du fait que beaucoup sont rentrés chez eux à la mi-journée hier pour cause de veille de fête.

La situation risque de se répéter jeudi si la même formule de contrôle est appliquée. Les deux hommes de l?Icac, qui enquêtent à Plaine-Lauzun depuis plusieurs mois n?ont jamais arrêté personne en flagrant délit de corruption. Mais malgré ce changement de procédures hier, aucun billet de Rs 100 n?a été découvert dans un horse power.

?Ce n?est pas en empêchant les propriétaires de tendre leur horse power aux examinateurs qu?on empêchera les corrupteurs d?offrir un billet de Rs 100?, a déclaré un des examinateurs excédés.

Publicité