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Un conducteur presque lynché sous les yeux de sa famille
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Un conducteur presque lynché sous les yeux de sa famille
Un accident de la route à Pailles a bien failli dégénérer en mini-émeute. Une Flacquoise de 45 ans, que nous nommerons Christelle, n?oubliera jamais la date du 25 juillet. Ce jour-là, elle, son mari et leur fille se rendent à Port-Louis à bord de leur 4x4. Vers 18 heures 15, ils veulent gagner les Plaines-Wilhems en empruntant la Old Moka Road à Pailles lorsqu?ils heurtent un motocycliste venant en sens inverse et qui roulait phare éteint.
Soucieux de l?état de ce dernier, Christelle et son mari sortent du véhicule pour voir s?il est blessé. Ils n?ont pas le temps de se pencher sur le blessé qu?ils sont entourés par une vingtaine d?hommes qui vocifèrent et les injurient. «C?était probablement des gens qui avaient disputé un match de foot non loin de là car certains portaient encore des survêtements. Avant que nous n?ayons eu le temps de parlementer, ils nous ont insultés, me traitant de p? et ont roué mon mari de coups. J?ai essayé de les calmer et d?éloigner mon mari d?eux en le prenant par le cou mais c?était peine perdue. Je sentais que s?il restait là, il mourrait entre leurs mains. Je l?ai donc supplié de s?enfuir. C?est ce qu?il a fini par faire», raconte-t-elle encore bouleversée par cette expérience.
Des travailleurs de l?usine Soap and Allied Ltd, située non loin du lieu de l?accident, interviennent quand ils entendent les énergumènes surexcités dire qu?ils vont s?en prendre à la fille du couple et mettre le feu au 4x4. «Certains travailleurs sont venus nous chercher et nous ont mis à l?abri dans la cour de l?usine. Cela n?a pas empêché ces hommes de piler sur le capot de notre 4x4 et d?arracher un de nos rétroviseurs .»
MENACÉS DEVANT LA POLICE
Christelle et sa fille se rendent au poste de police des Casernes centrales pour faire une déposition. Elles sont rejointes par le conducteur. «Certains de ces hommes nous ont suivis jusque devant le poste de police et n?ont pas pris la peine de voiler leurs menaces à l?égard de mon mari. A la fin, les policiers ont dû insister pour qu?ils se dispersent et rentrent chez eux. »
Si le motocycliste n?a souffert que de douleurs au cou, le conducteur, en revanche, a eu un os de la main fracturé, probablement en tentant de parer les coups de pied. Il a en outre perdu sa chaîne en or de même que ses verres correcteurs. Leur fille, qui a assisté à cette scène de violence, est traumatisée.
Christelle n?en revient pas du comportement de ces hommes. «C?est ça l?île Maurice d?aujourd?hui ? Un accident est un accident. Peu importe qui a raison ou tort, c?est inadmissible que des gens se comportent comme des sauvages. Il ne faut pas trouver bizarre que des conducteurs qui heurtent des gens sur la route, refusent de s?arrêter pour prêter secours aux blessés. Comment leur donner tort si s?arrêter pour prendre soin d?une victime peut tourner à l?émeute et qui sait, au lynchage ? Les gens n?ont pas le droit de se comporter ainsi », insiste-t-elle.
Elle poursuit en disant qu?elle ne donne pas tort aux automobilistes qui ont poursuivi leur route en cette fin d?après-midi-là. «Je ne leur jette pas la pierre. En s?arrêtant, c?est peut-être aussi leur sécurité qui aurait été en péril.»
Depuis cet incident, son mari et elle refusent d?emprunter la Old Moka Road. «C?est psychologique mais nous évitons systématiquement cette route. On fait un détour s?il le faut pour ne pas passer par là». Christelle se dit toutefois reconnaissante aux employés de l?usine Soap and Allied. «Je les remercie du fond du c?ur. Sans leur intervention, ces énergumènes auraient pu nous transformer en charpie?»
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