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Un comité dans l?impasse

24 janvier 2004, 20:00

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Les divergences politiques font obstacle au bon fonctionnement du comité parlementaire sur l?Icac. A l?origine des divergences entre ses membres , deux événements majeurs : le refus d?autoriser Roshi Bhadain à donner sa version après que des allégations ont été faites à son encontre et l?ajournement des travaux du comité le 19 janvier alors qu?une motion de blâme contre Racheed Daureeawoo était inscrite à l?ordre du jour.

« Le président de ce comité a une interprétation trop étroite de la loi. Qu?est-ce qui l?empêche, par exemple, de demander à la Commission de soumettre des rapports financiers mensuels?», soutient Arvin Boolell, député de l?opposition.« Nous n?avons pas les informations que nous recherchons», ajoute Madun Dulloo.

Racheed Daureeawoo se défend. Il soutient que, dans le cas de Roshi Bhadain, il voulait préalablement chercher l?avis du Parquet. Main-tenant que c?est fait, il souhaite lui donner la parole lors de la prochaine séance du comité.

Arvin Boolell estime qu?il n?y a pas de président à la tête du comité parlementaire. Racheed Daureeawoo soutient le contraire. Il explique que l?ajournement contesté est parfaitement justifié. Il s?appuie sur une des dispositions des procédures parlementaires sur les Select Committees. Celle-ci stipule qu?en cas de «grave disorder», le président du comité peut ajourner les travaux du comité sans recourir à une motion d?un des membres.

Que l?opposition s?insurge contre le style de Racheed Daureeawoo, c?est dans l?ordre naturel des pratiques démocratiques. Mais c?est toute autre chose lorsque des voix discordantes viennent de la majorité elle-même. Un membre du comité parlementaire ne cache pas son agacement «face au rôle trop prépondérant accordé au commissaire de l?Icac». «Un Senior Minister MSM m?a fait comprendre qu?il ne faut pas compliquer les choses et suivre les conseils de Racheed Daureeawoo», dit-il.

On aurait cru que cette divergence se serait dissipée. Erreur. Elle perdure. Le père même de la législation qui a créé la Commission anti-corruption, Ivan Collendavelloo, dissimule mal son irritation. « ll semble que tout le monde est dans l?impasse alors qu?il suffirait d?un peu de bonne volonté pour y mettre bon ordre. Je suis ébahi devant l?inertie de certaines personnes à qui de hautes responsabilités ont été confiées. Si pas kapav fer travay-là, allé.»

Un autre dirigeant de l?alliance a été encore plus catégorique : «Les quatre représentants de la majorité auraient dû faire cause commune avec l?opposition pour réclamer le départ de Racheed Daureeawoo.»

Si le comité parlementaire est dans l?impasse, il y a moyen de s?en sortir. « Racheed Daureeawoo n?est plus président du comité parlementaire après le vote de la motion de blâme contre lui», soutient Yousouf Mohamed, ex-speaker adjoint.

L?ancien speaker Iswardeo See-taram estime que le comité fonctionne comme un Select Committee et doit s?en remettre au Speaker face à une motion de blâme. Pour Ajay Daby, autre ancien Speaker, le rôle du comité parlementaire devrait se limiter exclusivement aux huit fonctions définies par la loi. « Il faut s?en remettre au Speaker pour toutes les questions supplémentaires qui n?ont pas été prévues spécifiquement par la loi».

C?est sans doute la toute première fois que le président d?un comité fait l?objet d?une motion de blâme. Le comité parlementaire a ceci de particulier que ses dix membres sont nommés équitablement par le Premier ministre et le leader de l?opposition. Une nomination politique pour l?exécution d?une tâche qui exclut, au préalable, toute idée de parti pris. Ce comité n?est pas sous le contrôle direct du Speaker. C?est peut-être la source de son dilemme.

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