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Un budget supplémentaire de Rs 2,3 milliards approuvé
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Un budget supplémentaire de Rs 2,3 milliards approuvé
Financer des dépenses imprévues. C?est dans cet objectif que le Supplementary Appropriation (2003-2004) Bill a été élaboré. Le projet de loi a été approuvé sans amendements hier malgré les critiques de l?opposition sur la mauvaise gestion des finances publiques. Ainsi, Rs 2,3 milliards compléteront la dotation budgétaire initiale de Rs 36,8 millions.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, précise pour sa part que des économies de Rs 2,2 milliards ont été réalisées sur d?autres dépenses. Ainsi, le budget de dépenses courantes pour l?exercice ne dépassera les prévisions que par Rs 100 millions.
Selon Pravind Jugnauth, c?est surtout la mise en application du rapport du Pay Research Bureau (PRB) qui a coûté plus cher que prévu. Car, explique-t-il, le rapport avait été soumis à la veille de la présentation du dernier budget. ?Il nous était donc impossible d?évaluer le coût pour chaque ministère.?
La hausse salariale accordée par le PRB aura ainsi coûté plus cher que les Rs 1,8 milliard de prévisions budgétaires pour la plupart des ministères, conclut le Premier ministre par intérim.
A la police, une somme supplémentaire de Rs 250 millions a été requise pour faire face aux obligations du PRB. Pour l?Education, ministère budgétivore, les dépenses additionnelles occasionnées s?élèvent à Rs 435 millions alors que la Santé a englouti Rs 260 millions de plus que prévu.
Mais il n?y a pas que le PRB. ?D?autres dépenses sont dues à des facteurs autres que la mise en application du rapport du PRB?, fait ressortir, Pravind Jugnauth. L?augmentation des factures de téléphone ainsi que l?entretien des véhicules de la police ont nécessité quelque Rs 28 millions supplémentaires. La maintenance d?équipement de vidéo-surveillance de la prison de Beau-Bassin ainsi que des travaux de construction ont nécessité Rs 10 millions.
Ces dépenses, fait ressortir le vice-Premier ministre, étaient nécessaires pour la bonne marche des différentes institutions. ?Nous n?avons pas hésité un instant à investir là où il était vraiment nécessaire. Notre objectif a toujours été de remettre l?économie du pays sur les rails.?
Combattre la fraude fiscale
Le déficit budgétaire pour l?année financière 2003-2004, souligne-t-il, a été ramené à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) contrairement aux 5,5 % visés. ?Nous avons réussi à réduire le déficit budgétaire tout en investissant massivement dans plusieurs secteurs prioritaires?, explique Pravind Jugnauth.
Ce dernier réitère également la détermination de l?actuel gouvernement à combattre la fraude fiscale avec notamment le programme de réforme qui est mis en place à la douane. De nouvelles procédures de contrôles et d?autorisation d?importer ont été introduites afin de réduire les coûts de transactions.
Autre dossier : la Mauritius Revenue Authority. La création de cette institution se fait dans le dialogue avec les représentants des syndicats, précise Pravind Jugnauth.
De même, le système budgétaire fera l?objet d?une réforme avec la mise en application du Medium Term Expenditure Framework (MTEF). ?Cela nous permettra de nous assurer que nos ressources sont utilisées dans la transparence et de manière efficace.?
A l?heure des débats, Madun Dulloo, député de l?opposition, s?est montré très critique vis-à-vis de la gestion des fonds publics. ?En regardant ce projet de loi de près, on peut se demander si le gouvernement a réellement atteint son objectif de redresser le pays comme il l?avait annoncé en 2000?, déclare-t-il. ? Ce gouvernement a un devoir de transparence et doit rendre des comptes à la population.?
?L?industrie sucrière à genoux?
Selon le député rouge, le baromètre économique, depuis l?arrivée de l?alliance gouvernementale au pouvoir en 2002, est dans le rouge. ?Le chômage est en constante croissance et nous avons pu noter une récession dans le secteur du tourisme. Le déficit budgétaire est hors de contrôle.?
L?opposition a également demandé des précisions sur certains items tels que la prison, la douane, la justice et l?imprimerie du gouvernement.
Xavier-Luc Duval, député de l?opposition, s?est pour sa part attaqué à la situation dans l?industrie sucrière. Selon lui, le ?budget additionnel résulte d?une mauvaise estimation des dépenses lors du dernier exercice budgétaire?. En conséquence, explique-t-il, ?la mauvaise performance du gouvernement durant ces quatre dernières années a eu pour effet de mettre l?industrie sucrière à genoux?. Ses critiques n?ont pas manqué de soulever de vives désapprobations des bancs de la majorité. ?Rien n?avait été fait par le précédent gouvernement pour sauver ce secteur clef et Xavier Duval ose venir dire que l?industrie sucrière est à genoux?, réplique Pravind Jugnauth.
Ce dernier a affiché sa satisfaction face au travail de l?alliance gouvernementale pour ?redresser la situation catastrophique qui nous avait été léguée par l?ancien gouvernement?.
AMBIANCE
Le sourire en coin de Sylvio Michel
■ L?ancien ministre de la Pêche, Sylvio Michel, a assisté hier à la première tranche des travaux parlementaires sur le ?Supplementary Appropriation (2003-2004) Bill?. Accompagné de Jean-Claude Armance, Sylvio Michel a pris place dans le coin réservé aux indépendants, à côté du député Rodriguais, Nicolas Von Mally. Lors des débats sur le projet de loi, le député de l?opposition, Madun Dulloo a déclaré : ? Est-ce qu?on a déshabillé Sylvio pour habiller Paul ou habiller Françoise Labelle ?? Les réactions ne se sont pas fait attendre dans les bancs de la majorité : le député travailliste s?est fait huer et a eu droit aux quolibets. Sylvio Michel s?est quant à lui contenté de savourer le trait d?esprit en arborant un large sourire. Sylvio Michel et Jean-Claude Armance n?ont pas reparu au Parlement après le déjeuner.
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