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Un accord Londres/Ilois de £ 4 m bute sur les Chagos
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Un accord Londres/Ilois de £ 4 m bute sur les Chagos
On s’achemine, il y a un quart de siècle, vers un accord pouvant donner satisfaction à la communauté chagossienne. Les Anglais se disent disposés à cracher une compensation de £ 4 millions (Rs 20 m.) à laquelle s’ajoute un don foncier du gouvernement mauricien d’une valeur de Rs 20 millions. D’aucuns chantent déjà victoire mais c’est compter sans la perfidie anglaise. A la dernière seconde, Londres suspend son offre à l’acceptation, tant par Maurice que par notre communauté îloise, que les Chagos soient définitivement excisés du territoire mauricien pour constituer irrévocablement le BIOT (British Indian Ocean Territory). Mauriciens et Chagossiens présents refusent, prouvant par là que la souveraineté mauricienne sur l’ensemble de notre territoire y compris l’archipel des Chagos n’est pas à vendre ni n’est achetable par aucun pays étranger, fût-elle une ancienne puissance colonialiste. Voici le film des événements de cette triste tentative anglaise d’acheter notre souveraineté mauricienne pour quelques deniers.
Lundi 22 mars 1982 : les négociations reprennent au sujet de l’indemnité à être versée aux Ilois déracinés des Chagos et sacrifiés sur l’autel de notre Indépendance. La délégation anglaise est composée de Sir Léonard Allinson, de MM. A.D. Watts, W. Hewgitt et J. Clarke. La délégation mauricienne se compose des ministres de la Sécurité sociale, Kailash Purryag, et de la Justice, Paul Chong Leong, du Dr James Burty David, de Mmes Charlésia Alexis et Lilette Naïk, de MM. Paul Bérenger, Bhinod Bacha, Kriss Poonusamy, A. Nakhuda, N. Patten, Elie Michel, Kishore Mundil et C. Ramdass. La communauté îloise est conseillée par les avocats britanniques John Mac Donald et Stephen Grosz.
A l’ouverture des négociations, les Anglais proposent, à titre d’indemnité, une somme globale et définitive de £3 millions, soit environ Rs 60 millions. Le ministre Purryag souhaite la bienvenue aux délégués anglais qu’assiste leur haut commissaire à Maurice, M. James Allan. Kailash Purryag regrette que les parties en présence n’aient pu parvenir à un accord lors des négociations à Londres, en 1981. Il rappelle les quatre points fondamentaux de la position mauricienne : -
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Ce n’est qu’en 1972, soit sept ans après le déracinement des Chagossiens, pour ne pas dire leur génocide culturel, que Londres leur offre une pistache de £ 630 000 à titre de compensation pour leur déportation alors qu’ils se sont engagés, en 1965, à réussir leur réhabilitation hors de leurs îles natales.
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Cette offre de compensation de 1972, si inadéquate puisse-t-elle être, constitue indiscutablement la preuve que le Royaume-Uni reconnaît sa pleine et totale responsabilité dans ce crime odieux qu’est la déportation des Chagossiens. Elle reconnaît que l’île Maurice n’est pour rien dans cet exil forcé car n’ayant jamais voulu se séparer de cette partie prépondérante de son territoire.
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En portant, en 1981, l’offre d’indemnité à £ 1,25 million, Londres reconnaît que son offre initiale est inadéquate.
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La réhabilitation des Chagossiens n’est pas un problème d’argent. Aucune somme ne pourra jamais compenser adéquatement les conséquences néfastes d’une telle injustice, commise à l’égard des Ilois ne demandant qu’à vivre heureux et épanoui sur leurs îles natales. Seul leur retour aux Chagos dans les meilleures conditions possibles pourrait partiellement satisfaire ce peuple martyr.
Le 23 mars 1982, les Anglais portent leur offre de compensation à £ 4 millions (Rs 80 m.) à laquelle s’ajoute un don de lopins de terre du gouvernement mauricien d’une valeur de Rs 20 millions. Les Ilois insistent que les £ 4 millions ne soient pas remis au gouvernement mauricien mais versés à un fonds en leur faveur. Elie Michel s’écrie, au dire de la presse travailliste : “Nous pouvons chanter victoire à présent.”
C’est alors que les Anglais imposent une nouvelle clause qui est aussi un chantage abject. Ils exigent que Mauriciens et Chagossiens renoncent à jamais à leurs droits sur les Chagos. Ils doivent finalement céder devant l’intransigeance des Mauriciens et des Chagossiens. L’offre de compensation de £ 4 millions tient bon même si ceux-ci conservent la plénitude de leurs droits territoriaux sur l’archipel des Chagos, la base nucléaire de Diego Garcia comprise. Il n’y a plus qu’à signer les documents et à attendre le paiement des £ 4 millions ou une autre entourloupette, dont les Anglais ont le secret.
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