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Ultime tractation pour fixer l?avenir de l?industrie sucrière
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Ultime tractation pour fixer l?avenir de l?industrie sucrière
Aujourd?hui se déciderait à Bruxelles l?avenir de notre sucre. Les ministres européens de l?Agriculture, après une nuit marathon de discussions, donneraient leur accord à la réforme de leur régime sucrier. La nouvelle donne aura une incidence majeure sur le pays.
Maurice, à ce jour, exporte son sucre vers l?Europe à un prix garanti de 523,5 euros la tonne (Rs 19 000). Avec ces 25 ministres donnant leur accord à la réforme de leur marché, ce prix tomberait à un seuil de 319,5 euros à partir de 2009-2010 (Rs 11 578). Dès 2010, l?industrie sucrière rapportera 39 % de moins.
Les négociations se sont poursuivies jusqu?à fort tard dans la nuit, hier, au conseil européen des ministres. La présidence britannique, assurée par Margaret Beckett a cherché à dégager un consensus avec ses 24 pairs. L?Europe est un gros producteur de sucre, à partir de la betterave. Tout comme pour les pays ACP, cette réforme entraînera la fermeture de plusieurs usines de même que des pertes d?emploi massives.
?Une baisse minime serait toujours à l?agenda. Mais l?écart avec le premier chiffre ne serait pas conséquent?, indiquait hier soir un diplomate proche du Conseil européen des ministres de l?Agriculture.
?La présidence britannique, aidée de la commission, anime des réunions individuelles avec chaque ministre. Le deuxième document de compromis serait déposé ce matin, dont le contenu ne s?éloignerait pas du texte final au moment du vote qui, sauf imprévu majeur, aura lieu jeudi (NdlR : aujourd?hui)?, explique-t-on au sein de la diplomatie bruxelloise.
<B>Réfractaires</B>
La baisse de 39 %, proposée par la commissaire à l?Agriculture aura occupé la place centrale des débats. Depuis l?annonce officielle de ce quantum en juin 2005, un groupe de 11 pays, s?est élevé résolument contre. Face à ces réfractaires, la ministre Margaret Beckett a mis sur la table un document de compromis, avec un sursis d?une année pour la baisse. Maurice et les Etats ACP exportateurs de sucre encaisseraient une baisse initiale de 5 % en 2006-2007 qui passerait, deux années plus tard, à 25 % (2008-2009).
Ce document de compromis aurait vite scindé le groupe des 11 pays, qui, jusqu?ici, a fait cause commune avec les ACP contre la forte baisse de prix. En effet, des pays tels que l?Espagne, l?Italie, la Pologne et l?Irlande ont démontré des signes de flexibilité par rapport à la réforme, laissant sous-entendre qu?ils seraient totalement convaincus par davantage de concessions.
Cependant, le groupe a vite fait de presser, d?une part, contre le quantum de 39 %, qu?ils estiment être trop élevé. Et de l?autre, ils exigent des moyens de compensation supérieurs aux 60 % des pertes. Dans son document de compromis, la présidence a maintenu, puisqu?il y va de leurs intérêts nationaux.
En face de cette minorité, se trouvent des Etats tels que la France la Grande-Bretagne et la Suède qui ont adopté la ligne dure. Par exemple, quand le ministre hongrois Jozsef Graf a proposé une baisse en dessous de 30 %, son homologue danois a insisté que tout chiffre inférieur à la proposition initiale serait dure à accepter. Mieux encore, l?Estonie est venue de l?avant avec une nouvelle révision en 2009-2010, période à laquelle la baisse de 39 % serait effective. Au vu de ces désaccords de certains pays sur l?ensemble de la réforme, la présidence britannique, a donc entamé d?âpres discussions pour boucler la réforme.
La Commission paritaire ACP-EU, qui s?est réunie à Edimbourg, Ecosse, a par ailleurs adressée une lettre au Conseil des ministres pour que les considérations ?légitimes? des ACP soient prises en compte. Mais on oublie que ces ministres se battent pour obtenir un meilleur deal pour leur pays d?abord. Le reste du monde, lui, est secondaire. A Maurice, le plus dur commence.
RAPPORT ANNUEL DU MSIRI
<B>Inquiétude sur la baisse de la superficie sous canne</B>
■ L?institut de recherche se préoccupe d?une réduction des terres sous canne. La conversion, avance le Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri), devrait se limiter à des superficies à faibles rendements, sauf pour des raisons stratégiques. ?Depuis la coupe 2001, la superficie a été réduite de 4 461 hectares, descendant pour la première fois depuis 1952 sous la barre des 70 000 hectares?, affirme Jean-Claude Autrey, directeur du Msiri. Ce dernier ajoute que si ?l?industrie maintient l?objectif de produire 600 000 tonnes par an, la conversion des terres, à moins que ce soit pour des raisons stratégiques inévitables, devrait se confiner à des terres pauvres et ne pas diminuer celles qui sont les plus productives?. Pour Jean-Claude Autrey, avec la baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen, ?une réforme pour augmenter la productivité et de baisser les coûts de production est devenue impérative?. Dans le cadre d?un plan de réforme accélérée, explique le directeur, la recherche et le développement se concentreront sur des secteurs dans lesquels les bénéfices matériels sont importants. Il cite, à cet effet, l?amélioration de la canne, les sous-produits, la consolidation des zones traditionnelles telle que l?agronomie, le transfert de technologie... ?Les études effectuées par le MSIRI sur l?épierrage, la mécanisation et l?irrigation depuis 2001 seront d?une valeur inestimable pour la réforme. Elles jetteront les bases pour le regroupement des petits planteurs?, conclut Jean-Claude Autrey.
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