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Tic : deux investisseurs étrangers perdent leurs illusions
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Tic : deux investisseurs étrangers perdent leurs illusions
Bert Cunningham n?est pas le seul. Il y a, comme lui, de nombreux étrangers qui viennent à Maurice en pensant que ce pays, c?est l?avenir, et qui sont déçus? Comme Simon et Tim Need, deux Britanniques qui ont décidé que Maurice était le pays idéal pour monter une entreprise.
Le secteur d?expertise de Simon Need se trouve être la fibre optique, un support de transmission de données à haut débit. Ayant appris que Maurice mise sur la technologie informatique, il fait des recherches sur le secteur et conclut que Harel Mallac Technologies est la meilleure compagnie à approcher pour son projet. Simon Need veut produire des câbles en fibre optique à Maurice.
Pourquoi Maurice ? Parce que sa femme est Mauricienne. Mais surtout parce que l?île ouvre la porte à l?Afrique, où la technologie de fibre optique commence à intéresser.
En 2002, il prend contact avec Harel Mallac (HM) et, à la suite d?un accord de principe, débarque au pays un an après. Ce n?est qu?en janvier 2005 qu?a lieu la signature de l?accord. L?usine que Simon Need appelle son laboratoire est à Triolet, là où se trouvait ?symboliquement l?usine Bonair Garments. Parce que les Tic étaient supposées remplacer le textile dans l?économie mauricienne?, dit Tim, le frère de Simon, aussi directeur de vente de la compagnie. Du moins jusqu?à hier matin.
HM est très intéressée par le projet. ?Nous y croyons?, dit Mélanie Wiehé, responsable de communication. Mais hier, HM demande à Simon Need, le CEO de Fibre Technologies Ltd, de démissionner. La femme de Need, secrétaire administrative est suspendue et Tim démissione de son poste de responsable de marketing. Les 20 employés de la compagnie montrent des signes de malaise. Que s?est-il passé ?
?HM a investi dans un projet et a besoin de voir fructifier son investissement. Simon Need est un très bon technicien, ses produits sont de très bonne qualité mais il n?a pas pu vendre un seul produit jusqu?ici?, dit François Montocchio, CEO de HM.
La compagnie fabrique des câbles en fibre optique variant d?un demi-mètre à 30 mètres de long. Les choses ont commencé à se gâter, d?après Simon Need, depuis que l?industrie a ?shifté?, c?est-à-dire que ce sont dorénavant des compagnies de distribution qui achètent les câbles en grande quantité pour les distribuer. Ainsi, Fibre Technologies Ltd, si elle veut prendre une part du marché, doit produire des cables en grande quantité. ?Et nous devons produire en grande quantité avant de pouvoir vendre?, explique Simon Need.
HM est propriétaire de 51 % des actions alors que Need en détient 49 %. Toujours, selon Need, la première réunion du conseil d?administration de FTL a lieu le 27 octobre et le CEO d?Harel Mallac affirme que ?si on ne trouve pas de client tout de suite, il faut fermer?. Ce que ne confirme pas Montocchio. Il explique que jusqu?à nouvel ordre, les activités de l?usine continuent. ?Simon n?a pas été mis à la porte. Il ne peut simplement plus agir comme CEO. Il ne s?y connaît pas en gestion.?
<B>?Une roupie par action?
Les Need sont sidérés. ?Juste au moment où les choses commencent à prendre forme ! ? déclare Tim Need. En effet, le plus grand distributeur de câbles optiques en Afrique du Sud a confirmé son intention de s?approvisioner en câbles optiques de la compagnie dès 2006, le plus grand distributeur en Grande-Bretagne est en train de tester les câbles à l?heure actuelle et une compagnie en Allemagne a certifié la qualité de câbles en fibre optique de 0.04- qui en termes techniques veut dire ?d?excellente qualité.? Et ils devaient approvisionner la deuxième Cyber tour en cables de fibres optiques.
Alors Simon Need, déjà quelque peu ?dégouté? par l?attitude de son partenaire offre d?acheter les actions de Harel Mallac. ?Ils ont dit non mais j?ai insisté pour que ma proposition soit à l?agenda du conseil d?administration de HM prévu pour demain.? (NdlR aujourd?hui.) François Montocchio confirme que la demande sera étudiée mais ajoute que ? j?ai aussi offert à M.Need d?acheter ses 49 % pour Re 1 par action comme il l?a proposé, lui-même. Il a refusé.?
Si HM affirme qu?elle va de l?avant avec le projet, Simon Need affirme qu?il est le seul ?à Maurice a avoir l?expertise pour fabriquer les câbles optiques.? Ce que ne conteste pas son partenaire. ?Mais il n?y a pas que M. Need dans ce monde qui a cette expertise?, dit-il. En attendant, la vingtaine d?employés de FTL est incertaine quant à son avenir malgré l?assurance de HM.
Need acceptera-t-il de travailler comme technicien de la compagnie. ?Pour rien au monde, je ne travaillerai avec Harel Mallac. Je suis dégoûté.? Que va-t-il faire ? ?Recommencer à zéro. Maurice croit dans les Tic, non ??
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