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Thaipoosam Cavadee la récompense après l?abnégation

1 février 2007, 00:00

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C?est coutumier pour les grandes fêtes religieuses. Il y a une légende derrière. Pour Cavadee, c?est celle d?Idumban, ou l?Orgueilleux, à qui le guru Agattiyar demanda d?escalader le mont Kaïlash et d?en ramener les pics de deux montagnes voisines. Idumban se rendit sur le mont en compagnie de sa femme. Il accrocha les sommets des deux montagnes sur une palanche, soit le Cavadee. L?exploit d?Idumban allait vite toutefois tourner en une terrible épreuve.

En effet, il ne savait pas que Muruga s?était transformé en un petit garçon et s?était réfugié à une extrémité de la palanche. Le dieu voulait alourdir le poids de celui-ci afin de mettre davantage à l?épreuve Idumban. Ne sachant pas que c?était Muruga, Idumban le combattit et fut évidemment vaincu. Toutefois sur l?insistance et après maintes supplications des proches d?Idumban, Muruga décida de redonner vie à l?Orgueilleux. Ainsi est née la métaphore du Cavadee. Porté jusqu?au temple, le Cavadee garantit les bonnes faveurs et la grâce du dieu Muruga. Au bout de l?abnégation, il y a la lumière de la récompense divine.

Le Thaipoosam Cavadee est célébré après dix jours de jeûne. Dix jours consacrés à se purifier le corps et l?âme. Le premier jour débute avec la cérémonie du ?Codhi ettram? au temple et la fin du jeûne est marquée par le ?codhi irrakam?, le lendemain de la fête. Le jour même, le fidèle ne consommera de nourriture que dans l?après-midi. ?Le jeûne est synonyme de purification du corps afin que nos pensées soient dans des conditions pures pour se diriger jusqu?à Muruga?, explique Paramasiven Moonien, assistant secrétaire du kovil de la montagne du Corps-de-Garde, à Quatre-Bornes.

En prévision du Thaipoosam Cavadee, les tamouls entreprennent un grand nettoyage de leurs maisons et se font préparer des vêtements neufs. Pendant dix jours, ils jeûnent, ne consommant que des aliments préparés à la maison et sans chair. Ils dorment aussi sur de fins tissus à même le sol et ne doivent pas avoir de rapports sexuels.

?Durant le trajet et après, ils chantent et dansent en hommage à Muruga. Imbus d?un profond sentiment de joie, l??anandhum?, une paix suprême?.

Le jour de la fête, la maison est parfumée et décorée de fleurs, une prière est dite devant l?autel en l?honneur de Muruga mais aussi des aînés qui ne sont plus de ce monde. Les dévots se lèvent tôt et prennent leur bain. Les hommes portent le vesti ou dhoti les femmes le sari et les petites filles le pavaday, longue jupe traditionnelle. Les fidèles se rendent ensuite à la rivière où, après une prière et l?immersion, ceux portant le cavadee se font transpercer certaines parties du corps avec les vels, fines aiguilles en argent.

Les fidèles se dirigent ensuite vers le temple, ceux ne portant pas de cavadee suivent la procession. Durant tout le trajet et même après, ils chantent et dansent en hommage à Muruga. Ils sont imbus d?un profond sentiment de joie, l?anandhum, une paix suprême. Au temple, une prière est dite et le lait porté par les dévots sur leur cavadee est déversé sur la statue de Muruga en offrande. Par la suite, les dévots rentrent chez eux et rompent le jeûne en famille. La visite aux proches ou l?accueil des parents chez soi est un rituel incontournable comme pour toutes les fêtes. On offre ainsi à manger des repas à base de légumes, les ?sept caris?.

C?est dans ce sentiment de partage et de fraternité que les tamouls célèbrent la fête la plus importante pour eux. Un de ces moments où l?homme oublie son quotidien pour se consacrer à Dieu et où il se débarrasse de sentiments comme la haine, l?orgueil et la cupidité.

L?ART DE PIQUER

Les hommes se font piquer avec des ?vels?, comme preuve de leur pureté. Le pénitent se fait ainsi transpercer la langue, les joues ou le dos de fines aiguilles, toujours d?argent. Témoignage de Paramasiven Moonien, à qui il arrive de percer le corps des dévots avec les aiguilles. ?Il faut attendre ce moment où la personne sent une vibration. Lorsqu?il y a cette larme de joie, même celui qui pique sent la vibration. Le vrai rituel consiste à se faire piquer la langue. Mais le choix revient à l?individu de se laisser percer sur d?autres parties du corps. Lorsque la personne atteint un haut degré de prière et de recueillement, elle ne sent aucune douleur lorsqu?elle est piquée ou lorsque les aiguilles lui sont retirées du corps. Tout est une question de sa capacité à se concentrer sur Muruga. De lui nous vient toute notre force. A lui nous consacrons toute notre force?, explique Paramasiven Moonien.

MIEUX CONNAITRE

Le ?cavadee? est la perche, ornée de feuilles, de fleurs et d?images saintes. Les fidèles portent le ?cavadee? en hommage à Muruga dans un élan de ferveur intense. Ils se transpercent aussi certaines parties du corps, notamment la langue, les joues, le dos et le torse, avec de fines aiguilles. Les dévots offrent ainsi leur chair aux ?vels?, ces aiguilles et piques qui représentent la lance de Muruga. Les trois parties de la lance sont la tige, la partie large du fer et la pointe. En se piquant le corps, les fidèles espèrent aussi trouver le pardon et la récompense du dieu.

LES CAVADEES

Le ?Cavadee? est célébré à n?importe quel moment de l?année. Il est à la discrétion du fidèle qui peut ainsi choisir de témoigner sa foi en son dieu. A Maurice, outre le Thaipoosam Cavadee, célébré en janvier ou début février, il y a deux autres Cavadees : le Sittirai et le Panguni Uttiram.

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