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Textile : une proposition de l?Union européenne fait peur

17 octobre 2007, 00:00

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Une proposition de l?Union européenne (UE) concernant la transformation des produits textiles suscite de vives inquiétudes dans le secteur textile. Néanmoins, certains opérateurs restent optimistes face à une telle situation.

Cette proposition fait partie des nouvelles règles d?origine pour l?exportation de ces produits vers les marchés européens. Elle s?insère dans le cadre des négociations au sujet de l?Accord de partenariat économique (APE). Cet accord va régir les relations commerciales entre les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l?UE.

Cette proposition a fait l?objet de discussions hier entre la Mauritius Export Association (MEXA) et le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo. Dans le cadre des discussions avec la Commission européenne, Maurice a proposé le maintien de la double transformation ou la simple transformation pour tous les produits textile et de l?habillement, sauf pour ceux en coton.

Mais l?UE a émis la formule d?une seule transformation pour tous les produits. Or, dans un tel cas, il n?y aurait que la confection.

Pour certains opérateurs, dans l?éventualité d?une simple transformation, Maurice se retrouverait en compétition avec d?autres pays fabricants de produits textiles, tel le Kenya. Ces derniers n?auront tout simplement qu?à importer leurs tissus d?Asie, de Chine, de l?Inde, à des prix plus compétitifs pour être confectionnés. Ce qui, selon eux, rendra leurs produits textiles peu compétitifs.

La MEXA avait envoyé une lettre à la fin de septembre au gouvernement pour exprimer ses appréhensions concernant la date butoir du 31 décembre et les incertitudes qui y sont attachées.

Actuellement, les usines de textile sont engagées dans trois opérations de transformation textile, notamment la filature, le tissage et la confection.

Mais il n?en suffirait que de deux à une usine pour pouvoir exporter duty free et quota free sur le marché européen, c?est-à-dire la production des tissus et la confection des produits finis. Avec la double transformation des produits textile et de l?habillement, le fil doit être produit dans les pays d?Afrique faisant partie des ACP ou dans les pays de l?UE pour pouvoir bénéficier de ces avantages d?exportation sur le marché européen. L?accès duty-free au marché européen sera maintenu si un nouvel accord est signé d?ici décembre, en remplacement de l?Accord de Cotonou.

<B>Produits plus compétitifs</B>

Crainte aussi pour certains opérateurs car si cet APE n?est pas signé, les exportations mauriciennes seront réglementées par le Generalised System of Preferences (GSP). Cadre dans lequel les taxes seront imposables à l?entrée sur le marché européen.

?J?ai assuré les opérateurs qu?ils n?ont pas de craintes à avoir. Toutes les dispositions seront prises pour qu?il n?y ait pas d?interruption de commerce après décembre 2007?, a déclaré Madan Dulloo à l?express.

?Nous ne voyons pas l?Europe fermer la porte aux produits des ACP. On se fait du souci pour rien. Les craintes sont injustifiées. Maurice compte faire une offre de marché ensemble avec trois autres pays de l?océan Indien et conclure les négociations si celles au sein de la configuration d?Afrique orientale et australe ne marchent pas. Les 12 pays les moins avancés de cette configuration ne sont pas pressés de conclure les négociations avec la CE au sujet d?un APE car ils peuvent déjà tout exporter duty free et quota free vers l?UE?, ajoute le ministre.

Comme Madan Dulloo, Maurice Vigier de La Tour, chief executive officer de Denim de l?Ile (DDI), reste, lui aussi, optimiste : ?Je n?ai pas personnellement d?appréhensions au sujet de l?APE. Je reste convaincu que l?APE sera signé avant le 31 décembre. L?APE est bon pour le secteur textile?, dit-il.

?Il faudra garder la transformation unique (single transformation), mais l?important c?est de maintenir le duty free access, ajoute-t-il. Le prix n?est pas le seul élément de décision pour un acheteur.?

Maurice Vigier de La Tour estime que les investissements des entreprises à Maurice donnent des avantages au niveau de la qualité du produit, la flexibilité de production et des délais de livraison.

?Des craintes ont été exprimées par certains opérateurs au sujet de la concurrence de certains gros producteurs de textile, en Afrique ou ailleurs. Mais il faut se battre, surtout que l?UE est en faveur de la transformation unique?, souligne-t-il.

?Pour Manupan Ltd et autres producteurs de pantalon et de vestes, l?APE représente une opportunité car ils pourront importer des tissus hors de la zone d?Europe et des ACP et confectionner les produits pour être exportés duty-free sur l?Europe. Car actuellement si les tissus sont importés d?Asie pour la fabrication de pantalons et vestes, il y a une taxe de 12 % qui est imposée à l?entrée en Europe?, estime dit Sylvain Boyer, manager de Manupan Ltd.

A son avis, avec l?APE les produits de Manupan Ltd seront beaucoup plus compétitifs. La single transformation est, pour cette entreprise, une bonne chose. Car elle pourra importer des tissus de n?importe où, d?un pays d?Asie et d?ailleurs et exporter duty-free en Europe.

?Or, actuellement, nous devons importer des tissus des pays d?ACP et de l?UE pour pouvoir exporter duty free. Nous allons pouvoir acheter les tissus moins cher? Nous aurons aussi la possibilité d?élargir nos sources d?approvisionnement au niveau de la gamme?, dit Sylvain Boyer.

Mais pour Abdool Rawat, directeur de Jack Tellor (International) Ltd, autre producteur de pantalons, vestes et jupes, il y a toujours un ?flou?. ?Nous ne savons pas si les produits que nous avons fabriqués avec des tissus importés hors d?Europe et des ACP auront accès duty-free et quota free. Les clients attendent pour savoir de quoi il en est exactement avant de passer les commandes?, dit Abdool Rawat.

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