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Tamarind Falls : le CEB interdit l?accès à ses terres

28 mai 2006, 20:00

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Le projet de téléphérique à cabines rotatives à Tamarind Falls, projet pour le moins ambitieux parcourant 3,2 km, sera le plus long de l?hémisphère Sud. Son promoteur, Seven Waterfalls Horizons (SWHL), affirme que le projet se fera dans le respect de l?environnement. Mais diverses informations recueillies par l?express indiquent que,sur le terrain, la situation ne reflète pas cet engagement. Qui plus est, pour des raisons de sécurité, le CEB a interdit pour l?instant aux promoteurs l?accès à ses terres. Pas moins de quatre des six pylônes qui soutiendront le câble du téléphérique, incluant la mi-station, se trouvent sur les terres du CEB. Selon la Mauritius Wildlife Foundation (MWF) qui, en 2005, a effectué une étude pour le CEB, deux des pylones tombent dans ?une zone hautement sensible?. Elle avait conseillé le repositionnement des deux pylônes.

La MWF a trouvé difficile d?établir la location exacte des pylônes. Lors d?une visite du site, les positionnements donnés par SWHL auraient différé de ceux qui se trouvent dans le plan original. Or, l?impact du téléphérique sur la flore dépend de l?emplacement exact des pylônes et des routes d?accès. Les deux autres pylônes, ainsi que la station de débarquement, une cabine pouvant accueillir 80 personnes située sur le Mont-Simonet, seront sur des terres appartenant à l?Etat. La station d?embarquement sera bâtie sur des terres privées au sud-est du réservoir de Tamarind Falls. Est aussi prévu, un village touristique comprenant un parking, des boutiques et un amphithéâtre. Il est à noter que Tamarind Falls Game Reserve and Shooting Club détient aussi un bail pour les terres du CEB où seront érigés les pylônes, et pour lesquelles SWHL a également obtenu un bail.

Mais il y a aussi l?épisode de l?Albizia vaughanii dont les branches ont été coupées par des contracteurs du CEB. Pour cette espèce, il ne reste que 14 individus. Celui qui a subi les coups de tronçonneuses est le seul de l?espèce à fleurir et donc capable de se reproduire. Son âge est estimé à 200 ans. De plus, il est doté d?un médaillon indiquant son statut d?espèce menacée. Si le mal est déjà fait, il revient au CEB de traiter l?arbre afin de s?assurer qu?il ne soit pas attaqué par des termites ou des champignons. Le CEB a justifié l?opération en disant qu?elle est nécessaire à l?entretien du pipeline qui achemine de l?eau à la station hydroélectrique de Magenta. Or, plusieurs mètres séparent la forêt où est située l?Albizia Vaughanii du pipeline en question. 25 mètres plus loin, SWHL a déjà nettoyé une portion de forêt à l?endroit où s?érigera la mi-station du téléphérique. Là, après avoir accompli la première moitié du trajet de 3,2 km, les visiteurs descendront du téléphérique pour regagner un autre qui les mènera jusqu?au Mont-Simonet.

Si le promoteur insiste qu?une superficie de seulement 100 m2 de forêt devra être déblayée pour chaque pylône (300 m2 pour la mi-station), il n?en reste pas moins que des routes d?accès devront également être construites et entretenues. Pour sa part, le CEB affirme que SWHL a promis qu??aucune végétation ne devra être enlevée sous le téléphérique?. SWHL, qui n?a pas encore soumis le rapport d?Environment Impact Assessment a tout de même commencé à déblayer une partie de la forêt sur le sommet du Mont-Simonet. Le département des Bois et Forêts qui a mené son enquête est satisfaite, étant donné que ce ne sont que des troènes et des goyaviers de Chine qui ont été coupés. Toutefois, ce geste de SWHL surprend dans la mesure où son objectif est de ?créer un lieu de vacances fondé sur des principes eco-friendly?. Le directeur, Sam Seetaram, souligne que le rapport sera soumis dans les semaines à venir.

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