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Sucre : les financiers irrités par la lenteur

13 octobre 2007, 00:00

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Des retards et des indécisions qui contrarient les financiers. La Banque européenne d?investissement (BEI), principal bailleur de fonds de la réforme sucrière, dit son impatience devant l?absence d?un accord entre les sucriers et le gouvernement. Ce dernier avait évoqué la tenue d?une réunion (décisive) avec les sociétés sucrières pour la semaine prochaine. Mais aucune date n?a été arrêtée jusqu?ici. Les sucriers sont toujours en attente d?une convocation pour retourner à la table des négociations.

«Nous n?avons eu aucune communication du gouvernement pour des discussions», a déclaré hier à l?express Joseph Vaudin, chief executive de FUEL. Jacques Forget, general manager de Médine Sugar Estates, abonde dans le même sens. L?accord devrait porter sur le transfert de 1 500 à 2 000 arpents de terre des sucriers à l?Etat, la participation des petits planteurs aux nouveaux clusters de la canne (distilleries, production de courant et raffineries) et la vente de l?énergie au Central Electricity Board.

Du côté des autorités, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, affirme que «nous sommes toujours en train de tyravailler sur la réunion et nous allons continuer. Une date sera finalisée. Cela ne devrait pas tarder».

Une mission de la BEI est à Maurice dans le cadre du financement des programmes de restructuration économique. Elle a eu des entretiens avec le gouvernement et avec les groupes sucriers. Le chef de la délégation, Jean-Louis Biancarelli, directeur général des opérations de la BEI en dehors de l?Union européenne (UE), ne cache pas son agacement devant la tournure des choses.

«Il y a urgence pour trouver un accord sur la réforme sucrière», affirme Jean-Louis Biancarelli lors d?un point de presse, hier, à Port-Louis. L?institution européenne a un rôle central dans la restructuration et la modernisation du secteur sucre. Plusieurs projets de production d?énergie, de raffineries et de distilleries ? pour lesquels les financements de la BEI sont sollicités ? sont en attente de la conclusion d?un accord entre sucriers et gouvernement. L?organisme s?inquiète que les retards accumulés compromettent la modernisation de l?industrie.

«le moment d?agir»

Les demi-mesures ne passeront pas. «Ceux qui pensent qu?on peut toujours trouver un petit arrangement avec les gens de Bruxelles ou avec les sociétés sucrières se trompent. Le calendrier est là. Les échéances sont fixées. La route est tracée. C?est le moment d?agir», lance Jean-Louis Biancarelli.

Il concède que les discussions sont parfois difficiles, en particulier sur le volet énergie. «La difficulté est très grande pour le gouvernement. Il lui faut en même temps encourager ceux qui peuvent produire de l?énergie à le faire ? et en étant rémunérés sur leurs investissements ? et en même temps trouver les moyens de ne pas trop charger les tarifs pour que les citoyens puissent continuer à payer. Evidemment, cela donne lieu à beaucoup de démagogie et de populisme. Tout le monde pense qu?il peut faire mieux que son voisin.»

Mais d?autres enjeux sont plus immédiats. Un accord entre les sucriers et le gouvernement est indispensable pour faire repartir la réforme sucrière selon les termes de l?UE. Celle-ci prévoit une enveloppe financière (sous forme de dons, contrairement aux emprunts de la BEI) pour accompagner le volet social de la restructuration. Le non-respect des engagements va aboutir au non-décaissement des aides promises. Une somme de Rs 200 millions (sur un montant total de Rs 485 millions prévu pour cette année) est fortement compromise en raison des retards accusés.

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