Publicité

Sri Lanka : la présidente décrète l?état d?urgence

5 novembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?état d?urgence, décrété hier par la présidente sri-lankaise, Chandrika Kumaratunga, implique une série de lois draconiennes qui autorise entre autres l?interdiction de rassemblements publics ou la détention d?un suspect pendant une période maximale d?un an sans qu?aucune charge ne soit retenue contre lui. Il confère davantage de pouvoirs au chef de l?Etat et à l?armée.

Selon un conseiller de la présidence, Lakshman Kadirgamar, Kumaratunga n?a cependant pas l?intention de mettre fin au cessez-le-feu conclu il y a vingt mois avec les LTTE (Tigres de libération de l?Eelam Tamoul), en dépit de son désaccord avec le Premier ministre Ranil Wickremesinghe sur la gestion du processus de paix.

Toutes ces mesures ont été prises en l?absence de Wickremesinghe, qui effectue une visite à Washington et doit rencontrer le président George Bush. Il a qualifié les décisions de la présidente de désespérées en ajoutant qu?elles conduiraient au chaos et à l?anarchie.

Navire chargé d?armes

Ces derniers développements surviennent également quelques jours après la diffusion par les LTTE d?une proposition de partage du pouvoir que le gouvernement considère comme une base en vue de nouvelles négociations.

Le parti présidentiel a attaqué vivement cette proposition mais le conseiller Kadirgamar a assuré que c?était la détérioration de la sécurité dans le pays qui avait poussé la présidente à prendre sa décision sur l?état d?urgence. Il a affirmé qu?un navire des LTTE chargé d?armes avait été repéré au large de l?île le mois dernier et qu?il avait suscité des préoccupations quant à la gestion de la sécurité.

Un porte-parole de la rébellion, qui lutte pour un Etat indépendant dans le nord et l?est de l?île, n?a pas souhaité commenter les dernières décisions présidentielles.

Le département d?Etat américain s?est dit ?préoccupé? par les événements et a affirmé son soutien au gouvernement ?dans sa quête de paix après 20 ans de conflit sanglant?.

Crise constitutionnelle

L?Inde voisine a souhaité que la situation ne débouche pas sur une crise constitutionnelle, ?qui aurait des conséquences sur la stabilité politique au Sri Lanka et sur le processus de paix en cours?, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le Japon, plus important donateur du Sri Lanka, a espéré que ?ces manoeuvres politiques de la présidente (...) ne conduiront pas à l?interruption du processus de paix?.

Wickremesinghe a promis de poursuivre ses efforts de paix mais les experts s?interrogent sur l?évolution de la crise en cours.

?Beaucoup dépendra des réactions du Premier ministre. Il peut tenter de contester ces décisions devant la justice, il peut accepter cette nouvelle réalité ou il peut utiliser le parlement pour tenter de contraindre (la présidente) à changer?, a déclaré Rohan Edrisinha, professeur de droit à l?Université de Colombo.

Publicité