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Shilpa Shetty défend les sidéens

17 septembre 2004, 20:00

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«Le sida tue. Il ne faut surtout pas prendre cette maladie à la légère ou la banaliser. J?encourage tout le monde à aller voir Phir Milenge,» déclare Shilpa Shetty. A l?écran, l?actrice est atteinte du sida. Elle attrape cette terrible maladie par naïveté, par inconscience et par une trop grande confiance accordée à l?homme qu?elle aime. Revathy, la réalisatrice de Phir Milenge, a voulu aborder le thème de la souffrance, du rejet et de la mort, terrible. Trop de personnes en Inde et à travers le monde meurent de cette maladie par simple négligence.

«Vous serez horrifié de savoir que dans certaines parties de l?Inde, des gens n?ont jamais entendu parler du sida. Ils ne sont pas conscients que la mort les guette. Ils ne savent pas comment s?en protéger. D?autres, par manque d?éducation croient toujours en 2004 que le sida peut s?attraper en buvant dans le même verre que quelqu?un ou en lui serrant la main,» déclare avec colère Revathy. Shilpa Shetty, Salman Khan et Abhishek Bachchan n?ont eu aucune hésitation à accepter la proposition de Revathy.

«Je pense qu?être actrice, ce n?est pas simplement tourner des rôles glamour. Il faut aussi utiliser le pouvoir qu?on a sur les gens pour leur faire prendre conscience des dangers réels de la vie,» explique Shilpa Shetty.

Dans Phir Milenge, la comédienne a un brillant avenir devant elle. Elle occupe un poste important dans une agence de pub et pourrait gravir très vite les échelons. Sa vie tourne au cauchemar le jour où elle apprend qu?elle est atteinte du sida.

«Dans Phir Milenge, on montre clairement une chose : n?importe qui peut avoir le sida. Cette maladie ne cible aucune race, aucune classe sociale. Dans sa chevauchée mortelle, elle n?épargne personne. On espère vraiment que les gens après avoir regardé Phir Milenge vont comprendre cela,» commente Shilpa Shetty.

<B>DURETÉ DE LA VIE</B>

Phir Milenge a abordé les problèmes fréquents liés à la maladie du sida. Trop de jeunes en sont victimes par négligence ou par inconscience. L?actrice ne s?imagine pas une seconde que l?homme qu?elle aime, qui est jeune et en bonne santé puisse être porteur de ce virus mortel.

«Loin de nous l?idée d?encourager les jeunes à l?immoralité sexuelle. Au contraire nous avons voulu à travers Phir Milenge expliquer aux gens que mener une vie dissolue peut avoir des conséquences tragiques pour leur avenir. Et de ramener les gens aux valeurs anciennes, qui qu?on le veuille ou non, sont l?une des meilleures protections contre le sida,» explique la comédienne. Le film aborde aussi un aspect très dur de la vie d?un séropositif. La maladie est gênante. Le sida provoque le rejet. Le virus fait peur. Les gens atteints du sida sont souvent mis à l?écart. En plus d?être victimes de la maladie, ils deviennent des victimes de la société souvent cruelle et injuste.

Les collègues de Shilpa Shetty dans Phir Milenge n?éprouvent que du dégoût et de la crainte envers elle quand ils sont mis au courant de sa maladie.

«Les victimes du sida vivent dans la solitude. Ils perdent souvent leurs plus proches amis. Ils sont des parias. Ils deviennent du jour au lendemain des infréquentables. On a voulu dénoncer cet état injuste des choses dans le film. Les sidéens peuvent et doivent mener une vie normale. Il n?y a aucune raison pour qu?il en soit autrement.»

Même si Phir Milenge n?a pas fait recette en Inde, toute l?équipe se dit heureuse d?avoir fait le film. Pour eux, s?ils arrivent grâce au film à ne sauver ne serait-ce qu?une vie, ils auront alors eu la meilleure récompense qui soit.

Le sida : un virus, une cause

Une grande partie des recettes de Phir Milenge en Inde a été versée aux différentes organisations non-gouvernementales luttant contre le sida. Un pourcent de la population indienne comptant à peu près un milliard d?habitants, est atteint du sida.

"Les ONGs se démènent comme des malades pour aider les gens. Ce sont des nains combattant contre Goliath. Ils n?ont presque aucune aide. Ils font ce qu?ils peuvent avec les moyens de bord. Ils font des campagnes de prévention avec des méthodes rudimentaires. Il fallait donc qu?on apporte notre aide, si minuscule soit elle. Nous savons que cela ressemble à une goutte d?eau dans la mer, mais c?est toujours ça," explique la réalisatrice Revathy. Les dons ont particulièrement été faits en faveur des femmes victimes du sida qui travaillent de force dans des maisons closes. Beaucoup de ces prostituées sont livrées au marché du sexe dès l?adolescence. Elles grandissent et meurent dans les bordels. Le sida ne vient que s?ajouter à leur malheur.

Abhishek Bachchan

«Nous avons fait du bon travail»

«Phir Milenge est bien plus qu?un film pour moi. Nous avons fait ce film pour une cause. Le sida est un thème sensible. Il n?a jamais été abordé au cinéma. Il fallait donc prendre beaucoup de précaution avant de le faire pour ménager les sensibilités. Il fallait aussi que le film soit réaliste et qu?il n?y ait pas de clichés. Le sida est un sujet grave. Il ne peut être tourné en dérision. Je reste persuadé que nous avons fait du bon travail,» commente Abhishek Bachchan. Revathy, actrice qui a tourné quelques films, (Ab Tak Chhappan) se lance désormais dans une autre voie, celle de la réalisation. Elle a pu voir le problème du sida avec des yeux de femmes et pourvoir transmettre les émotions à l?écran plus facilement qu?un homme.

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