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Seize policiers blessés dans des violences à Amiens
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Seize policiers blessés dans des violences à Amiens
Seize policiers ont été blessés dans la nuit de lundi à mardi lors de violences dans un quartier sensible d''''Amiens (Somme), des événements qui ont incité François Hollande à promettre la mobilisation de tous les moyens de l''Etat pour y mettre fin.
Une centaine de jeunes ont affronté les forces de l''ordre, les CRS essuyant des tirs de chevrotine et des jets de projectiles, a indiqué la préfecture de la Somme. Plusieurs bâtiments dont une école communale ont été incendiés ainsi que plusieurs véhicules.
Ces incidents font craindre un regain des violences urbaines apparues en France à la fin des années 1970 dans la banlieue lyonnaise et qui n''ont cessé de s''intensifier depuis, culminant avec les émeutes de l''automne 2005, particulièrement intenses dans plusieurs communes sensibles de la Seine-Saint-Denis.
La tension monte dans les quartiers Nord d''Amiens, classés en "zone de sécurité prioritaire", depuis un contrôle routier auquel la population s''est opposée dimanche soir en marge d''une cérémonie à la mémoire d''un jeune du quartier tué dans un accident de moto.
Plus de 100 policiers sont intervenus dans la nuit de lundi à mardi. Des renforts sont prévus, a indiqué la préfecture.
Les événements de la nuit "sont le fait d''une minorité d''individus", a déclaré le maire PS d''Amiens, Gilles Demailly, qui s''est rendu sur place pour appeler au calme et au dialogue.
"Il y a beaucoup de dégâts, pour plusieurs millions d''euros", a-t-il dit à Reuters. "Certains (policiers) ont été blessés par des tirs de chevrotine, des fusils de chasse, des choses comme ça, donc c''est extrêmement grave".
Les incidents d''Amiens ont été évoqués mardi par François Hollande lors d''un déplacement dans le Var, où deux femmes gendarmes ont été abattues par un forcené en juin dernier.
"Je pense à ce qui s''est déroulé cette nuit à Amiens où plusieurs policiers ont été mis gravement, dans leur santé et dans leur intégrité, en cause", a dit le chef de l''Etat.
VALLS ANNONCE DES RENFORTS
Le ministre de l''Intérieur, Manuel Valls, devait se rendre dans l''après-midi à Amiens "pour dire, là encore, que l''Etat mobilisera tous les moyens pour lutter contre toutes ces violences", a ajouté François Hollande.
Présent dans le Var aux côtés du président, Manuel Valls a lui aussi dénoncé les violences d''Amiens et annoncé la mise en place de moyens supplémentaires pour y mettre fin.
"Je veux dire le caractère inacceptable de ces violences", a-t-il dit. "L''Etat de droit et la République doivent s''imposer pour que ces faits ne se reproduisent pas", a-t-il ajouté.
"Des moyens en matière de forces de l''ordre seront évidemment mis à disposition du préfet pour que l''ordre républicain soit ramené. C''est indispensable. Ces violences à l''égard des policiers, ces équipements que l''on brûle, ces populations qui sont saisies par la peur sont inacceptables."
Les zones de sécurité prioritaires (ZSP), engagement de campagne de François Hollande, sont des territoires jugés sensibles dans lesquels davantage de moyens doivent être mobilisés pour lutter contre la délinquance.
Les 15 premières ZSP, dont Amiens-Nord, ont été dévoilées au début du mois d''août par Manuel Valls. Elles visent à engager une action de sécurité renforcée "sur des territoires bien ciblés, caractérisés par une délinquance enracinée et de fortes attentes de la population", avait indiqué alors le ministère de l''Intérieur. Ces 15 premières ZSP doivent être déployées dès le mois de septembre. Une cinquantaine d''autres seront choisies ultérieurement.
Le dispositif est diversement apprécié par les syndicats de policiers, certains craignant qu''il ne soit déployé sans moyens supplémentaires.
Les incidents d''Amiens ont donné lieu à un communiqué du Front national qui a dénoncé "une nuit d''émeutes et de barbarie".
"Ces épisodes dramatiques se succèdent depuis des années sans que les discours musclés des ministres de l''Intérieur successifs n''y changent quoi que ce soit. Au contraire, la situation ne cesse d''empirer", lit-on dans le communiqué du FN.
(Source : Reuters)
(Photo par PASCAL ROSSIGNOL/Reuters).
 
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