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Sebastian Coe continue à gagner

10 juillet 2005, 00:00

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Athlète, Sebastian Coe immanquablement abattait ses adversaires grâce à une ultime accélération dans la dernière ligne droite.

Devenu chef de file de la candidature de Londres, l?ancien roi du demi-fond mondial a su une nouvelle fois, avec l?aide du Premier ministre britannique Tony Blair, coiffer sur le fil le favori Paris pour l?organisation des Jeux olympiques de 2012. Recordman du monde du 800m et double champion olympique du 1 500m, le coureur reconverti dans la politique a toujours allié élégance, éloquence et efficacité.

Pur produit de l?establishment anglais, il suscite quelquefois l?agacement, par son assurance qui confine à l?arrogance.

Mais personne ne conteste sa détermination et son formidable appétit de victoires, qui lui ont permis de devenir le plus prestigieux coureur de demi-fond de l?histoire, pourtant riche, de l?athlétisme britannique.

Né dans le sud-ouest de Londres, mais élevé à Sheffield, dans le nord de l?Angleterre, Sebastian Coe n?a reçu de ses parents qu?un seul mot d?ordre : gagner.

Chaque jour, par tous les temps, on pouvait voir le jeune Sebastian grimper en courant les collines entourant Sheffield, avec derrière lui son père dans la voiture familiale, d?où sortaient à fond des accents de musique wagnérienne.

Mélange d?intellect et d?instinct, Coe avait déjà remarqué qu?il ne devait pas courir en descente, car cela abîmait les genoux. Il apparut assez tard sur la scène internationale, à 22 ans. Mais cette entrée se fit en fanfare : en 1979, en l?espace de 41 jours, il s?octroie trois des plus prestigieux records du monde de l?athlétisme, ceux du 800m, du 1 500m et du mile.

Grand favori du 800m en 1980 aux Jeux de Moscou, il s?incline devant son rival et compatriote Steve Ovett en raison d?une erreur tactique.

Du sport à la politique

Pour le 1 500m, la spécialité d?Ovett, Coe retient la leçon et rumine sa vengeance. « Il a horreur de perdre, ça se voit dans son regard quand on court à ses côtés, cette froide détermination à franchir le premier la ligne », raconte un autre grand miler britannique, David Moorcroft.

Dès le coup de pistolet, Coe prend la tête et ne la quittera plus. La photo, devenue mythe, le montre franchissant la ligne bouche et bras grand ouverts, icône de l?athlète au confluent de l?extase et de la souffrance. Quatre ans plus tard, diminué physiquement, il parvient toutefois aux Jeux de Los Angeles à décrocher de nouveau la médaille d?argent du 800m et à remporter encore le 1 500m, toujours aux dépens d?Ovett.

La retraite sportive arrive en 1986, et Coe s?engage cette fois-ci sur le terrain politique. En 1992, il est élu député conservateur dans le sud-ouest de l?Angleterre, avant d?être balayé par la vague travailliste aux élections de 1997.

Chef d?état-major de l?équipe de William Hague, leader de l?opposition, il connaît une petite traversée du désert avec l?échec de son mentor face à Tony Blair en 2001.

À l?annonce de la candidature de Londres, en 2003, il devient le numéro deux du comité de candidature, avant d?hériter tout naturellement de la première place en mai 2004, avec le retrait de Barbara Cassani.

À son poste, il fera preuve d?une dextérité et d?une autorité qui convaincront même les plus sceptiques.

Jusqu?à la dernière ligne droite, mercredi, qu?il terminera, bien sûr, en tête.

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