Publicité

Sarkozy se réjouit des malheurs de Ségolène

19 février 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Impossible de ne pas se réjouir ; impossible de le montrer. Pour Nicolas Sarkozy, les embarras de Ségolène Royal en butte à la démission du secrétaire national du Parti socialiste (PS) à l?économie, Eric Besson, sont une bonne nouvelle. Pour lui qui explique que ?la baraka fait partie de la bonne gestion?, pas question de refuser une pareille aubaine. Mais comment le dire sans s?exposer illico au reproche d?excès de confiance ? Avant même d?être alerté sur les ennuis de sa rivale en débarquant à l?aéroport de Roland-Garros, à Saint-Denis, le candidat de l? Union pour un mouvement populaire (UMP) n?avait pas résisté à la tentation de lui administrer quelques leçons de campagne. Plutôt savoureux de la part d?un homme qui a perdu plus de combats électoraux qu?il n?en a gagné. Au départ de Paris, puis dans l?avion, il a ainsi organisé plusieurs apartés avec la presse pour dire tout le bien de sa stratégie. Une manière de faire apparaître, par comparaison, les manques de celle du PS.

Revenant sur son discours du 14 janvier, M. Sarkozy a expliqué qu?il n?avait pu paraître ?équilibré? que parce qu?il avait été ?très loin? sur son aile gauche à Agen ou à Nîmes. Dénigrant la performance de sa rivale le 11 février, il avait lâché : ?Faire cent propositions, c?est n?en faire aucune.? Onze heures de vol plus tard, le candidat improvisait un petit point presse à l?écart des passagers encore endormis. Spécialiste autoproclamé des campagnes, M. Sarkozy s?autorise à distribuer bons et mauvais points, une autre manière de chanter sa gloire : ?En 1995, explique-t-il, Balladur était en tête. Il a baissé quand il a cessé de parler. En avril, Chirac a failli se faire rattraper quand il a cessé de parler.?

C?est aussi de cette manière qu?il explique les difficultés de Mme Royal, qui ?était en tête en novembre, puis elle s?est tue?. Mais l?expert se fait soudain plus incisif et caustique : ?Qu?elle ne change rien surtout.? Il continue : ?Elle n?associe personne, si j?en faisais autant cela donnerait une image de sectarisme.? L?avion va se poser, l?hôtesse met fin à l?entretien. Sitôt le pied posé sur l?île, ses conseillers l?alertent des difficultés rencontrées par le PS. Visitant un centre de recherche et de formation consacré à la canne à sucre, M. Sarkozy entrevoit rapidement la possibilité de mettre en cause les capacités de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes à gouverner quand on ?ne rassemble pas sa famille?. A Paris, les porte-parole du candidat UMP écrivent : ?La succession de dysfonctionnements est inquiétante pour des responsables politiques qui aspirent à diriger la France.? Le député de Haute-Loire Laurent Wauquiez, qui accompagne M. Sarkozy à la Réunion, se demande si certains au PS ?ne jouent pas la défaite?. Il évoque une pièce de Feydeau ?où les uns sortent et les autres rentrent?.

<B>Philippe RIDET

© Le Monde 2007

Distribué par The New York Times Syndicate

Publicité