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Sacrifices récompensés

24 septembre 2008, 00:00

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A 32 ans, il est déjà l?executive assistant manager ? le numéro 3 ? du cinq-étoiles Sugar Beach Resort. Viren Govinda Chetty reste tempéré dans son enthousiasme. «Il n?y a rien d?extraordinaire dans ce que j?ai fait.» Qu?a-t-il fait ? Il a seulement rêvé. «Tout commence par un rêve. Qui devient une ambition. Ensuite, vous devez travailler pour y arriver.»

Son rêve était de devenir directeur général du Sugar Beach. Il ne l?a pas abandonné et il est bien parti pour y arriver. Mais cela importe peu. «Tout le monde n?atteint pas ses objectifs. Mais il faut viser haut. De sorte que, même si on n?y arrive pas, on a fait beaucoup de progrès entre-temps.»

Quand il fait son entrée dans l?hôtellerie, il y a 11 ans, Viren voit déjà grand. «Quand les patrons font leurs discours, je les regarde et je me dis : qui sont-ils ? Des génies, des extraterrestres ? Non. Ils sont comme moi. Il faut juste faire des sacrifices pour y arriver. C?est la loi de la nature.»

Il commence à faire des sacrifices très tôt dans sa vie. Pour lui, vacances scolaires ne riment pas avec «kas poz». Il est en Form I quand il commence à vendre des bols en plastique de 6 heures du matin à 18 heures. Pour Rs 10 par jour. «Ce n?était pas grand-chose à l?époque. Mais, quand je l?ai eu, je me suis dit ?Wow? ! » Ses yeux brillent. «C?est que c?était la première fois que j?obtenais de l?argent avec ma sueur.»

Pendant ses vacances suivantes, il travaillera dans les champs de canne, d?ananas et de banane. Ce sera aussi dans une boutique, un magasin, comme aide-plombier, aide-électricien, aide-maçon?

Pas parce qu?il est obligé de le faire. «C?est juste que c?est en moi. Je n?aime pas rester à me tourner les pouces.» Pendant ses vacances à l?université de Maurice, il travaille comme aide-maçon au National Laboratory, juste à côté de l?université. Ces expériences qui lui permettent de «konn lavi». «Je ramassais sou par sou. Quand vous faites cela, vous comprenez que la vie n?est pas facile. Et qu?il faut faire des sacrifices pour arriver à quelque chose.»

«Je ramassais sou par sou. Quand vous faites cela, vous comprenez que la vie n?est pas facile. Et qu?il faut faire des sacrifices pour arriver à quelque chose.»</I>

C?est pour cela que les longues heures de travail dans l?hôtellerie ne le rebutent pas. «C?est comme un passe-temps pour moi.» Contrairement à la nouvelle génération qui n?a ni patience, ni enthousiasme pour les métiers de l?hôtellerie. «Ils préfèrent émigrer, ou partir travailler sur les paquebots. On n?est pas encore en situation de crise, mais il y aura un moment où on va manquer de personnel qualifié. Je ne dis pas que cela arrivera de sitôt. Peut-être dans dix ans.»

Sa journée commence à 8 heures pour se terminer à 18 heures. Heure où il rentre chez lui pour prendre une douche, avant de revenir de 19 heures à 23h30, minuit. «Heureusement que mon épouse me comprend. C?est qu?elle travaille aussi dans l?hôtellerie.» D?autant plus, que depuis cinq mois, il y a aussi un petit Darren. «Vous pouvez atteindre des sommets dans votre vie, mais si vous n?avez pas le support familial, à un moment donné, vous ne serez pas complet.»

C?est après une licence en économie à l?université de Maurice que Viren fait son entrée dans l?hôtellerie comme special project coordinator à l?hôtel Touessrok. Il n?appellera certes pas cela le hasard, parce que «le hasard n?existe pas».

Son salaire est peu reluisant, mais il est sous le charme. «Couma dir monn trouv enn 35 ek monn gate ar li. J?étais fasciné. Je me suis senti comme la personne qu?il fallait à l?endroit qu?il fallait.»

Ce qui le fait rejeter d?autres offres d?emploi «dan gouvernma ek dan la bank?» « J?aurais pu courir derrière l?argent. Mais j?ai pensé à ma carrière, me disant qu?avec des promotions, le salaire suivrait. Si je n?avais pas fait cela, je ne serais pas là aujourd?hui.»

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