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Rude campagne pour braver l?indifférence
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Rude campagne pour braver l?indifférence
A une semaine des élections municipales, où est l?engouement légendaire des Mauriciens pour la politique ? Il semble que les citadins ne lient pas la gestion de leur ville à la chose politique.
Alors que l?enjeu est supposé grand pour le MMM ? qui a occupé les villes depuis 1977 et les tenait jusqu?à récemment ? il ne semble pas être à la hauteur des attentes. Pourtant, c?était une occasion de démontrer, comme les Mauves l?avaient affirmé au lendemain des élections génerales, que ?vilaz kinn fer eleksion.?
Cette théorie avait d?ailleurs fait des adeptes, même parmi les supporters de l?Alliance sociale. Mais alors que l?occasion est donnée au MMM de démontrer sa force dans les villes, la campagne le réfrène. Les municipales n?accrochent pas.
Même l?Alliance sociale n?arrive pas à attirer l?attention. Bien entendu, certains sont toujours dans l?euphorie de la victoire de juillet et apprécient de se rendre aux réunions pour voir les dirigeants. S?ajoutent ceux qui ne manqueraient pas une occasion d?aller voir leur leader. Mais l?enjeu des municipales semble résolument absent.
Hier, au meeting de l?Alliance sociale à La Louise, les principaux orateurs de cette alliance attendent patiemment un public qui se fait désirer. Finalement, ils seront environ 2 000. Est-ce à cause du mauvais temps ? Ou à cause du peu d?engouement qu?inspirent les municipales ? James Burty David préfère ne pas s?attarder sur cette éventualité : il appelle donc le public qui s?est déplacé ?les patriotes?.
Pour le ministre des Administrations régionales, l?opposition a inventé un slogan ?Nou kontan nou la vil? Be parski nou kontan nou lavil bizin met zot deor !? Il appelle les élections ?loperasion netoyaz.? Vasant Bunwaree trouve l?enjeu plus important. ?Nou na pa le trouv moustas vinn dir ki lepep inn dezaprouv Ramgoolam. Fer atension, na pa fer li sa afron la.?
Le leader du Mouvement républicain (MR), Rama Valayden, énumère les actions du gouvernement. ?Lire un livre à moitié ne se fait pas. Pour que le changement soit complet, il faut compléter la victoire.?
Finalement, celui que tout le monde attend, Navin Ramgoolam, troque sa veste de Premier ministre contre celle de leader d?une équipe qui se pose en challenger aux municipales. Il s?appesantit sur le fait que ?beaucoup? lui ont dit que ?mathématiquement, je n?aurai pas pu gagner les élections générales. C?est une preuve que ce ne sont pas les mathématiques qui font les élections, ce sont les gens qui vont voter.?
Encore faut-il que ces ?gens? aillent voter. Ramgoolam essaye de convaincre??Avan 100 zour, ou pe gayn lokazion swazir lekip ki pou diriz ou lavil.? Il demande aux citadins de se rappeler la campagne ?ki zot ti fer kont mwa. Ki zot na pa ti dir ?? demande-t-il. ?Me get 25 an MMM inn kontrol minisipalite, get rezilta.? Ce même MMM, qui ?a aujourd?hui neuf députés à l?Assemblée.? Ramgoolam affirme que ?le travail sera plus facile? si l?Alliance sociale remporte les municipales.
Vient ensuite l?heure du bain de foule. Les gardes du corps du Premier ministre ont du mal à le conduire à sa voiture. Ramgoolam est souriant, il essaye de serrer autant de mains qu?il peut. Une fois arrivé à sa voiture, c?est la surprise, il se met debout dans l?embrasure de la portière pour encore serrer des mains?
Curepipe, l?espoir
?Le produit? Ramgoolam se vend toujours aussi bien. Mais est-ce assez pour que les citadins se déplacent le 2 octobre ? Un proche des Rouges commente la foule d?hier. Il admet que les municipales n?accrochent pas. ?Je pense que le taux de participation sera inférieur à 30 %.?
Preuve s?il en faut que la gestion des villes n?intéresse pas, les orateurs n?en parlent pas vraiment. Ils évoquent l?Alliance sociale versus MMM, ils demandent au public de ne pas faire ?d?affront? au gouvernement.
James Burty David allègue que le MMM avait prévu un meeting rue Edward VII, qu?il a annulé à la dernière minute. Les Mauves ne l?admettent pas. Rajesh Bhagwan, le campaign manager de l?opposition, affirme qu?aucun meeting n?a été planifié ?parce que les municipales sont une question de proximité.? Toujours est-il que l?opposition organisera une ?grande? conférence de presse samedi avec les leaders et tous les candidats. Mais point de meeting public.
La session de porte-à-porte à Cité Mangalkhan hier matin avec Paul Bérenger et Pravind Jugnauth fait jaser. Dharam Gokhool secrétaire général du Parti travailliste ironise : ?Depuis quand Paul Bérenger doit-il faire du porte-à-porte ?? Ceux présents hier dans ce quartier s?étonnaient que la présence ?du mythe Bérenger à Mangalkhan est passée presque inaperçue?. Est-ce un signe de ce que leur réserve l?avenir ? En tout cas, chez les Mauves, on s?accroche à un espoir : il s?appelle Curepipe.
Les averses ont également ponctué ce porte-à-porte de l?alliance MSM-MMM-PMSD. L?opposition a sorti le grand jeu, puisque les dirigeants des trois partis ont bravé la pluie? et l?indifférence des habitants. Pour l?opposition, Mangalkhan est un symbole, une base solide sur laquelle elle veut construire sa reconquête du conseil municipal de Curepipe. Stéphan Buckland, l?un des huit candidats de l?arrondissement n° 1, est un enfant du quartier. Il croit dans la victoire de son équipe et fait tout pour occuper le terrain. Un terrain relooké? Nando Bodha, secrétaire général du MSM, affirme que l?alliance MSM-MMM-PMSD a injecté Rs 75 millions pour transformer ce quartier.
Remarques hostiles
?A chaque grosse pluie, la cité était inondée?, intervient Rajesh Bjagwan. L?ancien gouvernement, dont il faisait partie, a rénové les routes, effectué des travaux de drainage, aménagé des trottoirs, éclairé les terrains de sport. Mais beaucoup reste à faire? ?Il faut compléter le travail commencé, notamment pour les loisirs et le sport?, reconnaît Stéphan Buckland.
L?enfant chéri de Mangalkhan est le guide. Détendu, Paul Bérenger marche en tête. Pravind Jugnauth, discret, reste en retrait. Ils sont suivis de Maurice Allet, des autres dirigeants et des candidats. Le cortège rend visite à une dizaine de familles, des activistes pour la plupart. Ils déambulent sous le regard plutôt indifférent des habitants. Quelques remarques fusent, certaines encourageantes, beaucoup agacées, voire hostiles? ?C?est à l?approche des élections qu?on les voit. Ils veulent nous embobiner mais on n?est pas dupe?, lance un habitant, remonté contre les politiciens. Certains se plaignent de l?état d?un vieux bâtiment, Les Loges, ?mal fréquenté la nuit?. D?autres parlent de la drogue, de la prostitution. Un habitant résume le problème principal de la cité : les inondations. Il n?a pas été résolu. Rue Orient, une énorme flaque d?eau qui barre le passage étaye ses dires. Une jeune femme la traverse sur la pointe des pieds.
Après le porte-à-porte, Paul Bérenger prononce un discours chez une activiste. Il reprend brièvement les messages déjà énoncés depuis le début de la campagne. Mobilisation, correction au gouvernement, etc? A la fin, les candidats piétinent sur place en attendant la fin de l?averse. Ils ont hâte de retourner sur un terrain qui, affirment-ils, leur est acquis.
Nando Bodha et Rajesh Bhagwan expliquent que le travail va continuer, notamment au niveau des infrastructures et d?un projet de transformation des Loges.
Détail amusant : Rama Valayden a fait une brève incursion dans le quartier peu avant. Il était entouré des candidats de l?Alliance sociale dans le ward 1. Les deux camps ont échangé des poignées de main et des plaisanteries. ?J?ai voulu visiter les poches de pauvreté dans le quartier. (...) Tout cela peut changer?, dit-il, confiant de pouvoir ébranler la citadelle MSM-MMM.
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