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Rogers relance son projet de développement au Morne

11 mars 2005, 00:00

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Rogers a récemment soumis au Morne Heritage Trust Fund son projet d?integrated resort scheme (IRS). Ce Trust Fund est chargé de préserver le patrimoine de ce lieu mythique.

Le projet, baptisé Cap Brabant Golf Estate and Country Club, avait tout d?abord été présenté en septembre 2003. Certains de ses aspects étaient cependant en contradiction avec les impératifs de conservation du Morne, qui pourrait être classé au Patrimoine mondial de l?Unesco.

En 2004, le gouvernement avait demandé à Rogers de revoir sa copie. Le groupe l?avait alors mise au placard, estimant que le projet serait moins viable s?il était radicalement modifié. Chez Rogers on laissait même entendre, à un moment, que le projet avait été abandonné? Mais le groupe a finalement décidé de le présenter de nouveau, surtout depuis que le Morne Heritage Trust Fund, constitué en juillet 2004, a commencé à passer tous les projets de développement de la péninsule à la loupe.

Recommandations des experts

Chez Rogers, on affirme que le projet reste dans sa forme initiale. ?Avant de procéder à toute modification,nous voulons connaître exactement la pierre d?achoppement?, explique un porte-parole du groupe.

Le projet comprenait, au départ, la construction de 130 villas, d?un parcours de golf, de courts de tennis, d?un gymnase, de trois restaurants et d?un musée. Il a bénéficié de la collaboration d?architectes et de paysagistes américains, australiens et mauriciens.

La phase préliminaire du projet a coûté Rs 25 millions. Il devrait nécessiter des investissements de Rs 2 milliards et concerne toute la plaine (plantée de filaos) située au sud de la péninsule et une partie du versant sud de la montagne.

Une ligne de communication a donc été ouverte entre Rogers et les autorités, en attendant de trouver un terrain d?entente? Le projet devra surtout respecter la zone tampon autour de la montagne, notamment sur les pentes, qui a été identifiée afin de protéger le site. La montagne elle-même est parcellisée et appartient en partie à l?Etat et en partie à des promoteurs privés, dont Rogers.

Mais, estime Le Morne Heritage Trust Fund, tout dépendra des recommandations des experts de l?Unesco qui évalueront le site. Les terms of reference de l?expertise, préparés par le Trust Fund, seront d?abord soumis à l?approbation du gouvernement puis à celle de l?Unesco. Le Trust Fund veut mettre en place ?des garde-fous? nécessaires. L?organisme affirme qu?il veut ?trouver un juste milieu entre les besoins des promoteurs privés et les exigences de préservation du patrimoine?.

Haut lieu du marronnage, le Morne aurait abrité des esclaves en fuite, au 19e siècle. Des recherches archéologiques doivent y être entreprises.

Rappelons qu?une autre société, la Société du Morne-Brabant, a elle aussi présenté, fin 2004, un ambitieux projet de développement intégré au pied de la montagne. Cette société possède une importante zone de terres du site. Son projet inclut un reboisement total d?une partie de la péninsule, la construction d?un village artisanal, d?un musée de l?esclavage, de villas de luxe, d?un parcours de golf et d?un hôtel cinq-étoiles de 80 chambres maximum.

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