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Revers de la médaille

13 octobre 2004, 20:00

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Après avoir subi les augmentations du prix du riz ration, du ticket d’autobus et des carburants, les consommateurs n’en reviennent toujours pas. Les organisations de consommateurs estiment injustes la révision à la hausse des tickets d’autobus, d’autant plus que le gouvernement a décidé de modifier les règles du jeu.En effet, au cours des discussions qu’avait tenues la State Trading Corporation (STC) avec les différents stakeholders, et qui avaient précédé la mise en application de l’Automatic Pricing Mechanism, il fut convenu qu’il n’y aurait pas chaque trimestre, de révision à la hausse ou à la baisse, du ticket d’autobus. C’est la garantie qu’avait donnée à l’ICP, le directeur d’alors de la STC, Ravind Dajee.

Or, trois mois avant l’échéance de la révision, le gouvernement cède aux pressions des opérateurs d’autobus. C’est, en tout cas, ce qu’estime l’ICP, vu le refus des autorités de rendre public le rapport de la Management Audit Bureau, sur lequel elles se sont appuyées pour justifier la récente hausse du ticket d’autobus. De plus, à la veille de la mise en place de l’APM, en avril dernier, le ministère avait promulgué de nouveaux règlements relatifs à la structure de prix qui serait utilisé par la STC pour calculer les prix des carburants.

Le gouvernement avait aussi profité de la nouvelle G.N. 38 pour réviser à la hausse la marge de profits des détaillants. Ainsi les éléments qui seraient pris en compte pour le calcul des prix étaient arrêtés. Eu égard à la transparence affichée et à l’accès promis à l’ICP aux calculs de la STC, nous avions accordé notre soutien à l’APM.

Toutefois, à quelques heures de la réunion du Pricing Committee pour avaliser les calculs de la STC, le gouvernement décidait de changer les règles du jeu. En effet, la STC fut sommée d’inclure, dans sa structure de prix, un nouvel élément. Il s’agit d’une contribution de dix sous sur chaque litre de carburant à être reversée à un Bus Companies Recovery Account (BCRA), lequel compte n’avait pas encore été mis sur pied.

Il faut rappeler que la mise en place éventuelle d’un tel fond avait été évoquée pour la première fois par le secrétaire permanent au ministère du Commerce, au cours d’une émission télévisée en juillet dernier. Ce fond serait mis à la disposition des compagnies d’autobus afin de leur permettre d’éviter une révision du ticket d’autobus tous les trois mois. Depuis, aucune annonce officielle n’a été faite à ce sujet.

Il semblerait maintenant que les autorités aient opté pour la création du BCRA auquel seront reversés les dix sous additionnelles.Là où le bât blesse, c’est que le gouvernement ait décidé, pour alimenter ce compte, de puiser des poches des consommateurs, en prélevant dix sous pour chaque litre de carburant acheté. Du coup, les compagnies d’autobus sont doublement gagnantes : ils bénéficient d’une augmentation du ticket d’autobus et se retrouvent avec un nouveau compte pour leur venir en aide.Les consommateurs sauront-ils réagir?

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