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Resserrer les liens commerciaux avec l?Amérique
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Resserrer les liens commerciaux avec l?Amérique
Tout chez Mary Anne Philips indique la discrétion. A commencer par la décoration de son étude qui est minimaliste: une plante verte en pot, des galets, et une peinture chinoise particulièrement colorée sur un mur. Une sobriété que l?on retrouve dans son tailleur pantalon pied de poule, de même que dans le choix de ses bijoux qui se résument à des perles au cou et aux oreilles, une bague, un bracelet et une chaîne en or.
Si cette «smart lady», comme diraient les Américains, n?aime pas parler d?elle, c?est tout bonnement parce qu?elle tient à compartimenter ses vies. «J?aime qu?il y ait une démarcation entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Et je ne vois aucune utilité de parler de moi», réplique-t-elle, cherchant à continuellement ramener le débat à l?American Chamber of Commerce (AMCHAM).
Il faut savoir que cette Curepipienne a fait ses études secondaires, filière classique, au collège Lorette de sa ville et que, durant cette période, elle a engrangé les prix de l?Alliance française. Tout comme elle prend plaisir à participer aux débats. Elle s?intéresse aussi à la chose politique. Il faut dire que la période est propice à cela, c?est-à-dire au milieu des années 70. Tout naturellement, elle se dirige vers le droit. C?est à l?université de la Réunion qu?elle étudie et obtient sa maîtrise en droit constitutionnel et administratif.
Comme elle ne veut pas pratiquer au barreau, elle prend, à son retour à Maurice, un poste de responsable du département légal au sein du groupe Banque Nationale de Paris intercontinentale où elle se familiarise à l?univers bancaire avec ses montages de dossiers et ses analyses financières. Après quelques années, elle se joint à une société - un partenariat franco-suisse - où elle agit en tant que directrice financière. Poste qui lui permet d?avoir une vision plus globale de l?entreprise.
C?est feu l?avocat Edwin Venchard qui la ramène sur le chemin du droit. Suivant ses conseils, elle prend des cours et passe l?examen qui va lui permettre d?exercer comme avoué. A la fin de son apprentissage, elle se joint à une firme légale où elle acquiert l?expérience voulue, avant d?ouvrir son étude en 1999.
Si, au début, Mary Anne Philips touche à tous les domaines de la profession d?avoué, au fil de sa clientèle, elle se spécialise en droit commercial et en droit des affaires, de même que dans tout ce qui a trait à la propriété intellectuelle. C?est justement ce dernier domaine qui la met en contact avec l?AMCHAM, créée dans le sillage de l?African Growth and Opportunity Act (AGOA). Elle est invitée à assister à une causerie sur le sujet et s?y rend.
Intéressée par la Chambre en raison du fait que c?est le plus gros réseau d?hommes d?affaires et de professionnels au monde avec 5 millions de membres présents dans 99 pays, elle commence par écrire des articles sur la propriété intellectuelle pour le compte du bulletin de l?AMCHAM.
Y prenant goût, elle s?engage plus avant et elle est cooptée sur le conseil d?administration. Cette année, on lui demande de prendre la présidence et bien que Mary Anne Philips ait horreur de se mettre en avant, elle accepte.
Si elle le fait, c?est parce qu?elle croit fermement que l?AMCHAM a un potentiel énorme pour ses membres qui sont à Maurice dénombrés à 150. «Les membres peuvent se servir de l?AMCHAM non seulement pour accéder au marché américain mais aussi au marché global, à savoir tous les marchés où l?AMCHAM a une présence dans le monde», soutient-elle fermement.
<I>«Les membres peuvent se servir de l?AMCHAM non seulement pour accéder au marché américain mais aussi au marché global, à savoir tous les marchés où l?AMCHAM a une présence dans le monde»</I>
Le hic est que beaucoup de Mauriciens croient, «à tort», précise-t-elle, que ce réseau ne s?intéresse qu?au textile. «A Maurice, on a tendance à focaliser sur le textile. Or, l?AGOA, c?est 6 000 produits pouvant accéder au marché américain.» Pour dissiper les doutes à ce propos et inciter les hommes d?affaires et les professionnels à découvrir le potentiel de l?AMCHAM, la nouvelle présidente et son exécutif travaillent sur l?impression d?une brochure à leur intention, de même qu?à leurs homologues membres de l?AMCHAM à l?étranger. «Je suis convaincue que l?AMCHAM peut servir de débouché aux produits mauriciens et être un créneau pour les importateurs mauriciens. De ce fait, les gens doivent savoir qu?il y a un AMCHAM à Maurice et qu?il peut servir de tremplin dans un sens comme dans l?autre.»
Une des particularités de l?AMCHAM est aussi la tenue de déjeuners d?affaires avec un intervenant principal pour parler d?un sujet d?actualité. Le dernier invité en date était l?économiste Pierre Dinan. Le prochain déjeuner d?affaires aura lieu le 25 septembre et aura pour animateurs Jean Pierre Hardy, coordonnateur du projet Maurice îIe durable et Khalil Elahee, chargé de cours à l?Université de Maurice. La veille, l?AMCHAM recevra pour une causerie à Plantation House, Scott Sindelar, ministre conseiller américain, en quête d?éventuels partenaires d?affaires mauriciens.
Mais l?AMCHAM ne vit pas que pour les affaires. Elle fait aussi des actions caritatives ponctuelles. Cette année, Mary Anne Philips et son conseil d?administration ont misé sur un projet de responsabilité sociale qui est d?organiser une collecte de fonds pour aménager des médiathèques à l?intention des enfants vivant dans les faubourgs de Port-Louis. «Nous voulons promouvoir l?anglais auprès des enfants défavorisés. Ce sera apprendre l?anglais par l?anglais. Nous sommes en pourparlers avec les organisations qui sont sur le terrain», explique l?avoué qui a une conscience citoyenne très aiguisée. Cette collecte de fonds pour financer ce projet aura lieu fin octobre, début novembre.
Pour dynamiser la Chambre, Mary Anne Philips et son exécutif ont institué deux sous-comités : l?un axé sur les évènements et l?autre sur les relations publiques. «Cela permet aux membres de s?engager dans des domaines où ils se sentent plus à l?aise. Et ils le font.» Dans la foulée, elle espère que l?AMCHAM pourra brasser plus large et attirer dans ses filets une cinquantaine de nouveaux membres. «Je crois dans l?enrichissement mutuel et dans la génération d?idées nouvelles. A terme, il faut que l?AMCHAM devienne l?interface entre les opérateurs locaux et le réseau d?AMCHAM international. Durant mon mandat, je ferai tout pour pousser l?AMCHAM sous les projecteurs». En tous cas, c?est bien parti?
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