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Recherche d?authenticité pour l?horloge de Saint-François d?Assise
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Recherche d?authenticité pour l?horloge de Saint-François d?Assise
On se serait cru au chevet d?un grand malade mardi dans la cour de l?église de St.-François d?Assise à Pamplemousses. Le père Henri Souchon est en grand conciliabule avec les ouvriers de la General Construction. Depuis plus d?un mois déjà, il gère la rénovation de l?église. Ce matin, il discute des soins à apporter à ce grand malade : l?horloge mécanique de l?église.
Aussi vieille que l?édifice, soit d?au moins 254 ans, elle ne fonctionne plus depuis longtemps. Sa mécanique interne qu?on remontait quotidiennement à la manivelle autrefois, est complètement rouillée. Sur son cadran en granit, légèrement abîmé par les ouvriers lors de son désencadrement, les aiguilles en fer forgé semblent figées depuis des temps immémoriaux.
En sollicitant l?Amicale Maurice-France pour l?aider dans la rénovation, le père Souchon était loin de se douter que, grâce à Gérard Maujean, il bénéficierait de l?expertise du maître horloger de Parme en Italie, Renato Margariteli. Ce dernier est en vacances à Maurice.
Denis et Gérard Maujean représentent l?Amicale Maurice-France. Lucien agit, de son côté, comme traducteur pour le compte de Renato Margaritelli. Le fils de ce dernier est propriétaire des boutiques Madison et a épousé Isabelle Maujean, fille de Gérard.
Pièces rouillées
Pour le maître horloger italien, les axes et les autres pièces de l?horloge n?ont pas été huilées depuis des années. Il estime qu?il faudra donc beaucoup de peine et de compétences pour que l?horloge soit remise en état.
Sollicitée par le père Souchon, l?ambassade de France a, de son côté, délégué Kirsley Bagwan de Service BT Ltd. Cette entreprise basée à Phoenix, représente Bodet, horloger français de renom dont les affaires remontent à 1868. Kirsley Bagwan a pris des photos qui seront expédiées à l?agence Bodet à La Réunion qui dispose de l?expertise voulue pour évaluer les dégâts. D?ici deux semaines, un technicien réunionnais sera délégué à Maurice pour un constat physique et pour effectuer des recommandations.
De son côté, Renato Margaritelli fera aussi ses recommandations. Il est possible que les experts optent pour une combinaison de la mécanique et l?électronique. Mais, à ce stade, rien n?est encore fixé.
En attendant, les pièces mécaniques rouillées qui pèsent près de 70 kilos ont été expédiées à la sucrerie de Belle-Vue. Elles seront nettoyées et huilées pour retrouver leur lustre d?antan.
Pour le père Souchon, il faut avant tout que l?horloge retrouve son authenticité. Il ne voudrait donc pas qu?on y ajoute un carillon. «On aurait pu commander une horloge neuve. Elle aurait coûté dix fois moins mais n?aurait pas eu la même valeur. Celle-ci est inestimable. Dans la mesure du possible, nous tenterons de la restaurer en la gardant telle quelle.» Belle façon de montrer aux Mauriciens que le patrimoine est sacré.
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