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Ramesh Basant Roi, «des réalisations parfois mal comprises»

29 décembre 2006, 20:00

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Une sortie la tête haute et le sentiment du devoir accompli. C?est du moins l?impression que projette le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, durant sa dernière journée au bureau. Il a de nombreuses raisons d?être satisfait, mais aussi des regrets d?avoir été, dit-il, l?objet d?attaques injustifiées dans le public. Sans oublier les grosses turbulences du scandale MCB-NPF.

<B>Une vingtaine de directives émises</B>

Ramesh Basant Roi quitte son poste officiellement demain. Il a fait un bilan de ses réalisations lors d?une conférence de presse hier au quartier général de la banque. Après huit années passées à la tête de l?institution, il affirme laisser derrière lui des réserves en monnaies étrangères solides, un système bancaire robuste, une politique monétaire performante et transparente, un nouvel encadrement institutionnel, opérationnel pour la Banque de Maurice et un nouveau quartier général pour la banque.

«La période 1999 à 2006 a vu le plus faible taux d?inflation annuel en moyenne depuis 1970», dit-il en mettant en exergue les résultats obtenus par sa politique monétaire. «La politique des taux d?intérêts élevés n?a pas seulement prévenu l?exode des capitaux, mais a aussi encouragé l?entrée de fonds dans le pays.»

Les taux d?intérêt élevés pratiqués ont encouragé l?épargne domestique de même que la performance de la balance extérieure. «Pour la première fois de l?histoire du pays, la balance des paiements a enregistré des surplus pendant quatre années de suite en l?occurrence de 2000-2001 à 2003-2004», fait-il ressortir.

Un nouveau cadre de la politique monétaire a vu le jour récemment avec le remplacement du taux Lombard par le Repo Rate comme le taux directeur sur le marché. Ce changement favorisera unegestion plus agressive du système monétaire.

Ramesh Basant Roi a aussi été à l?origine de plusieurs initiatives visant à consolider le système financier. La Banque centrale a émis dans ce sens une vingtaine de directives aux banques commerciales. «La régulation et la supervision du secteur bancaire ont connu des changements considérables. Nous avons mis beaucoup d?accent sur la qualité des bilans financiers des banques. Celles-ci ont fait des efforts considérables pour réduire le niveau de leurs prêts non performants», indique le gouverneur sortant.

Celui-ci explique que c?est le résultat des inspections plus régulières dans des banques et autres agences de dépôts. «Le secteur bancaire à Maurice demeure robuste malgré les conditions économiques difficiles».

<B>Grosses secousses dans la finance</B>

Le passage de Ramesh Basant Roi à la direction de la Banque de Maurice a aussi été marqué par l?introduction de nouvelles lois pour rehausser l?environnement institutionnel et juridique de la Banque centrale. «Nous étions en train d?opé-rer dans un système archaïque jusqu?à 2004. Nous avons adopté les mesures nécessaires pour ne pas être devancé par le marché.»

Ramesh Basant Roi se réjouit également d?avoir encouragé, dit-il, de nouvelles pratiques parmi les opérateurs économiques. La Banque centrale a beaucoup contribué à bâtir des compétences dans le domaine de la gestion des trésoreries. «Nous leur avons expliqué qu?ils (les opérateurs) peuvent se faire de l?argent à travers les opérations de change.»

Pour le patron de la Banque centrale, la politique monétaire a plus de chances de réussir ses objectifs si les opérateurs opèrent de manière plus efficiente.

Mais les années Basant Roi ont aussi été témoin des grosses secousses sur la place financière. Au début de son mandat, il a eu à gérer l?af-faire Delphis Bank avec les déboires de l?homme d?affaires international, Ketan Somaia qui était le principal actionnaire de la banque.

Il y a eu en 2003, la mega-fraude à la Mauritius Commercial Bank (MCB) concernant les dépôts de la National Pension Fund (NPF). Le régulateur a été mis à rude épreuve avec ce scandale. «Nous avons su éviter une crise systémique sur l?ensemble du secteur bancaire. Il fallait agir avec discernement car la MCB est la plus grande banque du pays. Celle-ci a réalisé depuis beaucoup de progrès», déclarele gouverneur.

Ramesh Basant Roi a aussi eu à gérer des problèmes de contrôle de l?actionnariat au niveau de certaines banques à savoir la First City Bank etla Indian Ocean International Bank.

Face à ces turbulences, le gouverneur sera attaqué dans plusieurs milieux. «J?ai fait l?objet d?attaques injustifiées. Les gens ont été très injustes envers moi» déplore-t-il.

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