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Rama Sithanen : ?Mention passable décernée par le FMI?

12 octobre 2006, 00:00

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Le Fonds monétaire international (FMI) est satisfait de la démarche de rupture du modèle économique, mais insiste sur la mise en ?uvre rapide des réformes. C?est ce qui ressort d?un document que l?institution a rendu public hier. Sollicité pour un commentaire, le ministre des Finances, Rama Sithanen, a déclaré que Maurice a reçu une ?mention passable? pour la conduite de ses réformes.

Ce rapport était très attendu dans les milieux officiels car il déterminera l?attitude des bailleurs de fonds à qui Maurice s?adressera pour financer la restructuration de son économie. ?Nous avons besoin de 4 milliards d?euros sur 10 ans. La moitié de cette somme proviendra des bailleurs de fonds?, explique Rama Sithanen.

Les experts du FMI ont examiné et commenté les différentes initiatives de réformes dans plusieurs secteurs. Leurs appréciations des projets et de la capacité des dirigeants à les mettre en ?uvre dans les délais nécessaires seront utilisées par les agences de financement internationales vers lesquelles Maurice se tournera pour des prêts.

Toute hésitation de la part du gouvernement à mettre en ?uvre des réformes qu?il a lui-même conçues pourra porter préjudice à notre quête pour des fonds sous l?Aid For Trade. Déjà, les tergiversations au sujet des solutions au problème du transport et de congestion routière inquiètent plus d?un à l?Hôtel du gouvernement, surtout par rapport à la crédibilité du pays auprès des institutions concernées.

Les auteurs du rapport ont étudié les changements en profondeur apportés au système fiscal. Ils suggèrent davantage d?efforts sur le moyen terme pour réaliser les objectifs de la réduction du déficit budgétaire et de la dette publique.

?Agir pour réduire le déficit budgétaire?

?Je suis tenaillé entre deux exigences. D?un côté il y a des stakeholders qui jugent qu?il y a trop de réformes, et de l?autre on voit que les spécialistes estiment qu?il n?y en a pas assez?, déclare le ministre Sithanen. Il dit noter que le FMI rejoint l?analyse du gouvernement selon laquelle il faut diminuer les dépenses publiques et procéder à un ajustement fiscal. ?Le FMI met l?accent sur le fait qu?il faut agir pour réduire le déficit budgétaire et la dette de l?Etat.?

Dans son rapport, le FMI évoque trois risques auxquels le pays aurait à faire face. Premièrement, il craint que nous n?arrivions pas à appliquer les réformes parce que nous n?en avons pas les capacités. Deuxièmement, il prévient contre une éventuelle inflexion du gouvernement à la suite de pressions populistes. Troisièmement, il met en garde contre le report des décisions à une date ultérieure car la situation sociale irait alors en se détériorant.

Les analystes du FMI pensent que l?érosion des préférences commerciales dans le sucre et le textile et le déficit fiscal sont les deux principaux cancers de l?économie. Ils estiment que la politique de rupture est cependant un bon point de départ pour affronter les défis. ?La stratégie de réforme globale reconnaît la nécessité pour un changement radical. Nous sommes réconfortés par la forte volonté de réforme au plus haut niveau du gouvernement?, écrit le rapport.

Le document passe en revue les grandes initiatives du gouvernement sur les différents fronts : consolidation fiscale, amélioration du climat d?affaires, prospection des investissements étrangers et restructuration du modèle de croissance. Le FMI s?est également penché sur les réformes du marché du travail ainsi que sur le processus de libéralisation des tarifs douaniers.

Il sera important de maintenir les dépenses dans les limites de l?enveloppe budgétaire, soutient le FMI. Sans des efforts additionnels le déficit budgétaire restera autour de 4,5 % du produit intérieur brut (PIB) pour les cinq prochaines années. L?on ne pourra s?attendre en conséquence à une baisse sensible de la dette publique par rapport au PIB.

Les économistes du FMI craignent que le déficit et la dette élevés n?accentuent la pression sur les taux d?intérêt à Maurice avec pour résultat des effets néfastes sur l?investissement privé.

Concernant la nouvelle stratégie de croissance, le rapport préconise des réformes additionnelles en vue de réduire les risques macroéconomiques. ?En l?absence de réformes additionnelles, nous prévoyons que le taux de croissance réelle du PIB tournera autour de 3,5 % pour les prochaines années.?

Le FMI estime toutefois que la décision d?apporter plus de flexibilité au marché de l?emploi et plus de souplesse au système de rémunération aidera la restructuration de l?économie. Face à la perte de compétitivité, il recommande des améliorations à la productivité ainsi qu?une politique salariale plus tempérée.

La restructuration dépend également d?un climat économique prévisible. Le FMI préconise plus de transparence dans la politique monétaire à travers de nouvelles initiatives telles des annonces à intervalle régulier des mesures monétaires.

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