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Qui est le général Boonyaratkalin ?
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Qui est le général Boonyaratkalin ?
Il y a six mois, le chef de l?armée thaïlandaise, le général Sondhi Boonya-ratkalin, musulman considéré comme proche du roi, affirmait que les coups d?État militaires appartenaient « au passé », et que les problèmes politiques devaient être résolus par les hommes politiques. Mais le 20 septembre, après avoir renversé le Premier ministre Thaksin Shinawatra, il a jugé que ce geste était nécessaire pour sortir de la crise politique et apaiser les tensions croissantes dans la société.
Thaksin avait nommé Sondhi, 59 ans, à son poste l?année dernière, espérant que celui qui est ainsi devenu le premier musulman aux commandes de l?armée d?une Thaïlande majoritairement bouddhiste puisse aider à juguler l?insurrection musulmane dans le sud du pays.
Fils de militaire, Sondhi a prôné une approche pacifique de l?insurrection séparatiste dans le sud, appelant récemment à des négociations plutôt qu?à la confrontation militaire. Auparavant, la politique de la main de fer de Thaksin dans les provinces musulmanes du sud avait échoué à juguler la violence, qui a fait plus de 1 700 morts depuis début 2004.
Ancien chef des unités chargées de la guerre spéciale, Sondhi a participé à la guerre du Vietnam. Lors de sa nomination, il avait promis de faire de l?armée royale « l?armée du peuple », et de réussir à en faire aimer les soldats.
À l?époque des manifestations de masse anti-Thaksin, il avait gardé profil bas et balayé à maintes reprises les rumeurs de coups d?État. Et ce, encore pas plus tard que la semaine dernière. « La situation en est-elle arrivée là ? Non. Il y a toujours moyen d?avancer par les voies démocratiques », disait-il alors qu?on l?interrogeait sur l?éventualité d?un putsch. « Nous devrions cesser d?en parler. C?est impossible. »
Les interrogations demeurent donc encore sur ce qui a déclenché le coup d?État de mardi, Sondhi affirmant avoir agi pour le « retour à la normale et à l?harmonie » et n?avoir aucune intention de prendre le pouvoir pour de bon, mais de le rendre au peuple « aussi vite que possible ».
Sondhi est considéré comme un proche du roi Bhumibol Adulyadej, révéré par les Thaïlandais et mécontent de Thaksin. « La situation dans le pays cause de grandes souffrances à Sa Majesté », déclarait Sondhi en mai. « S?il y a quoi que ce soit que moi ou l?armée pouvons faire pour le pays, je suis prêt à le faire car je suis un soldat aux ordres du roi. »
© Le Nouvel Observateur
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