Publicité

Questions à?Ashwini Kakkar

4 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

? Opérer un bureau de change n?est pas forcément l?activité la plus lucrative. Pourtant, Thomas Cook en ouvre un cinquième dans l?île aujourd?hui?

Un bureau de change travaille avec une petite marge de profit. C?est donc le volume de transactions qui détermine notre rentabilité. Thomas Cook opère à Maurice depuis quatre ans. Nous ouvrons une sixième succursale à Flic-en-Flac dans trois mois, preuve que pour nous, ce créneau reste porteur. Nous pensons réaliser un chiffre d?affaires de Rs 2 milliards cette année.

? Comment expliquez-vous votre succès ?

Thomas Cook est un label international de confiance. Il n?y a pas que le service aux voyageurs. Nous sommes aussi le premier fournisseur en devises aux banques. Nous offrons un service complet d?exportation et d?importation de devises au secteur des affaires du pays. Nous sommes comme une banque, la seule différence étant que nous n?acceptons pas de dépôt. C?est d?ailleurs le statut que nous avons en Inde.

? C?est bien plus qu?un simple bureau de change qui sera inauguré cet après-midi à la Rue de l?Intendance...

Thomas Cook est bien plus qu?un agent de change. Le groupe offre une gamme complète de services liés au voyage : hébergement, transport aérien, réceptif? Aujourd?hui nous inaugurons nos activités en tant qu?agent pour Lufthansa et Condor. Nous sommes leur General Sales Agent. Cela marque le début d?une participation plus active de notre part dans l?industrie du tourisme à Maurice.

? Vous devenez le premier voyagiste international à opérer à partir de Maurice. Comment avez vous vaincu la résistance des conservateurs ?

C?est normal que les opérateurs locaux résistent à notre arrivée. Cependant, un grand groupe comme Thomas Cook est en mesure de faire beaucoup de bien à la destination et toute l?industrie en profitera. Les autorités mauriciennes en sont conscientes. C?est d?ailleurs avec leur encouragement que nous sommes venus. Nous allons à présent faire de Maurice notre Regional Headquarter pour la région riveraine de l?océan Indien.

? Quelle est la présence de Thomas Cook dans la région ?

La région, pour nous, s?étend de Singapour à Egypte et couvre 33 pays. Elle tombe actuellement sous la juridiction de la filiale indienne de Thomas Cook. Nous opérons uniquement des bureaux de change dans les pays riverains de l?océan Indien. Maurice sera notre fer de lance pour intégrer et développer le marché touristique. Nous sommes en discussions avec les autorités pour acquérir un terrain dans la région d?Ebène-Quatre Bornes. Nous y construirons le siège social de Thomas Cook (Mauritius) Ltd, la holding sous laquelle opéreront les filiales Operations et Travel Services.

? Vous venez à Maurice à un moment où les indicateurs pour le tourisme pointent à la stagnation. Quelle est votre analyse ?

Eh bien, nous allouons à Maurice un de nos plus prestigieux labels. C?est dire la confiance que nous avons en cette destination. Le groupe Thomas Cook gère 33 labels qui lui permettent de segmenter le marché pour mieux l?exploiter. Le label Thomas Cook s?adresse à une clientèle haut de gamme et moyenne gamme (couche supérieure). De fait, nous venons soutenir le positionnement de Maurice dans ce créneau.

? Ce positionnement est de plus en plus remis en question ces temps-ci. Qu?en pensez-vous ?

La destination n?est pas encore prête pour le haut de gamme. L?offre mauricienne devra être sensiblement étoffée. Ce n?est pas que les hôtels mais le pays entier devra respirer le luxe. On devra amener ici des signes extérieurs de luxe comme les grandes griffes en matière d?habillement, de bijoux et de voitures. Le personnel devra être formé pour traiter avec ce type de client très exigeant. Il devra, par exemple, parler plusieurs langues, avoir une bonne culture générale? Nous avons eu quelques difficultés à trouver des personnes avec une formation universitaire pour ce type de ?grooming?.

? Qu?est-ce que Thomas Cook propose d?amener à l?industrie ?

D?abord, une puissante capacité de marketing. Si les arrivées stagnent à Maurice, c?est peut-être parce que les opérateurs traditionnels commencent à s?essouffler. Le marketing aujourd?hui requiert des idées innovantes et des fonds conséquents qui, il faut le reconnaître, font défaut à Maurice présentement. Le marketing, c?est aussi le choix stratégique des partenaires qui vous donnent la réplique à l?autre bout. Thomas Cook est en pleine expansion au niveau clientèle. Le groupe transfère en moyenne 14 millions de voyageurs par an. Si nous pouvons attirer ne serait-ce qu?un pour cent de cette clientèle vers Maurice, nous aurons gagné notre pari.

? Thomas Cook est aussi un spécialiste des packages ?all-inclusive?. C?est la stratégie qui sera appliquée ici ?

Pas nécessairement. Nous ferons également du sur mesure. Mais il est vrai que les clients préfèrent de plus en plus les packages all-inclusive, surtout s?ils viennent pour des courts séjours. Nous contrôlons 276 000 chambres à travers le monde. Nous possédons 80 avions. Il faut dire que nous avons les moyens de nos ambitions. Ceci dit, nous n?avons aucun projet d?hôtels à Maurice pour le moment.

? Vous allez vous concentrer sur les marchés traditionnels ?

Nous allons continuer à travailler l?Europe et développer le marché indien. La Chine est un peu éloignée géographiquement et il n?existe pas de vol direct pour le moment. Contrairement à ce qu?on pense généralement, Maurice a des atouts encore méconnus ou inconnus des Indiens. Le volcan, le lagon, les coraux? Toutes ces choses ne sont pas disponibles en Inde et il y a une clientèle pour elles.

? Un autre facteur dissuasif est le coût relativement élevé du transfert à l?intérieur de l?Inde?

Ceci ne devrait pas être un problème pour le type de client ciblé. Du reste, il y a des vols directs à partir de Mumbai, Delhi et Chennai. Ces cités comptent respectivement 15 millions, 12 millions et 11 millions d?habitants. A-t-on besoin d?aller chercher les voyageurs dans l?Inde profonde ?

Propos recueillis par : Shyama SOONDUR

Publicité