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Questions à Suzette Khosaly

12 mars 2007, 00:00

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● Des cours de civisme et de citoyenneté sont inexistants au programme scolaire. Comment procédez-vous pour en inculquer les premières notions à vos élèves ?

Je ne dirai pas que des cours traitant des sujets aussi importants soient inexistants dans les programmes scolaires. Nous abordons ces thèmes dans nos textes en histoire-géographie en 5e et 6e. Même les plus petits y sont exposés. Les enseignants se font un devoir d?inculquer toutes ces valeurs à travers les matières qu?ils enseignent.

● Sont-ils réceptifs à ces rudiments d?éducation à la citoyenneté ?

Ils réagissent très positivement. L?élève sait que c?est bon pour lui, pour son voisin et pour tout le monde. Ici, à Emmanuel Anquetil, on ne fait pas la course aux A+. C?est le développement intégral de l?enfant qui prime. On voit le changement dans leur attitude après tel ou tel débat. Ce sont eux qui en redemandent. Pour l?anecdote, j?ai récemment abordé la notion du respect à l?occasion de la Journée internationale de la femme. Je n?ai cependant pas pu dispenser les cours de mathématiques. Ils m?ont répondu : ?Miss, ça aussi c?est important.?

● Pensez-vous qu?il est de votre ressort ou de celui des parents de faire l?éducation civique de l?enfant ?

L?éducation civique commence à la maison. Mais tous les parents ne sont pas formés à enseigner. Les instituteurs sont là pour pallier cela à travers des histoires et des dessins. En somme, tout le monde doit s?y mettre : parent, professeur et toute la communauté tant dans les églises, les mosquées ou les temples. Cet élan civique et patriotique doit partir des différentes localités pour gagner le pays tout entier.

●Les enfants ont-ils changé au fil des années? Sont-ils aujourd?hui plus individualistes ou ce sentiment d?appartenir à une seule et même nation perdure ?

Il y a dix ans, les enfants étaient tels qu?ils sont aujourd?hui. Le problème se pose plutôt en fonction des étapes de leur vie. Pendant mes 15 années d?expérience, j?ai connu cinq écoles différentes. Et je peux dire qu?en primaire, les élèves respirent et vivent en tant que Mauriciens indépendamment de leur statut social ou religieux. Ils sont véritablement authentiques et sincères et s?entraident beaucoup. Mais tout se gâte à l?après-primaire.

Propos recueillis par P. D.

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