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Questions à Soodursun Jugessur
● Pensez-vous qu?il y a un décalage entre les formations proposées à l?université de Maurice et la demande du marché du travail ?
Non pas vraiment. Les cours sont proposés en fonction de la demande du marché. Nous avons une équipe qui est en contact avec les gens de l?industrie, du commerce et du service public. Nous essayons autant que possible de répondre à la demande du marché.
● Le secteur du ?seafood?, par exemple, est en nette expansion. Que prévoit l?université en matière de formation afin de pourvoir la main-d??uvre nécessaire à ce secteur ?
Dans ce domaine, nous avons effectivement une lacune que nous entendons combler. Nous voulons créer un département en science marine en partenariat avec des universités étrangères. Pour le moment, nous n?avons ni les enseignants compétents ni l?infrastructure nécessaire pour ce type de formation.
● La Compagnie mauricienne de textile (CMT) et Infinity ont passé des accords avec l?université pour la formation de leurs futurs employés. D?autres entreprises privées ont-elles fait la même démarche ?
Pour le moment, nous n?avons pas d?autres projets de ce genre et je le regrette. Le secteur privé ne s?intéresse pas suffisamment à l?université de Maurice. Dans d?autres pays, le secteur privé est très actif dans l?université. Par exemple, les travaux de recherche sont surtout financés par les entreprises privées. À Maurice, ce n?est pas encore le cas. Nous avons, par exemple, le projet de créer un institut de design avec le secteur privé. C?est ce type d?initiative dont nous avons besoin.
● Êtes-vous en train de dire que l?université de Maurice aura du mal à proposer des cours plus pointus sans le financement du secteur privé ?
L?université propose deux types de cours : des cours généraux et des cours plus pointus. Pour les cours spécialisés, nous avons effectivement besoin du financement des entreprises privées. Nous avons aussi besoin des particuliers susceptibles de nous aider. Je pense, par exemple, à d?anciens étudiants de l?université. Il serait intéressant d?avoir des fondations qui aideraient à financer le salaire des enseignants, qualifiés par exemple.
● Êtes-vous satisfait de l?ensemble des cours proposés à l?université ?
Oui, je le suis. Même s?il y a toujours du progrès à faire. Ce qu?il faut surtout changer, c?est le concept d?université dans la mentalité mauricienne. L?université doit devenir un lieu de vie, pas qu?une étape qui mène à un travail. Les étudiants doivent avoir un sentiment d?appartenance à cette université et doivent pouvoir en être fiers. L?environnement universitaire doit aussi valoriser les idées nouvelles et doit faire que ces idées contribuent au développement socioéconomique du pays.
Propos recueillis par Pouspam RAMSAMY
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