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Questions à? Aline Wong
? Depuis votre nomination au poste de commissaire des programmes pour l?Afrique des Femmes chefs d?entreprises mondiales, vous avez initié deux études. L?une sur l?absence des femmes au sein des conseils d?administration et la seconde sur la vie des femmes de la zone franche. Où en êtes-vous ?
Depuis que j?assume cette responsabilité, mon objectif a été de tenter de renforcer la capacité des femmes. J?ai eu l?idée de mener une étude sur les raisons de l?absence des femmes aux conseils d?administration. L?optique étant de créer un vivier de femmes pour les encourager à s?engager. Albert Diverse, consultant-expert en recherches, stratégies et développement à Genève mène cette étude. Il a animé deux ateliers de travail avec une centaine de femmes issues de divers secteurs.
Ses conclusions font voir que ce n?est pas une question de manque de qualifications. Les Mauriciennes sont généralement très qualifiées. Mais elles manquent d?informations sur les moyens d?accéder aux conseils d?administration et leur priorité est leur famille. Elles préfèrent rester sur des terrains familiers. Avec une formation sur la bonne gouvernance, sur ce qu?on attend d?un directeur de conseil d?administration et un réseau actif de femmes, la situation devrait se renverser. L?autre étude, menée par le sociologue Jean-Claude Lau, a porté sur 400 travailleuses de la zone franche dont des licenciées. Ces dernières éprouvent le sentiment d?avoir été utilisées et jetées à la poubelle. Celles encore employées ressentent une grande frayeur. Il faut voir comment répondre à ces souffrances.
? Nous sommes en plein ?Empowerment Year?. Croyez-vous en son impact ?
Le ministère de la Femme a prévu une série d?activités. Des associations de femmes également. Ce programme sensibilisera davantage les femmes à leurs rôles et leur fera prendre conscience qu?elles doivent avoir une participation plus active dans leur pays.
? Qui est derrière l?idée de la création d?un ?Women?s Forum? et où en êtes-vous avec sa constitution ?
C?est une initiative citoyenne car plusieurs femmes y ont pensé en même temps. Arianne Navarre-Marie, ministre de la Femme, y a songé comme un regroupement apolitique. J?y ai aussi pensé. Soroptimist International de Rose-Hill et Port-Louis, la Media Watch Organisation ont eu la même réflexion. Il est temps de se réveiller, d?être plus visibles. Le Women?s Forum est en formation. Ce sera le lobby de femmes. Cette plate-forme ne s?adresse pas qu?aux professionnelles. Toute femme qui a des idées, le souci de faire avancer le statut de la femme et de s?exprimer sur des questions citoyennes est bienvenue.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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