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Question à Georges Ah-Yan
<B>● Depuis longtemps vous vous opposez aux commerçants qui officient hors du marché de Mahébourg. Pour quelles raisons ? </B>
Inutile de vous rappeler que quatre marchés dans le district de Grand-Port-Savanne sont susceptibles de fermer car ils ne sont plus rentables. Entretenir un marché coûte très cher, entre 90 000 et 130 000 roupies par mois, à cause des frais d?électricité, des salaires des gardiens, des femmes de ménage... Pour compenser ces coûts, il faut donc que les commerçants payent une contribution d?environ 300 à 400 roupies.
Le problème est, qu?auparavant, beaucoup ne s?acquittaient pas de cet argent et préféraient vendre leurs produits à l?extérieur du marché. Ce qui est totalement injuste par rapport à ceux qui payent cette taxe. Et puis, ne pas verser 400 roupies par mois, c?est condamner le marché de Mahébourg à la disparition.
<B>● Le problème se pose donc aussi pour les clients ? </B>
Tout à fait, si le marché venait à disparaître, des milliers d?habitants de Mahébourg seraient obligés de parcourir des kilomètres pour se rendre au marché le plus proche. Et la situation risque de devenir de plus en plus compliquée avec l?augmentation du nombre de fermetures.
<B>● Quelles sont vos solutions pour contourner ces difficultés ? </B>
Il y a deux semaines, nous avons eu une réunion avec plusieurs responsables locaux et des policiers afin de les encourager à faire respecter le règlement : c?est-à-dire s?assurer qu?aucun marchand ne vende ses produits à l?extérieur du marché. Et pour ceux qu?ils le font toujours, leur demander de payer la taxe et d?intégrer l?enceinte du marché.
Car non seulement ces commerçants illégaux menacent à terme la survie du marché mais ils créent aussi beaucoup de problèmes de circulation en s?installant n?importe où. Le pire est que la plupart de ces marchands étaient protégés par certains ministres et députés qui laissaient faire sans rien dire.
Nous espérons que la réunion aura permis de changer les mentalités. En tout cas, elle semble déjà porter ses fruits. Alors que ces problèmes persistaient depuis une dizaine d?années, 90% d?entre eux ont été réglés en une semaine.
<B>● Votre autre cheval de bataille concerne la foire aux vêtements</B>
Oui. Là aussi nous faisons face à plusieurs problèmes car tous les lundis des gens affluent des quatre coins de l?île pour vendre leurs produits à Mahébourg. Et ce sont souvent des petites et moyennes entreprises de Port-Louis qui viennent écouler leur stock. Ce n?est pas normal. C?est de la concurrence déloyale pour les commerçants de la région.
En plus, ils sont dans les rues et les voitures ne peuvent plus accéder au bord de mer. Vous imaginez : si quelqu?un se noyait ou chutait ? Comment les secours feraient-ils pour accéder à la victime ? Il faut arrêter cela.
<B>● Là encore, que proposez-vous ? </B>
Nous souhaiterions que des inspecteurs passent dans le marché, non seulement pour être sûrs que les vendeurs payent leur taxe mais aussi pour vérifier leur patente prouvant que ces commerçants sont bien originaires de la région.
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