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Quand les usines font la chaîne

13 février 2007, 20:00

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Vieo Industries Ltd (VIL), située à Goodlands, a vingt partenaires industriels : quinze usines à Maurice et cinq à Madagascar. Ensemble, ils produiront des pull-overs à grande valeur ajoutée pour être exportés vers l’Europe et l’Afrique du Sud. L’opération dans le secteur textile découvre un nouveau mot : le partenariat.

Ce partenariat opère de façon différente. VIL n’est pas engagée dans toutes les différentes opérations de production. Elle prend les commandes des clients, et fait le design, le développement du modèle, le financement de l’achat des matières premières, le marketing et la finition du produit. Le tricotage et le maillage sont réalisés par les quinze usines.

En 2002, seulement deux usines étaient en partenariat avec VIL. Mais d’ici quelques mois deux autres devraient s’y joindre, amenant le nombre total à 17. Ces usines, des petites et moyennes entreprises, appartiennent à des entrepreneurs et opèrent de façon indépendante. Dans certains cas c’est VIL qui a aidé à leur formation. Environ 80 % de la production est réalisée par ces usines, et 20 % par VIL.

“Nous sommes obligés de travailler ensemble. Sans eux nous n’avons pas la capacité de production, et sans nous, elles n’ont pas les commandes. Nous sommes interdépendants. Nous avons construit un nouveau modèle pour un nouveau marché. C’est cela notre raison d’être”, dit Arif Currimjee, managing director de VIL.

Ancien président de la Mauritius Export Processing Zone Association et du Joint Economic Council, Arif Currimjee a travaillé quinze ans chez Bonair avant la fermeture de ce groupe de compagnies textiles.

“Nous sommes, ajoute-t-il, dans un marché niche de haute valeur ajoutée. Ce type de produits est toujours compétitif à Maurice. Nos concurrents ne sont ni la Chine ou le Bangladesh, mais l’Italie, la Turquie. Nous sommes dans un créneau haut de gamme pour de petites séries, et cela nous a permis d’évoluer positivement.”

Modèle alternatif aux grosses enterprises</B>

D’ailleurs le chiffre d’affaires de VIL et de ses partenaires est estimé à Rs 350 millions pour 2007, contre Rs 250 millions l’année dernière.

Selon Arif Currimjee, ce système de partenariat est nouveau à Maurice, mais existe en Italie, en Espagne et à Hong Kong, et dans d’autres pays où le coût de la main-d’œuvre est très élevé.

Ce partenariat a permis la création de 1 000 emplois au cours des quatre dernières années. VIL emploie 250 personnes et les 15 usines, 750. Les prévisions sont que la croissance au niveau de l’emploi se fera à un taux de 10 % annuellement au cours des prochaines années en fonction des capacités de production et de la stratégie de marketing.

La production textile du partenariat n’a cessé de grandir ces quatre dernières années. De 10 000 pièces de pulls, cachemires et autres, par mois, elle est passée à 35 000 pièces par mois. à Madagascar, où le même type de structure a été mis en place par VIL depuis l’année dernière, un millier de personnes sont employés. Ces usines à Madagascar appartiennent à des Mauriciens établis dans la Grande île depuis plusieurs années.

La production à Madagascar est considérée comme complémentaire à celle de Maurice. Elle va atteindre 40 000 pièces par mois sous peu. C’est surtout les commandes en volumes plus importants qui y sont traitées car les usines à Madagascar ont une plus grosse capacité de production.

“Nous espérons atteindre une production de 100 000 pièces par mois d’ici deux ans, pour Maurice et Madagascar. Mais notre objectif n’est pas nécessairement d’augmenter la production, mais de faire de la valeur ajoutée, d’avoir un meilleur prix de nos clients et de conquérir d’autres clients. Nous voulons encore monter en gamme au niveau des clients. C’est cela notre défi”, souligne Arif Currimjee.

Il estime que le futur de l’industrie du textile sera très polarisé, avec, d’une part, les grosses entreprises, comme Ciel Textile, le groupe Star Knitwear, et la Compagnie mauricienne de textile, qui sont verticalement intégrées, et d’autre part, les entreprises qui travaillent pour une petite clientèle.

“Nous proposons un modèle alternatif aux grosses entreprises. Nous sommes intégrés horizontalement car nous opérons en réseau.”

Selon Arif Currimjee, les clients de VIL s’abstiennent d’aller s’approvisionner en Chine ou au Bangladesh. Pour eux s’approvisionner dans ces pays ne constitue pas une option car leur but n’est pas d’acheter de gros volumes. Les clients de VIL ne considèrent pas le prix comme le facteur déterminant dans leurs achats. Car même le prix moyen des produits textiles de VIL et de ses partenaires est considéré comme “très élevé”.

“Ce qui est déterminant pour nos clients, c’est le style, le design, le service, la valeur ajoutée. Il y a un avenir pour ce type de niche au sein du marché”, fait ressortir Arif Currimjee.

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