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Quand le rire cède la place au désespoir
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Quand le rire cède la place au désespoir
Il est 10 heures à la Cour suprême. La porte de la cour d?assises numéro 4 est fermée. A l?intérieur, Antoine Chetty avec ses gardes du corps du Groupe d?Intervention de la police mauricienne et de l?Anti Drug and Smuggling Unit. Personne d?autre n?est admis. Les membres de la presse sont attroupés à l?extérieur sous l??il vigilant des policiers. Anju Lallah et la mère d?Antoine Chetty attendent fébrilement à l?extérieur.
Anju cache mal son angoisse. Elle la partage d?ailleurs : ?Je n?en peux plus ! Mon Dieu, je n?en peux plus !? Arrive Samad Goolamaully, qui peut difficilement se frayer un passage parmi les journalistes, nombreux, hier en cour. Il salue Anju. Cette dernière le lui rend bien et demande à voir Antoine. Me Goolamaully promet de faire son possible. On frappe à la porte qui reste fermée. ?Avocat?, hurle quelqu?un et comme Sésame, la porte s?ouvre. Tout doucement.
Les rumeurs que la presse pourrait ne pas être admise se font plus persistantes. Nous frappons une nouvelle fois. ?Taler ! Na pa fer mwa bouskil zot la?, lance un policier. C?est la colère chez des journalistes. Anju Lallah qui intercède en leur faveur. ?Lais zot rentre. Lais mwa rentre, lais mwa get Antoine?, crie-t-elle.
Autre réaction : celle de la mère d?Antoine Chetty. Mais la porte reste résolument fermée.
Rama Valayden, tout souriant, fait son entrée. ?Get enn kou Rama, zot pa le lais nou rentre?, s?écrie quelqu?un. ?Lais mo get Antoine?, ajoute Anju. Me Valayden promet de régler le problème. Ce qui sera vite fait.
Là, c?est la bousculade. Tout le monde essaye de trouver la meilleure place pour pouvoir entendre. Car tous se font un plaisir de murmurer en cour au lieu d?utiliser les microphones mis à leur disposition.
Antoine Chetty et ses hommes de loi ne sont pas dans le tribunal. Quand ils font leur entrée, Anju a les larmes aux yeux. ?Get mo bolom ta?, dit-elle avec attendrissement. Chetty cherche sa compagne des yeux. Clin d??il et un sourire. Cela suffit pour calmer Anju.
Un calme qui ne devait malheureusement pas durer. Dés l?annonce de la sentence, Anju laisse libre cours à ses larmes. Antoine Chetty, lui, est impassible. On apprendra par la suite qu?il est bouleversé, qu?il ne s?y attendait pas. Ses avocats d?ailleurs ne cachent pas leur déception. Avant d?être raccompagné en cellule pour purger sa peine de 12 ans de servitude pénale, Antoine fait signe à Anju. ?Demain?, lui murmure-t-il. Elle fait oui de la tête.
Anju Lallah a du mal à cacher sa détresse. ?Il a 47 ans, il en aura 60 quand il sortira. Mon Dieu, que vais-je devenir ?? s?interroge-t-elle. La question restera en suspens. Les gens se dispersent. Personne ne sait que dire. La souffrance, surtout quand elle est si vive, est difficile à voir?
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