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Pulse ou les fantômes du Net
<B>SYNOPSIS</B>
Josh Okmann se rend à l’université comme chaque jour. Mais cette fois, il a peur car il se sent poursuivi par des créatures étranges et immatérielles... Rattrapé dans la bibliothèque, il disparaît dans d’atroces souffrances. Basé sur un film japonais Kaïro bien dans la lignée des Ring et autres Grudge, stressant et terrifiant, Pulse n’en est hélas qu’une copie finalement pâlichonne qui en reprend la forme et les clichés (les sons, les fantômes) sans parvenir à en retirer la même frayeur...
Des images bleues, noires, tirant sur le glauque et le délavé, une psychologie de bazar et une filiation japonaise trop identifiable rendent Pulse très classique et en diminuent fortement l’originalité potentielle. Et si il est vrai que “l’épidémie” qui se répand dans toute la ville est une bonne trouvaille qui augmente le côté terrifiant, on regrettera que les jeunes interprètes ne soient pas non plus à la hauteur. Mattie, l’héroïne, interprétée par Kritsen Bell, sorte de sous compromis entre Naomi Watts et Sarah Michelle Gellar, ne parvient pas à rendre les situations plus crédibles ni plus effrayantes...
En projet depuis des lustres, voici enfin la version américaine de Kaïro. D’abord confié à Wes Craven encore crédité au scénario, Pulse a ensuite été remanié par les frères Weinstein, dont la déconfi-ture actuelle se confirme parfaitement ici. Pulse est en effet moins raté qu’entièrement décousu. La franchise de Kurosawa persiste, mais trouée par des aménagements de producteurs obsédés par le retour sur investissement. D'où la sensation d’un recopiage bancal auquel on greffe quelques motifs plus racoleurs, du grand guignol de fantômes meuglant à une simplification extrême du message originel érigée en thèse. “Ne restez plus seul”, c’était l’accroche de l’affiche japonaise qu’on pourrait tout à fait remplacer ici par “n’allez pas sur Internet” ou “balancez vos portables à la poubelle”. L’ouverture du film, focus ridicule sur l’addiction des étudiants aux nouvelles technologies, ne promet pas autre chose qu’une banale série B. Les fantômes du Net s’incrustent au campus et le déciment petit à petit.
Cependant, le plus pénible reste ce lien malade au film de Kurosawa. Entre quelques intermèdes bavards, Pulse case deux ou trois séquences troublantes de fidélité : le suicide d’une étudiante du haut d’un château d’eau, le crash d’un avion, etc. Troublantes, vraiment ? Non, car ce dispositif relève de la formule prisée actuellement dans la politique du remake, de Massacre à la tronçonneuse à La Colline a des yeux. Mais alors que ces deux derniers proposaient fièrement un dépassement de l’œuvre originale, Pulse n’en tire rien d’autre qu’une plate resue sans fascination particulière, sans une once de malice, au mieux customisée.
Du coup, le film s’apparente à un work-in-progress poussif, sorte de traduction simultanée bourrée de fautes et d’approximations. La tenue graphique, par exemple, dans l’ensemble séduisante et racée, mais aussi morcelée, fracturée. Il faut voir la transformation des personnages en fantômes passant en un changement de plan de jeunes rutilants à des zombies plastifiés. Non pas que les images soient proprement moches, mais leur ordonnance est si détraquée qu’il en dissout immédiatement l’impact.
Voilà le principal problème du film : ne pas trouver sa place, s’égarer entre deux tempos, proposer le néant comme substitut au dépouillement vénéneux de Kurosawa. Seule solution, le débordement de l’horreur froide par un déhanchement carnavalesque. Voir le finale, train fantôme du futur (parce que numérique) hystérique et informe, ou la surenchère d’effets ratatine le film et lui donne par défaut une contenance, un rythme. S’exciter tout seul, tel est la bouée de sauvetage de Jim Sonzero et des frères Weinstein. C’est assez pathétique.
Impressions</B>
■ Joël Soisson, l’un des producteurs de Pulse, évoque le parallèle entre la version américaine et le film d’origine : “Kaïro est une œuvre qui vous hante, à la fois mystérieuse et poétique. Nous avons beaucoup puisé dans le film original. Les Japonais excellent dans la retenue, même dans les films d’horreur. Mais quand ils décident de faire peur, et que l’on ne s’y attend pas, vous en avez le souffle coupé. Je pense que nous avons réussi à adapter ce parti pris dans Pulse. “Nous avons essayé de faire quelque chose de plus ambitieux et de plus effrayant, et je pense que ça fonctionne. Nous voulons vraiment vous faire bondir de votre siège !”Pulse, à l’instar du film original japonais, aborde le thème de la peur que nous éprouvons tous inconsciemment face à la technologie, sans cesse galopante.
Kristen Bell, l’actrice principale de la version américaine, explique : “Pulse soulève de nombreuses questions sur la technologie que nous utilisons, et nous interroge sur le fait que ce serait plutôt elle qui nous utilise. Une bonne part de cette technologie arrive à penser par elle-même, et ça, c’est réellement effrayant.”
Le réalisateur américain Wes Craven, à l’origine des sagas Freddy et Scream, fut un temps pressenti pour réaliser Pulse. Chose plutôt rare, la bande-annonce de Pulse contient quelques scènes... du film original dont elle est l’adaptation ! Ainsi, l’accident d’avion de Kaïro figure-t-il dans la bande-annonce du film américain, et d’ailleurs dans le remake lui-même.
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