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Promouvoir les langues à travers des unions parlantes

29 avril 2008, 00:00

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Tourner la clé. Comme on tournerait sept fois sa langue. Pour mieux parler. Et si on communiquait en tamoul, télougou et marathi, langues ancestrales venues du Tamil Nadu, d?Andhra Pradesh et du Maharastra ? Pour fleurir en terre mauricienne.

Pour aider à leur épanouissement, trois projets de loi seront présentés aujourd?hui en première lecture. Pour l?institution des Tamil Speaking Union, Telegu Speaking Union et Marathi Speaking Union.

Principe de ces ?unions parlantes? : faire la promotion de la langue, dans sa forme parlée et écrite à travers une série d?activités «éducatives, académiques, culturelles et artistiques». C?est d?ailleurs le libellé utilisé notamment dans le Marathi Speaking Union Bill. Un projet de loi qui propose ? comme objectif ? de mettre sur pied des programmes d?échanges, des bourses d?études, tout en établissant un réseau avec les autres locuteurs dans le monde.

La création de ces unions ? au-delà de la question linguistique ? relève aussi du coût financier de la culture. En effet, il faudra alors compter une dotation budgétaire à la fois pour les centres culturels et pour les unions.

Trois unions de ce type existent déjà. Pour la promotion de l?anglais, de l?hindi et de l?ourdou. La Hindi Speaking Union a reçu une subvention de Rs 2,7 millions dans le budget 2007-2008. Les projets de loi pour leur part prévoient que chaque membre s?acquitte d?un droit d?entrée et de frais mensuels tels que déterminés par le conseil exécutif de chaque union.

Pour ce qui est de leur mission, elle ressemble sur plusieurs points à celle des centres culturels. A son arrivée aux affaires, le présent gouvernement se déclarait, dans son discours-programme, contre ce concept de «parcellisation de la culture». Et affirmait vouloir mettre en place une nouvelle formule ? à la place des centres culturels ? qui restait à définir.

Depuis, certains centres culturels ont perdu leur conseil d?administration. Purement dissous. Le centre culturel télougou a un officer in charge, en la personne de Adinarain Hutchamah ; le centre tamoul est géré au jour le jour par Saraspadee Narain, elle aussi officer in charge. Et le centre marathi, est un bureau à la rue Surcouf à Quatre-Bornes, avec une secrétaire et un planton. Trois entités placées sous la responsabilité administrative du secrétaire permanent du ministère des Arts et de la Culture. C?est avec ces ressources amoindries que le centre tamoul propose des cours d?apprentissage de la langue pour adultes et enfants.

Balraj Narroo, président de la Mauritius Marathi Mandali Federation, explique que le projet initial de la fédération était d?accommoder le centre culturel dans ses locaux à Moka. En nous laissant comprendre que si ces locaux ont bien été construits, le démarrage du centre culturel dépend d?une décision éminemment politique. Il insiste aussi sur la nécessité d?avoir les compétences requises pour la propagation de la langue, tout en donnant pour exemple que sur quatre ans, une douzaine d?étudiants ont complété leur cours universitaire en marathi et qu?ils enseignent déjà dans les collèges. Ces diplômes sont offerts par l?université de Maurice conjointement avec le Mahatma Gandhi Institute.

Par ailleurs, trois autres Speaking Unions existent depuis près d?une vingtaine d?années. L?English Speaking Union d?abord, la Hindi Speaking Union ensuite en 1994 et plus récemment l?Urdu Speaking Union.

Coexistence de deux institutions</B>

Pour Ajamil Matabadal, président de la Hindi Speaking Union (créée en 1993 par sir Robin Ghurburrun récemment décédé), l?union a sa raison d?être parce qu?il n?y a pas de centre culturel hindi. S?il adhère à l?idée de créer une union pour la promotion de la langue, il est d?avis que la coexistence des deux institutions risque de faire double emploi.

Paradoxalement, la langue hindi semble être l?une des langues les mieux représentées à travers le pays, que ce soit par des organisations à but linguistique, culturel ou religieux. Tous oeuvrant pour la promotion de la langue et de la culture. Jugez plutôt. Le World Hindi Secretariat est désormais établi à Maurice. S?il s?occupe de la situation mondiale, il s?intéresse aussi à la question locale. Viennent ensuite la Hindi Speaking Union, le Hindi Pracharini Sabha et quantité d?institutions religieuses, telles l?Arya Sabha, le Hindu Maha Sabha? qui, elles, perçoivent des subsides en tant qu?entités religieuses.

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