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Promesses et « abandonnite » sociale

13 août 2006, 00:00

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Deux mois après la présentation du budget 2006-2007, nous sommes dans la phase de mise en place pour faire émerger un nouveau modèle de développement socio-économique. Une phase délicate et complexe qu?il convient de négocier avec de l?audace, tant dans la démarche et l?approche que dans les méthodes. Agissons vite pour empêcher que le sentiment « d?abandonnite » sociale ne se développe.

Tout le projet de société contenu dans le budget 2006-2007, qui vise un développement intégré, juste et durable, repose en grande partie sur une administration publique moderne, dynamique et efficace. Les concepteurs du budget 2006-2007 l?ont compris et misent sur la simplification des procédures pour en finir avec les lourdeurs et pesanteurs administratives qui bloquent les projets. C?est une nécessité vitale pour un pays à la recherche de nouveaux projets et investissements. En attendant que les fonctionnaires intègrent cette nouvelle donne dans leurs pratiques, l?équipe aux commandes de l'« Empowerment Programme » (EP) a une énorme responsabilité pour faire avancer les choses et pour montrer la voie.

L'« Empowerment Programme » ? instrument privilégié pour assurer la transition économique ? a le gros avantage de pouvoir opérer hors des organismes et institutions sclérosés. La philosophie de développement qui l?anime est celle visant une croissance de qualité, soit celle qui réconcilie l?économie et le social. De ce fait, l?EP est « l?espoir des pauvres », comme le dit son « Chairman », Jean-Claude de l?Estrac. Les membres de l?équipe de l?EP sont des « doers » et des « drivers », certains d?entre eux sont très au fait du monde des entreprises et d?autres, du secteur public. La forte dimension sociale de l?EP exige que tous ses membres fassent preuve d?imagination et d?innovation dans la conception, la démarche et les méthodes pour concrétiser le programme.

En raison de l?étendue et de la diversité de l?EP et du rôle pivot qu?il est appelé à jouer dans la nouvelle stratégie de développement, le « Steering Committee » ne peut être un comité comme les autres.

Il a une obligation de résultats rapides et concrets, tout en veillant à développer un plan d?action pour réaliser des objectifs précis à court, moyen et long termes. Sans « con-fondre vitesse et précipitation », on peut commencer à produire les premiers résultats probants d?ici six mois. Entre les généralités faites de savants « catchwords » et les pré-études précises pour ne pas « faire n?importe quoi », il faudrait surtout être « focused » sur les objectifs concrets pour les populations concernées.

Une démarche réaliste privilégiant l?approche parallèle à une approche séquentielle s?impose. Aussi, il n?est pas nécessaire d?attendre de disposer de bases de données sophistiquées qui permettraient de faire un « matching » pointu pour arrêter un solide programme de formation en vue de démarrer certaines initiatives de formation. On sait, par exemple, que dans les trois prochaines années, le développement hôtelier en cours dans la région de Bel Ombre-St Felix va créer 1 560 emplois directs, dont 250 serveurs, 300 employés de cuisine, 250 valets et près de 170 employés de la maintenance et de jardin. Le pays a besoin d?écoles hôtelières sur une base régionale. Le bon sens veut qu?il en faut dans le Sud, à l?Ouest, à l?Est et dans le Nord. En attendant que le « software » soit prêt, on peut déjà commencer à préparer le « hardware ».

Il en est de même pour les villages touristiques. Les lieux de forte concentration de structures d?accueil de touristes ? hôtels et bungalows ? et les bassins d?entrepreneurs et de potentiels entrepreneurs produisant pour le marché touristique, constituent les deux paramètres de base pour identifier les lieux d?implantation des villages touristiques. Avec comme « rational » un besoin d?intégration socio-spatiale au niveau national, ne serait-il pas logique de conclure que les villages touristiques devraient se trouver dans le voisinage des villages de Flacq, de Bel-Ombre, de Mahébourg, de Bambous et de Grand-Baie ?

Les membres du « Steering Committee » de l?EP ont tout à gagner en consacrant un peu de leur précieux temps pour écouter ceux qui ont déjà initié des projets concrets qui ont produit des résultats probants. Ces expériences en cours, dont celle d?Aline Wong, touchent, entre autres, la formation-employabilité, le développement de micro-entreprises et des projets pilotes avec des études rigoureuses sur le « maker-market-design link », demandent à être connues, comprises et analysées. C?est bien de petites pousses que proviennent les grands arbres. Il y a aussi des projets sociaux du privé qui sont sur le point d?être concrétisés. Ici encore, il suffirait de rencontres structurées avec à l?agenda des protocoles d?articulation complémentaire pour trouver les « plug in » correspondants aux projets précis.

Vivement que l?EP démarre concrètement dans les plus brefs délais pour éviter que le sentiment d?« abandonnite » sociale ne s?intensifie chez une partie de la population. Pour qui « promesse pas rempli ventre ».

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