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Progression vers l’annulation de la dette africaine
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Progression vers l’annulation de la dette africaine
George Bush et Tony Blair se sont déclarés cette semaine proches d’un accord sur un projet d’annulation de la totalité de la dette africaine, mais ne sont pas parvenus à s’entendre sur une proposition de Blair visant à augmenter l’aide à l’Afrique de manière spectaculaire. Lors d’une conférence de presse commune après leur entretien, le président américain et le Premier ministre britannique ont dit qu’ils espéraient présenter leur plan lors du sommet du Groupe des Huit le mois prochain à Gleneagles, en Ecosse. Les deux hommes ont souligné que seuls les pays qui éradiqueront la corruption en bénéficieraient.
“Je vois que nous avons une occasion fantastique à condition que les pays d’Afrique prennent les bonnes décisions. Personne ne veut donner d’argent à un pays qui est corrompu, où les dirigeants prennent l’argent et le mettent dans leur poche”, a déclaré Bush. “Nous sommes bien engagés sur la voie d’un accord” sur l’effacement de la dette africaine, a fait valoir Blair. Une fois que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne seront parvenus à une décision commune, “nous devrons obtenir l’accord des autres”, a-t-il ajouté.
Blair n’a toutefois pas réussi à rallier Bush à sa proposition d’accorder à l’Afrique jusqu’à 50 milliards de dollars (41 milliards d’euros) par an. L’idée est de s’engager sur une aide à long terme en permettant aux pays pauvres de lever des fonds sur les marchés mondiaux des capitaux. Blair n’a pas davantage obtenu de concession de Bush dans sa campagne en faveur de la réduction des émissions des gaz à effet de serre jugées responsables du réchauffement climatique. Bush a expliqué qu’il consacrait des millions de dollars dans la recherche sur les changements climatiques et prenait d’autres mesures pour traiter le problème.
“Nous voulons en savoir plus sur le sujet”, a dit Bush, qui avait rejeté le traité de Kyoto destiné à s’attaquer au problème peu après son arrivée à la Maison blanche. Blair a reconnu des divergences. “Je pense que tout le monde sait qu’il y a des approches différentes de ce problème”, a-t-il dit, insistant qu’il existait un “engagement commun” pour s’attaquer au problème.
Les deux alliés de la guerre en Irak ont rejeté ensemble un memo de juillet 2002 dans lequel un responsable des services d’espionnage britanniques avait déclaré que “des renseignements et des faits” avaient été arrangés par Washington et Londres pour justifier une intervention en Irak, huit mois avant l’invasion emmenée par les Etats-Unis. “Non, les faits n’ont pas été arrangés de quelque manière que ce soit”, a martelé Blair. Le memo avait été écrit avant que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne viennent solliciter le soutien des Nations unies dans leur offensive contre Saddam Hussein, a-t-il noté.
<B>Engagement de $ 675 m des Etats-Unis</B>
Blair et Bush ont pâti politiquement de leur décision de lancer la guerre en Irak sans un large soutien international et en l’absence d’armes de destruction massive. Concernant l’aide à l’Afrique, Bush s’est engagé à verser 674 millions de dollars (548 millions d’euros) pour lutter contre la famine en Ethiopie, en Erythrée et dans d’autres pays et Blair a promis 125 millions de dollars (102 millions d’euros) pour l’Ethiopie.
Blair a salué l’action de la star du rock irlandaise Bono: “Je l’admire. C’est un homme profond et au grand coeur qui est très préoccupé par le sort des populations pauvres sur le continent africain”. Un responsable de l’association caritative Oxfam a regretté que Washington se limite à 674 millions de dollars et souligné que l’Afrique avait besoin de plus que de bonnes paroles.
Les Objectifs du millénaire pour le développement signés sous l’égide de l’Onu prévoient que les pays riches contribuent à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. Blair a fait de l’aide à l’Afrique l’une des priorités de la présidence britannique du G8, à partir du 1er juillet.
“J’espère que nous pourrons conclure un accord lors de la réunion des ministres des Finances ce week-end, mais (un accord) qui comprenne l’effacement de 100 % de la dette et également l’engagement aux nouveaux financements nécessaires”, a-t-il dit. Dans le cadre de la préparation du sommet de Gleneagles, en juillet en Ecosse, le chef du gouvernement britannique s’est déjà entretenu avec le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, et il rencontrera prochainement le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand, Gerhard Schröder, et le président russe Vladimir Poutine.
<B>Steve HOLLAND Mike PEACOCK</B>
CONCERTS DE SOLIDARITÉ
<B>S’engager contre la pauvreté</B>
■ Dido, Annie Lennox, Travis, Texas et Youssou N’Dour monteront sur scène en Ecosse pour le sixième concert rock Live 8 destiné à inciter les dirigeants mondiaux à s’engager contre la pauvreté en Afrique lors du sommet du G8 en juillet, ont annoncé mardi les organisateurs. Bob Geldof, organisateur de Live 8, a programmé des concerts à Londres, Paris, Rome, Berlin et Philadelphie le 2 juillet afin d’exhorter les dirigeants du G8 à augmenter l’aide aux pays africains, annuler leur dette et lever les barrières commerciales qui les rendent moins compétitifs. Le sixième concert aura lieu quatre jours plus tard au stade Murrayfield d’Edimbourg, à une heure de route de Gleneagles où se réuniront le même jour les dirigeants du Groupe des Huit. Plusieurs artistes présents à Edimbourg participeront également aux concerts du 2 juillet aux côtés de stars comme Madonna, Sting, U2, Paul McCartney et Stevie Wonder.
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