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Productions indépendantes : Quand la pub divise
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Productions indépendantes : Quand la pub divise
Les producteurs indépendants d?émissions télévisées devront mettre la main à la poche. Selon la nouvelle formule de facturation de la publicité par la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), qui entrera en vigueur dès le 1er juillet 2008, les recettes provenant de la vente d?espaces publicitaires dans ces émissions seront prélevées à 60 % par la MBC et à 40 % pour les producteurs indépendants.
La MBC n?achète pas les émissions aux sociétés de production. A une exception près ? celle de Kel fami de Karavann Productions. Exemple de ce qui va se passer d?ici juillet, si un producteur réalise des recettes publicitaires de Rs 2 millions, il devra verser Rs 1,2 million à la MBC et se contenter des Rs 800 000 restantes.
«Il n?y a rien d?anormal à cela, il faut que la MBC puisse payer ses charges», commente Bijaye Madhou, directeur général (D.G.) de la MBC. Commentant cette nouvelle grille de facturation, il explique que, «au début, nous avons donné un coup de main aux producteurs indépendants, ils doivent maintenant devenir vraiment indépendants. L?aide a pris deux formes : la diffusion des émissions et les espaces publicitaires. La MBC doit avoir sa part. Depuis ces trois dernières années, la MBC qui est financièrement indépendante, n?a pas répercuté ses dépenses».
Cette grille tarifaire fait bondir les producteurs indépendants, même s?ils affirment ne pas avoir été informés de sa mise en place. Richard Hein de Independent Productions, qui signe Bonnto Klip, affirme être toujours dans le flou. «On nous a dit depuis novembre que cela allait changer en juillet, mais nous attendons toujours un courrier officiel nous informant de la situation.» Du coup, à la question, «est-ce que Bonnto Klip va continuer avec les nouvelles conditions à venir ?», Richard Hein répond, «Franchement, je ne peux pas vous dire». Et d?insister sur ses difficultés pour vendre son espace publicitaire. «Sur huit minutes, je ne vends que deux à trois minutes maximums. C?est un espace invendable.»
«Un coup de bâton»</B>
Odile Halbwachs de Très Pied Productions, qui propose Ki ti Kui entre autres, est formelle. «Je ne pourrai pas continuer à produire dans ces conditions, c?est condamner la production indépendante mauricienne.» Elle explique qu?au moment où les producteurs ont eu vent de cette décision, «nous avons réagi fortement. Je trouve difficile pour un producteur d?accepter la nouvelle position de la MBC, qui n?achète pas nos programmes. Nous les lui livrons gracieusement en échange d?espaces qui ont rarement la valeur des programmes. Avant c?était une win-win situation, cela nous permettait d?approvisionner la télévision en programmes divers et variés, si en plus nous devons payer pour le faire?Cela me paraît invraisemblable et pas viable. C?est extrêmement difficile pour nous d?exister dans le paysage télévisuel, on vient en plus nous donner un coup de bâton».
Hassen Rojoa, lui, affirme non seulement avoir tourné la page, mais «c?est un gros livre qui se referme». Ses trois émissions ? In ze car, Planet Bollywood et Mari Serye ont été enlevées de la grille depuis samedi. Justement à cause d?une somme avoisinant le million de roupies. Hassen Rojoa qui explique avoir deux sociétés, Copy Left qui produit les émissions et Calisto Entertainment qui s?occupe de la pub, déclare : «La MBC a confondu production et publicité.» Alors qu?à la télévision nationale, il se chuchote que c?est à cause de minutes de publicités en plus non comptabilisées.
Toujours est-il que ce producteur, qui «a d?autres chats à fouetter», explique que les 60 % prélevés par la MBC font que «la production indépendante revient à excessivement cher. Deux minutes de pub par émission ne suffisent pas à couvrir les frais». Désormais, Hassen Rojoa dit être en pourparler pour proposer Planet Bollywood sur le réseau de CanalSat. «On compte aussi monter une télévision sur Internet». Serait-ce la solution du futur ?
<B>Quand la pub paie</B>
■ Ali Mamode, directeur du marketing à la MBC explique que la révision de la formule «propose un partenariat entre le producteur et la MBC». Différents forfaits seront proposés aux producteurs. Soit le producteur envoie les clients auprès de la MBC : celle-ci établit la facture et reverse les 40 % au producteur, soit le producteur décide de payer les 60 % et de gérer l?espace lui-même. Soit les espaces sont vendus, selon des quotas à être déterminés, par le producteur et la MBC.
Les espaces publicitaires sont calculés selon quatre formats télévisés. Une minute de pub pour une émission de sept minutes, deux minutes de pub dans une émission de 13 minutes, quatre minutes de pub pour une émission de 26 minutes et huit minutes de pub pour un format de 52 minutes. La MBC n?achète pas les émissions aux sociétés de production.
«Il n?y a pas de limite sur le nombre de diffusion», précise Ali Mamode. Citant le cas où un producteur aurait un sponsor qui donne un prix pour un jeu concours ? lequel sponsor verse une contribution pour cela, «on ne demande rien en retour». Dans le cas où tout l?espace publicitaire n?est pas vendu, les 60% seront prélevés sur l?espace vendu.
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