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Préprofessionnel : quand les élèves regagnent confiance
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Préprofessionnel : quand les élèves regagnent confiance
Il y a une dizaine de jours, les 43 élèves de la filière préprofessionnelle de Lorette de Quatre-Bornes, ont exposé leurs travaux de fin d?études. Elles ont animé un spectacle à la salle d??uvres de l?église de la Visitation à Vacoas. Que de talents jusque-là cachés, dévoilés au grand jour ! Quatre adolescentes de 15 ans, ayant suivi ce cours de trois ans, s?extasient sur cette formation qui leur a permis de découvrir leurs potentialités.
?Je croyais que l?école n?était pas mon truc. Moi, à part chanter dans la chorale, rien d?autre ne comptait. Je n?aurais jamais cru que j?aurais pu apprendre tout cela?, déclare Aurélie, toute fière de ce qu?elle a accompli en trois ans. C?est un discours similaire qui est tenu par ses amies Nandini, Aurélie et Devanee, qui portent, comme leurs cons?urs du secondaire, le même uniforme quadrillé des filles de Lorette.
Ces adolescentes sont toutes originaires de Vacoas. Avant de suivre cette formation pré-professionnelle, Nandini et Devanee fréquentaient le P.C.K. Aryan Vedic à Vacoas. La première réussit son Certificate of Primary Education (CPE) à la première tentative mais ses parents insistent pour qu?elle double afin d?améliorer ses résultats. Sa deuxième tentative met en évidence sa faiblesse en anglais. ?Mo mama inn get enn pake colez me minister inn propos prevok.? C?est en mathématiques que Devanee chute à la fin de son cycle primaire. Le ministère de l?Education l?oriente donc vers la filière pré-professionnelle.
Aurélie était scolarisée au Lorette de Vacoas jusqu?à ce que ses notes d?anglais la mettent hors circuit. Son homonyme fréquentait l?école La Visitation RCA mais ne voyait pas l?utilité d?étudier. ?Je ne voulais que chanter. Je détestais apprendre et je refusais d?écouter mes parents. C?est aujourd?hui que je réalise que, pour avancer, il faut l?éducation. Quand j?ai échoué dans toutes les matières au CPE, ma s?ur m?a poussée à suivre la filière pré-professionnelle.?
?Avancer ensemble?
Nandini déclare avoir énormément appris de ces trois années de formation ? plus poussée que le primaire et moins étoffée que le secondaire - et avoir surtout apprécié l?approche des enseignantes. ?Quand tu es au primaire et que tu as du mal à comprendre une matière, l?instituteur te met au dernier rang. C?était le cas à Aryan Vedic. Dan prevok Quatre-Bornes, kan to feb, ankouraz toi plis. Mo pa ti kone ki ete brode dan jute, zoue volley-ball, naze. Letan mo fer tou sa bann zafer la, mo pa kroir ki momem sa.?
C?est également l?encadrement des enseignantes qu?Aurélie a aimé. ?J?ai toujours été un peu brutale, un peu garçon manqué dans mes manières. Les enseignantes m?ont permis de m?amender. À chaque fois que j?avais besoin d?elles, elles étaient là pour m?écouter. Aujourd?hui, je sais comment me comporter, j?ai appris des tas de choses et j?ai nettement plus confiance en moi.?
Devanee ne peut distinguer ses préférences. ?Tou ti bon.? Aurélie qui est celle qui a dû fournir le plus d?efforts car son niveau était faible n?hésite pas à avouer qu?elle commence juste à pouvoir lire. Elle sait que le chemin sera long. ?Mais l?éducation est aujourd?hui ma priorité?.
Floriane Henri-Jhungur, une de leurs enseignantes, explique que sur les 47 élèves ayant suivi le cours pré-professionnel, 43 ont été au bout de l?aventure et 26 ont repassé le CPE. ?La première année a été très dure car chacune comprenait le sens de la discipline à sa manière. Il a fallu voir comment faire pour avancer ensemble?. Une fois le modus operandi établi, la formation s?est bien déroulée. ?En sus du programme d?études, nous leur avons aussi inculqué les valeurs de Mary Ward, la fondatrice des Lorettes.?
Elle a noté que de tous les élèves en formation pré-professionnelle, un groupe a appris plus rapidement que l?autre. A l?avenir et pour celles qui absorbent plus facilement, elle pense qu?il serait souhaitable d?avoir une quatrième année. ?Une fois les blessures des échecs antérieurs pansées, on peut construire et bâtir sur la base érigée. Une quatrième année de formation juste avant qu?elles n?aillent suivre le NTC Foundation Course à l?IVTB ou se fassent admettre dans une école privée pour terminer leur secondaire, aurait été idéale. Elle aurait servi à peaufiner le programme d?études. La filière préprofessionnelle est comme un train, et chaque élève est montée à un arrêt différent. Toutes ont gagné en développement personnel, mais avec certaines, c?est sûr que l?on peut aller plus loin. C?est pour cela que malgré ma satisfaction, il me reste un sentiment d?inachevé quelque part??. Une idée qui mériterait d?être considérée par les autorités concernées?
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