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Pose de la première pierre du RCPL par la princesse

22 octobre 2006, 20:00

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La princesse Margaret arrive aux Cassis avec du retard, dû à la cohue populaire rencontrée au marché de la Butte. Elle y vient, le samedi 29 septembre 1956, poser la première pierre du nouveau College Royal School de Port-Louis. Cet établissement scolaire d?Etat, rarissime à l?époque, siège toujours à la rue Edith-Cavell pour les classes terminales et à la place de la Cathédrale pour les Forms I à III. Le recteur, Lucien Pouzet, et ses enseignants, la reçoivent ainsi que sa suite et les invités de cette royale fonction. Ils portent la tenue universitaire de rigueur. Les professeurs et étudiants du Training College sont également présents. La foule est parquée le long de la voie ferrée, retranchée derrière d?épaisses palissades ferroviaires.

Le Dr Seewoosagur Ramgoolam, officier de liaison à l?Instruction publique, se précipite à la rencontre de la princesse et du gouverneur Scott que les photographes londoniens mitraillent à qui mieux mieux. Est aussi présent Pierre Landry de France Presse et Paris Match, venu faire un reportage sur Margaret à Maurice.

Celle-ci inspecte pour commencer la maquette du futur établissement scolaire et consent à en poser la première pierre. Pour récompenser le dévouement qu?elle démontre en faveur du système éducatif de Maurice, elle a droit à un nouveau défilé de Very Important Person (VIP). Lui sont présentés MM. Kynaston-Snell, directeur de l?Instruction publique, E. Ortmans, son adjoint, Lucien Pouzet, J.B.S. Dhal, architecte d?Etat, Near-Crouch, son adjoint. Les collégiens, que dirige Lise Guého et qu?accompagne l?orchestre du maestro Ph. Ohsan, entonnent le God Save the Queen et poussent un triple hourrah en l?honneur de la s?ur cadette.

Un quart d?heure après, elle fait route en direction de Réduit, via la Montée S où l?acclament 300 écoliers. 12 h 35, place de la gare, une minute d?arrêt, le temps pour Prabha, la fille de l?Hon. M.G. Venkatasamy, directeur du collège New Eton, de lui remettre un bouquet. Après quoi, le cortège se remet en route pour Réduit où le gouverneur reçoit à déjeuner. Elle quittera la résidence officielle des gouverneurs de Maurice à 15 heures pour se rendre au Champ de Mars et assister à une journée de courses hippiques.

À son arrivée, elle consent à quitter la Austin mise à sa disposition pour prendre place dans une décapotable, une Zéphyr bleue, conduite par le constable Runghen, pour un tour de piste en compagnie du gouverneur Scott. La foule est aux anges, comme Cayeux, le président du Turf Club. Celui-ci, toujours flanqué de Louis Hein, son homologue du Jockey Club, lui présente les commissaires du Mauritius Turf Club (MTC). Elle se dirige vers la loge royale quand Françoise Clarenc lui remet un bouquet aux acclamations nourries des turfistes présents.

Une pieuse pensée s?impose ici en mémoire du colonel Edward Alured Draper et de l?Honorable Rajcoomar Gujadhur, les deux éminents patriotes mauriciens à avoir misé le plus intelligemment qui soit sur l?hippodrome de notre Champs de Mars emblématique.

De la loge royale, la princesse Margaret assiste à la victoire de Help, de l?écurie Maingard, jockey Ken Smith, dans la quatrième course, dotée de la King George VIth Memorial Cup. Elle descend au paddock où elle fait la connaissance du secrétaire du MTC, Gaëtan Halbwachs et des différentes propriétaires d?écurie. Le coup de trompette le plus connu de nos zougader la ramène dans sa loge d?où elle assiste à la victoire de No Name, écurie Boss Rousset, jockey Stein, dans la Princess Margaret Stakes.

16 h 40, la princesse Margaret quitte notre Champ de Mars dans un ?murmure de regrets?, précise le journal d?Aunauth Beejadhur. Il semble qu?elle a droit à présent à un moment de repos et de détente puisque Advance perd sa trace momentanément avant de la retrouver à l?Hôtel du gouvernement, illuminé mais non à demi-carbonisé comme il est tristement présentement à la veille d?une raison cyclonique, s?annonçant particulièrement torride et diluvienne.

A la table d?honneur, Margaret retrouve les Scott, les Herchenroder (les seuls autochtones), les évêques de Maurice et de Port-Louis, le vice-amiral Sir Conally Abel Smith, Lady Elizabeth Cavendish et l?Hon. Iris Peake. Elle porte une éblouissante toilette de taffetas jaune pâle, une tiare, un bracelet et un collier de diamants et diverses décorations (couronne indienne, Ordre victorien, les écharpes jaune de l?Ordre familial de la reine et rose de l?ordre familiale de son défunt père).

La Flore Mauricienne sert aux 248 convives un vrai régale. Le gouverneur Scott porte deux toasts en l?honneur des deux filles de Georges VI. La cadette fait sensation en fumant une cigarette par petites bouffées. Elle utilise à cet effet un long fume-cigarette en argent que pourrait lui envier Amédée Darga.

À 22 h 45, on se lève de table et on se rend à l?étage pour assister aux feux d?artifice tirés du Champ de Mars en l?honneur de la royale visiteuse. Malheureusement le service a été plus lent et les artificiers plus prompts que prévu. Arrivés aux fenêtres de l?étage supérieur, les convives apprennent à leurs grands regrets que les feux d?artifice sont déjà du passé.

Dimanche 30 septembre 1956, 10 heures, Margaret arrive à l?église anglicane Saint-Paul à Vacoas pour l?office dominical. Mgr Hugh Otter-Barry officie au milieu du clergé anglican.

Après l?office, le cortège princier se rend au nouvel hôpital orthopédique appelé à porter le nom de la princesse Margaret. Détour au préalable par Phoenix où des écoliers acclament la visiteuse. Renganaden Seeneevassen, officier de liaison à la Santé publique, et le Dr René Lavoipierre accueillent la princesse. Elle coupe le ruban traditionnel avec des ciseaux en or qui lui seront offerts. On lui présente ensuite les docteurs Hermann André, Letellier, Bathfield et Ghadialy, Georges Randabel qui a construit l?édifice, Louis Baissac le président de la Croix Rouge, le Dr Jocelyn Maingard de la Saint John Ambulance. Margaret passe en revue une garde d?honneur composée d?infirmières de l?hôpital. Elle rend ensuite visite aux enfants atteints de poliomyélite. Germain Samy, 11 ans, lui offre un bouquet d?orchidées.

De Candos, Margaret et sa suite princière filent en direction de Mont Fertile et de là au Chaland pour un pique-nique au bord de mer qui commence d?ailleurs par un lunch dans un bungalow rustique. Au menu : pamplemousses, jambon, poulet, salades, beurre, fromage, café et? sieste, suivi de bain de mer. Margaret porte un maillot bleu pâle et blanc. Des policières (nationalité pas précisée) se tiennent prêtes à toute éventualité. Un bateau à moteur, baptisé Princess Margaret, demeure à sa disposition mais n?a pas à larguer les amarres. Ce pique-nique princier renoue avec la tradition établie par le gouvernement Hesketh-Bell et ses invités de se rendre par chemin de fer à Blue-Bay pour une journée à la mer.

Toute belle chose a une fin. La princesse doit rentrer au Réduit où l?attend un cocktail party devant permettre aux journalistes locaux et étrangers de la rencontrer et de la presser de questions.

(A suivre)

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