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Passion vient à bout de fatigue?

15 novembre 2004, 20:00

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?Déclinqué !? lança Benoît Bancilhon, le lendemain du rallye. Le réveil a été dur, car lui et ses compères du club AutoSport ont effectivement été au four et au moulin tout au long du rallye. Ce mot résume parfaitement le séjour du club AutoSport pendant ce 35e Tour Auto de la Réunion qui s?est déroulé du 13 au 15 novembre dernier.

L?équipe, composée de Marjorie Sakir, Alain Dalais, Jean Collen, Michel Bancilhon, Benoît Bancilhon, Jean Lou Brasse, Eliel Donat, Gilbert Fanchette, Jocelyn Fanchette, Michaël Froget, François Garcin, Thierry Godère, Alain Grenouille et Alain Marie était divisée en deux groupes.

D?un côté, il y avait Jean Collen et Jocelyn Fanchette qui assistaient aux réunions du collège des commissaires de même qu?aux vérifications techniques et administratives des voitures. Leur bilinguisme est toujours d?une grande aide pour certains des commissaires sportifs anglophones.

La raison étant que, depuis deux années maintenant, ce 35e Tour Auto compte pour le Championnat d?Afrique des Rallyes de la Fédération Internationale d?Automobile (FIA). Plusieurs délégués de de cette instance, dont certains anglophones, étaient venus veiller à ce que les règlements de la FIA soient appliqués à la lettre. Trop d?ailleurs ! Dans certaines situations, nos deux compatriotes ont eu du pain sur la planche étant donné que certaines clauses de ces règlements prêtaient à confusion. La version française ne corroborait pas forcément à celle de l?anglais.

Pendant que les deux jonglaient avec la langue de Molière et celle de Shakespeare, les autres membres d?Autoport officiaient sur les spéciales. Les conditions climatiques, exécrables à certains endroits comme Bras de Pontho (brouillard à couper au couteau) et les Radiers (averses), n?arrangeaient pas leurs affaires.

<B>?Les yeux et les oreilles des commissaires?</B>

Comme disait Eliel Donat, ?nous sommes les yeux et les oreilles des commissaires techniques de la course. Si un incident arrive, nous sommes les premiers à le savoir et nous passons le message aux commissaires?. L?exemple typique de ces incidents, c?est la fois où un spectateur est tombé d?un muret, jeudi soir lors de la première étape à Trois Bancs. Il a dû être évacué par une ambulance, mais il était hors de danger. La spéciale avait même été neutralisée et un temps forfaitaire avait été alloué aux pilotes qui devaient passer juste après.

Chacun à sa façon devait faire fi des difficultés. Gilbert Fanchette était délégué pour la sécurité radio. Dans une spéciale où on voit à peine son voisin, qui est à cinq mètres de soi, la radio était le principal outil de communication. Quelquefois, cela n?a pas été évident de passer les messages dans la mesure où la communication radio n?était pas optimale dans ces régions éloignées de toute habitation. Il fallait alors faire usage du téléphone. Et encore?

Le jour le plus long pour eux fut le vendredi 14. Cette journée comptait huit spéciales, soit quatre dans la matinée et quatre dans l?après-midi. Se lever très tôt pour se rendre dans l?Est de l?île (Cambourg et Les Radiers), rallier ensuite le Sud dans la journée (Bras de Pontho et Notre Dame de la Paix) pour passer la nuit à officier sur les spéciales et revenir à l?hôtel aux petites heures du matin en passant par l?Ouest de l?île, le tout après s?être couché tard la veille après les deux spéciales de Trois Bancs et La Montagne, il fallait vraiment être un passionné pour faire ce ?Tour de l?île??

Le plus étonnant c?est qu?ils n?étaient pas nombreux, les officiels réunionnais qui avaient dû se taper les spéciales de la matinée et celles de l?après-midi, ce jour-là. Comme le faisait remarquer Thierry Godère, il y en a qui ont dû faire pire, soit les pilotes qui devaient rallier le parc fermé en liaison. Mais certains des commissaires sportifs étaient étonnés par la faculté d?adaption des Mauriciens. Quand on carbure à la passion, ça se remarque !

<B>Radio Est : Infos ?live? à longueur de journée</B>

Et c?est principalement là, la récompense. Le Tour Auto est une expérience à vivre si l?occasion s?y présente. Tout est démesuré, les voitures, l?organisation, la couverture médiatique. Une station radio, Radio Est, consacre même toutes ses émissions à longueur de journée aux rallyes.

Présentation des épreuves chronométrées, rappel de l?heure de départ de chacune d?elles, temps scratch bien sûr, mais aussi temps intermédiaires, commentaires à chaud, synthèses au fil de la course et l?incontournable liaison mobile, l?animateur Vincent Domenichi, fait un boulot incroyable. A la fin du rallye, ce dernier se permet même d?interviewer chacun des pilotes ayant terminé le rallye.

Rien n?est comparable à ce qui se fait à Maurice, hormis quelques voitures qui pourraient rivaliser avec leurs homologues réunionnaises. Si des Réunionnais ont pu faire le voyage ici, alors pourquoi pas le chemin inverse.

Les membres d?AutoSport n?étaient pas les seuls Mauriciens à faire le saut à l?île Soeur dans le cadre du 35e Tour Auto. Les pilotes Robert Koenig et Guy Toulet sont tous deux venus accompagnés de leur famille. Autre visage connu dans le giron du rallye local qui était dans la foule de spectateurs, le responsable de Citroën Sport Maurice, Clive Davidsen. Ils ont tous vécu ce Tour Auto ?live n direk?, comme dirait l?autre.

Cependant, Maurice est encore loin du compte. L?Association Sportive Automobile de la Réunion (ASAR), le plus vieux club de l?île, organise chaque année le Tour Auto. Jean-Roland Gaud, une des chevilles ouvrières de cet évènement, parle d?un budget de 130 000 euros et une organisation à plus de deux cents personnes.

Le rallye automobile mauricien rattrapera certainement son retard dans quelques années. En se frottant, comme c?est le cas annuellement, à l?organisation d?un évènement d?une telle envergure, Maurice pourra accueillir un rallye du Championnat d?Afrique sous la bannière de la FIA. Il ne faut surtout pas brûler les étapes. Et certaines personnes le savent?

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